Mariage en crise en commune V : 712 mariages célébrés contre 1 315 divorces enregistrés en 2025

Les statistiques de l'état civil de la Commune V du District de Bamako mettent en lumière une réalité préoccupante.

8 Juillet 2026 - 08:56
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Mariage en crise en commune V :  712 mariages célébrés contre 1 315 divorces enregistrés en 2025

Les chiffres interpellent et traduisent une profonde mutation de la cellule familiale. En Commune V du District de Bamako, le divorce semble avoir pris une ampleur inquiétante. Les statistiques de l'état civil révèlent qu'en 2025, 712 mariages ont été célébrés, contre 1 315 divorces enregistrés. En comparaison, 1 149 divorces avaient été officiellement prononcés en 2024, soit une hausse de 166 cas en une année. Ces données confirment une tendance préoccupante en hausse et relancent le débat sur la fragilisation de l'institution du mariage dans un contexte marqué par de profondes mutations sociales et familiales. Elles illustrent une réalité qui ne cesse d'alimenter les débats au sein de la société malienne : le mariage traverse-t-il une crise sans précédent ?

Longtemps considéré comme un engagement sacré et durable, le marriage, institution sociale par excellence et fondement de notre société,  semble aujourd'hui plus que fragile.

 Mais qu’est-ce qui explique cette volatilité du mariage?

De nombreux observateurs estiment que certains jeunes s'engagent dans la vie conjugale sans préparation préalable suffisante, influencés par les difficultés économiques, les réseaux sociaux ou des attentes parfois irréalistes. Au premier coac, c’est le recours au divorce comme une solution.

Pour plusieurs leaders religieux et coutumiers, cette hausse des séparations traduit également une évolution des rapports au sein du couple. Certains pointent un recul des valeurs traditionnelles, estimant que le respect mutuel, le dialogue, la patience et les concessions, considérés comme les piliers du foyer, s'effritent progressivement avec l'avènement des réseaux sociaux. D'autres, en revanche, rappellent que les femmes connaissent davantage leurs droits et refusent désormais certaines situations qu'elles acceptaient autrefois. Entre ces différentes lectures, une certitude demeure : la stabilité des ménages est mise à rude épreuve.

Aujourd'hui, le mariage devient de plus en plus rare, tandis que le divorce ne cesse de gagner du terrain. Les statistiques de 2025 montrent d'ailleurs que les célébrations de mariage se sont concentrées sur les trois derniers mois de l'année : 56 unions en octobre, 40 en novembre et 108 en décembre. Les jeudis et les dimanches,  synonymes de joie et de festivités dans les mairies, contrastent avec les mercredis, jours où de nombreux couples mettent discrètement un terme à leur union devant les tribunaux.

À qui la faute ?

La question demeure entière. Est-ce le manque de préparation au mariage ? Les difficultés économiques ? L'influence des réseaux sociaux ? L'intolérance grandissante au sein des couples ? Ou encore la disparition progressive du rôle de médiation joué autrefois par les familles ?

Une chose est certaine : le divorce, bien que prévu par la loi, n'est jamais une décision sans conséquences. Au-delà des statistiques, ce sont des centaines de familles qui se retrouvent brisées chaque année, avec des répercussions souvent lourdes sur les enfants, premiers témoins et premières victimes des ruptures conjugales. Combien d'entre eux grandissent désormais entre deux foyers, contraints de subir les conséquences de décisions qui les dépassent ? Bien souvent, un dialogue sincère, une médiation familiale ou quelques instants de réflexion auraient peut-être permis d'éviter l'irréparable.

Face à cette situation, de nombreuses voix appellent à une meilleure préparation au mariage, à un accompagnement des jeunes couples et au renforcement des mécanismes de médiation familiale. Car, si le divorce est un droit reconnu, sa multiplication interroge sur l'avenir de l'institution du mariage et sur la préservation des valeurs familiales dans une société en pleine mutation.

Les chiffres de la Commune V sonnent ainsi comme un avertissement. Plus qu'une simple statistique, ils invitent à une réflexion collective sur les moyens de consolider les foyers et de redonner au marriage, toute sa place comme fondement de la famille et de la société.

 En voici un sujet qui devait susciter réflexion chez nos universitaires.

Fousseyni SISSOKO

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