Mali Kura et leadership féminin : Mme Aïssata Bocoum et l’Association YEELEN au cœur du changement
À l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Mali, le pays vibre au rythme des enjeux de souveraineté nationale et de développement endogène.
Dans cette dynamique de construction du Mali Kura, le leadership féminin joue un rôle de premier plan. Parmi ces figures emblématiques figure Mme Aïssata Bocoum, une leader pleinement engagée pour la promotion des droits des femmes et de l'ensemble des citoyens maliens. Invitée sur le plateau de l’émission Impact Jeune d’Africable TV, présentée par Kadidia Diarra, la présidente de l’association YEELEN a livré sa vision pour la défense des droits humains et le développement communautaire.
« Osons le Changement » : Faire la lumière sur les droits humains
Placée sous la devise « Osons le Changement », « Mettre en Avant la Promotion des Droits des Femmes », l’Association YEELEN s’est fixée pour mission d'éclairer les consciences et de promouvoir activement les droits des femmes. Selon sa présidente, l’objectif principal de l’association demeure la lutte intégrale contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), en incluant sans distinction les hommes, les femmes et les personnes en situation de handicap.
Aujourd'hui, l'organisation déploie ses activités dans le district de Bamako ainsi que dans l'ensemble des régions du Mali, à l'exception de Ménaka et Kidal. Malgré la jeunesse de l’organisation et les obstacles rencontrés sur le terrain, Mme Aïssata Bocoum transforme chaque difficulté en opportunité d'apprentissage : « Ces erreurs et ces contraintes constituent des expériences stimulantes qui nous poussent à redoubler d’efforts pour les transformer en défis gagnants », affirme-t-elle.
Des actions concrètes sur le terrain : l'autonomisation en ligne de mire
Dressant le bilan des réalisations, la présidente de YEELEN a exprimé sa satisfaction face au travail accompli. L'un des temps forts réside dans l'organisation de la caravane de sensibilisation reliant Bamako à Koulikoro en 2024, selon ses dires.
Sur le plan social, l'association s'investit fortement auprès des personnes déplacées internes. À ce titre, elle affirme qu’une quarantaine de femmes ont bénéficié de leur soutien dans le cadre de leur autonomisation. Outre la formation, les bénéficiaires ont reçu des dons de matériel d'une valeur de plusieurs millions de francs CFA.
Une générosité confirmée par l’une des bénéficiaires des appuis de YEELEN, Mme Maïga Fatoumata Boïré qui a tenu à témoigner de l'impact direct de YEELEN. Elle affirme faire partie d'un groupe d'une vingtaine de femmes et jeunes filles ayant reçu des formations pratiques, notamment dans le domaine de la fabrication de savon (saponification), suivies d'un appui matériel pour lancer leur activité. En plus des actions en faveur de l’autonomisation des femmes, l’association contribue également dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre. À son actif, elle a pu déjouer récemment un mariage forcé ; inciter des jeunes vers entrepreneuriat etc.
Appel aux partenaires et gouvernance participative
Face au retrait de certains bailleurs de fonds, l'association voit son champ d'action parfois restreint, mais reste résiliente. Aussi, Mme Aïssata Bocoum a tenu à remercier chaleureusement l’ensemble des partenaires qui continuent encore à soutenir leurs initiatives nonobstant les défis de l’heure.
Parlant de la gouvernance, elle a indiqué que le succès de YEELEN repose sur une gouvernance interne transparente et inclusive, où la communication fluide et la prise de décision concertée prévalent à tous les niveaux.
Soucieuse de voir sa jeune organisation prendre son plein envol, Aissata Bocoum porte haut le flambeau du leadership féminin. Elle s’inscrit ainsi dans la lignée des pionnières telles que Sira Diop, Awa Kéïta ou encore son mentor, feue Dembélé Oulématou Sow, dont l’engagement au service de la nation et de la souveraineté reste un modèle du genre.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net