Communiqué de Presse : Sida : Campagne pour en finir avec l’apartheid médical mondial ARCAD-SIDA demande aux Etats d’agir

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S’appuyant sur les nouvelles normes de l’Organisation mondiale de la santé, une campagne internationale est lancée pour demander l’accès immédiat et universel aux traitements contre le sida afin d’en finir avec l’apartheid médical.

Membre du Réseau francophone Coalition PLUS Fédérant 13 associations nationales de lutte contre le sida dans les pays du Nord et du Sud,  ARCAD-SIDA a décidé de relayer activement cette campagne au Mali à l’occasion du mois de décembre de lutte contre le Sida.

 

Des traitements pour tous les séropositifs

 

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, l’Organisation Mondiale de la Santé a recommandé

aux Etats de proposer la trithérapie dès qu’une personne est dépistée séropositive, c’est à dire cesser d’attendre

que l’Etat  de santé des personnes se dégrade avant de leur proposer un traitement. En changeant ses

recommandations médicales, l’OMS répond à l’appel lancé en juillet dernier par la communauté

Scientifique, qui pointait que le traitement précoce du VIH permet non seulement de garder les patients en vie et en bonne santé, mais réduit également le risque de transmission du virus de nouvelles personnes.

 

Or, actuellement seuls 43% des personnes vivant avec le VIH3 dans le monde bénéficient d’un traitement. Dans certaines régions, la couverture est encore plus faible. A peine, 41% des séropositifs sont sous trithérapie en

Afrique sub-saharienne, 36% en Asie Pacifique et 14% en Afrique du Nord et Proche Orient. Des inégalités d’accès qui, au vu des connaissances scientifiques actuelles, ne sont plus acceptables.

 

 

« Les  militants du monde entier ont décidé de porter un message clair à nos gouvernements : fini les excuses, le temps est compté, il est désormais urgent de mettre sous traitement chaque personne séropositive. Nos vies en dépendent », alerte Nicolas Ritter, Directeur de PILS à Maurice, administrateur de Coalition Plus, et membre du Réseau Mondial des PVVIH.

 

« La réalité dans le monde, c’est que la plupart des personnes diagnostiquées séropositives sont détournées de la prise en charge médicale. On leur dit de revenir quand ils sont vraiment malades, explique Aliou Sylla, le président de ARCAD-SIDA membre et administrateur de Coalition PLUS. Mais dans de nombreux pays riches, peu importe l’avancée du virus dans le corps, toutes les personnes vivant avec le VIH ont accès aux médicaments. C’est donc une nouvelle forme d’apartheid médical que l’on vit à l’échelle mondiale. »

 

 

Le traitement préventif pour les populations surexposées.

 

Certaines populations connaissent des taux de prévalence du VIH tels que le préservatif seul ne suffit pas, en pratique, à empêcher les transmissions. Pour ces populations, il est nécessaire de proposer toute une palette de techniques de prévention qui, combinées, vont permettre de réduire les transmissions et d’arrêter l’épidémie.

C’est pourquoi l’OMS recommande pour ces populations surexposées de proposer un traitement antirétroviral préventif, appelé « prophylaxie pré exposition » (PrEP). Après avoir obtenu de nouvelles données sur l’efficacité et l’acceptabilité de la PrEP, l’OMS recommande son utilisation non seulement chez les personnes hautement exposées au risque d’infection au VIH/SIDA, mais également chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, chez les couples séro-différents, ou encore les travailleuses du sexe.

 

« La PrEP n’est pas un luxe, signale le Dr Aliou Sylla, président de ARCAD-SIDA au Mali et administrateur de Coalition PLUS. Au même titre que les traitements pour les séropositifs, la PrEP doit être accessible à toute personne séronégative fortement exposée au virus. C’est une méthode de plus, à développer partout dans le monde qui doit aider à éradiquer l’épidémie ». 

Les Etats doivent agir, au Nord et au Sud.

 

Au cours de la dernière décennie, deux ans se sont écoulés en moyenne entre le moment ou l’OMS publiait de nouvelles recommandations anti-sida et le moment ou ces recommandations étaient appliquées en pratique dans les pays. (Voire cinq ans dans les pays à faible revenue ou le taux de morbidité lié au sida est particulièrement élevés. Or tout  retard dans la généralisation des traitements affecte considérablement la capacité du monde à mettre fin au Sida.

 

Plus les traitements seront accessibles à tous, moins le virus sera en capacité de se propager, car une personne sous traitement est un maillon en moins dans la chaîne de contamination.  C’est ainsi que l’ONU envisage l’éradication de l’épidémie d’ici 2030.

 

Respecter les recommandations de l’OMS va nécessiter davantage d’argent, mais ces sommes sont largement à la portée des Etats. Selon l’ONU,  il faut augmenter de 8 milliards de dollars par an les ressources consacrées à la lutte contre le sida, pour atteindre un niveau où l’épidémie sera inverse et finira par disparaitre. C’est moins de 0,01% du PIB mondial.

 

« Si les pays riches n’augmentent pas leurs financements, le virus regagnera du terrain, rappelle le Dr Hakima Himmich, présidente de l’ALCS au Maroc et de Coalition PLUS. Le nombre de nouvelles infections repartira à la hausse et l’économie mondiale devra investir encore plus dans les traitements. Agir n’est pas une option, c’est une nécessité pour tous.

Les membres de Coalition PLUS exigent que :

– les nouvelles normes de l’OMS concernant la mise sous traitement VIH soient adoptées par l’ensemble des Etats d’ici à la prochaine Conférence internationale sur le sida à Durban, en juillet 2016.

Contact Presse

 

Notes aux rédactions

(1) Communiqué de presse de l’OMS sous embargo jusqu’au 1er décembre.

(2) L ‘appel de Vancouver, juillet 2016 : http://vancouverconsensus.org/

(3) Données d’ONUSIDA, Factsheet 2015 : http://www.unaids.org/sites/default/files/media_asset/20150901_FactSheet_2015_en.pdf

(4) idem

 

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