WASH dans les maternités : les sages-femmes du Mali outillées pour le plaidoyer
L'Association des Sages-femmes du Mali a ouvert, ce jeudi 30 juillet 2026 à la salle de formation du centre Mérieux, un atelier de renforcement des capacités de ses membres en matière de plaidoyer pour l'eau potable, l'hygiène et l'assainissement (WASH) dans les structures de santé.
Organisée avec l'appui de WaterAid Mali, la rencontre place les maternités au cœur des priorités, sous le slogan « Un environnement sain pour un accouchement sûr ».
« La sécurité d'un accouchement ne repose pas uniquement sur la compétence du personnel soignant ou la disponibilité des médicaments », a indiqué Yalcoué Aoua Guindo, présidente de l'Association des Sages-femmes du Mali, dans son mot de bienvenue à l'atelier. Elle exige aussi, selon la présidente, un cadre propre et sécurisé : eau potable, toilettes fonctionnelles, dispositifs de lavage des mains et bonnes conditions d'hygiène — des conditions qui, a-t-elle regretté, ne sont pas toujours réunies dans les structures sanitaires au Mali.
Pendant deux jours, les participantes travailleront à renforcer leurs connaissances, leurs capacités de communication et d'influence, et à définir un plan de suivi des engagements pris en faveur de l'amélioration des services WASH dans les maternités du pays. L'atelier, a indiqué Yalcoué Aoua Guindo, marque une nouvelle étape : celle du passage de l'engagement à une action de plaidoyer plus structurée, plus stratégique et plus efficace.
Des chiffres qui alertent
Prenant la parole à son tour, le directeur du département Programme et Plaidoyer de WaterAid Mali, Aly Sow, a inscrit l'atelier dans le cadre de la campagne « Eau potable, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme », portée par WaterAid. Selon lui, l'accès à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement dans les établissements de santé dépasse la seule question des infrastructures : il s'agit, a-t-il affirmé, d'un enjeu de dignité, d'équité, de qualité des soins et de survie pour les mères et les nouveau-nés.
M. Sow a appuyé son propos sur les résultats d'une évaluation menée en 2024 par la Direction générale de la santé et de l'hygiène publique, avec l'appui de WaterAid Mali. Cette étude a révélé d'importantes insuffisances dans de nombreuses structures sanitaires du pays, notamment l'absence de douches adaptées aux femmes ayant accouché dans 57 % des établissements évalués — une situation particulièrement critique en zone rurale.
Dans son mot de lancement de l'atelier, Mme Camara Aramata Mariko, représentante de l'Office national de la santé de la reproduction (ONASR), a salué l'appui constant de WaterAid Mali en faveur de la santé maternelle. « Sans eau potable, il est impossible de garantir le lavage des mains avant et après chaque intervention et de respecter les bonnes pratiques indispensables à un accouchement sécurisé », a-t-elle déclaré, avant de lancer officiellement l'atelier.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net