Macky Sall: “Il faut rénover le partenariat Afrique-France”

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Si la silhouette est massive, il arrive que, derrière les lunettes sans monture, le regard s’éclaire d’une lueur ironique. A 54 ans, Macky Sall, tombeur d’Abdoulaye Wade et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) aime à dire qu’il doit à sa formation de géologue de garder les pieds sur terre. Il en aura bien besoin. Pour faire face au cancer djihadiste. Pour sortir de l’ornière de la pauvreté un pays jeune chichement doté en ressources naturelles. Pour réussir une réforme constitutionnelle à contre-courant des manoeuvres si fréquentes sur le continent.

Après les carnages de Bamako et de Ouagadougou, Dakar fait figure de cible idéale du terrorisme djihadiste. Le Sénégal est-il en mesure de conjurer le spectre de l’attentat massif?

Global, le phénomène n’épargne personne. Aucun pays au monde, Sénégal compris, n’est à l’abri. Sans entrer dans les détails, sachez que tout ce qui doit être mis en oeuvre pour combattre ce fléau l’a été et le sera. S’agissant de la dimension préventive, le renseignement humain apparaît capital, plus encore que la surveillance technologique. Or il a souvent fait défaut, car il exige d’infiltrer des agents, de disposer de professionnels susceptibles de fournir des informations sensibles.

De plus, nous devons adapter rapidement nos armées à une menace de nature asymétrique à laquelle elles ne sont pas préparées. Dans l’espace Cedeao, on observe la mise en place de forces spéciales, une mobilité accrue et des échanges d’informations entre les polices frontalières.

Sujet d’innombrables sommets, la coopération sécuritaire tarde pourtant à entrer dans les faits…

Il faut être indulgent envers l’Afrique, car elle vient de très loin. Durant des décennies, les institutions de Bretton Woods [NDLR: Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale] ont quasiment interdit aux Etats du continent d’engager des dépenses militaires. Ce qui a creusé, en matière d’équipements …Lire la suite sur L’Express.fr

SOURCElexpress.fr
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