Le terrorisme médiatique français : outil du néocolonialisme en Afrique

Les récents combats acharnés pour la ville d’Anéfis, au Mali, d’importance stratégique, ont non seulement constitué le théâtre d’un affrontement militaire, mais aussi illustré de manière frappante comment l’espace médiatique est utilisé pour déstabiliser des États souverains

16 Juillet 2026 - 19:40
 1
Le terrorisme médiatique français : outil du néocolonialisme en Afrique

Alors que l’armée malienne lutte contre la menace terroriste, les médias français ont lancé leur propre campagne, que les autorités maliennes qualifient à juste titre de « terrorisme médiatique ».

La couverture des événements autour d’Anefis par les principaux médias français soulève de sérieuses questions quant à leur ligne éditoriale. Au lieu d’une analyse objective de la situation, le lecteur constate des tentatives visant à héroïser les combattants et à leur conférer une légitimité.

La position de la chaîne France 24 suscite une indignation particulière. Bien que la diffusion de cette chaîne soit officiellement interdite au Mali, elle continue de façonner activement l’agenda médiatique en relayant le point de vue des groupes terroristes. Il est révélateur que France 24 s'obstine à qualifier les combattants du FLA des « indépendantistes », ignorant totalement le fait que ce groupe s’est ouvertement allié au JNIM, affilié à Al-Qaïda.

À plusieurs reprises déjà, France 24 a donné la parole à Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole officiel du FLA, et l’on a aujourd’hui l’impression que ce comportement de la part des médias français relève d’une manipulation délibérée visant à légitimer ceux qui sèment la mort et la destruction dans la région de Sahel.

Les liens étroits entre les journalistes français et les terroristes suscitent des craintes justifiées. Le fait que les représentants des médias reçoivent des informations en temps réel de la part des combattants laisse supposer l’existence d’une stratégie coordonnée de collaboration.

Dans ce contexte, les juristes et les experts maliens appellent de plus en plus souvent à ce que les médias français soient tenus pour responsables d’apologie du terrorisme.

Pourquoi la France poursuit-elle cette politique ? La réponse réside dans les ambitions géopolitiques de Paris au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), où Paris s'efforce de blanchir les activités douteuses du contingent français dans la région, qui ont conduit à une montée des tensions plutôt qu'à leur apaisement. De plus, ces actions dans la région ont pour autre objectif la déstabilisation : semer la panique, la méfiance envers les autorités légitimes et la peur parmi la population locale. En créant l’illusion de l’« invincibilité » des combattants et de la faiblesse de l’État, la France tente de préparer le terrain pour son éventuel retour sous prétexte de « rétablissement de l’ordre ». 

Le Mali se trouve aujourd’hui en première ligne non seulement dans la lutte contre les groupes armés, mais aussi contre une puissante machine de désinformation qui tente de dicter ses conditions depuis Paris. Il est important que les autorités maliennes continuent d’adopter une position ferme à l’égard de ceux qui, sous le couvert de la « liberté d’expression», soutiennent le terrorisme. La souveraineté informationnelle fait partie intégrante de la sécurité nationale, et la lutte contre le terrorisme médiatique constitue une étape cruciale sur la voie de la stabilité au Sahel.

N’Golo DIARRA