Poème : Mon Mali

C’est un pays-monde Une grande nation où la planète égraine ses peuples Bamako avec plus d'une vingtaine d'ethnies

29 Juin 2026 - 01:48
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Poème :  Mon Mali

C’est un pays-monde

Une grande nation où la planète égraine ses peuples

Bamako avec plus d'une vingtaine d'ethnies

 et plusieurs étrangers qui y vivent.

Des rues courtes

Des langues innombrables

Des visages venus de partout

Et pourtant le même ciel au-dessus de nos champs

Mon Mali

C’est le Monts Homborie quand le soir devient presque religieux

Les falaises de Bandiagara qui gardent leur silence

L'Adrar des Ifoghas plus secret

Les vallées où la lumière descend lentement

Les rivières posées comme des miroirs

Et cette beauté sans tapage

Qui fait croire encore à la paix universelle

Mon Mali

Elle est grande sur la carte

 Et vaste par ce qu’elle rassemble

Dans ses écoles, ses hôpitaux, ses bibliothèques, ses universités

Dans les immeubles de quartier

Dans ses institutions Nationales

Dans un café Libanais,Turcs de Bamako

Dans un livre de Seydou Badian Kouyaté

Dans la Kora de Batrou Sékou Kouyaté

Dans le silence de la musique mandingue

Mon Mali

Ce sont les Maliens et les étrangers qui le font respirer

Ceux qui servent, construisent, soignent, traduisent

Ceux qui apportent des odeurs, des gestes, des musiques

Ceux qui travaillent tôt, rentrent tard

Ceux qui font vivre les cuisines, les chantiers, les soins, les usines

Et donnent au pays plus de chair que ses coups de fusils.

Mon Mali

Il prouve chaque jour que le racisme est une pauvreté de l’esprit

Car la terre entière y passe

Y laisse des accents

Des métiers

Des enfants

Des fatigues

Des cuisines

Des musiques

Des gestes venus de loin

Et pourtant la vie commune continue

Sans que personne ait besoin

D’effacer son visage

Mon Mali

Ce n’est pas un pays fermé sur lui-même

C’est un pays traversé par d’innombrables mondes

Avec leurs accents, leurs blessures, leurs fêtes

Leurs enfants qui parlent plusieurs langues

Et portent plusieurs ethnies dans le sang

Mon Mali

Elle est faite de chaleur et de pluies

De rivières, de forêts, de fleuves, de montagnes, désert

De librairies, de restaurants, de boulangeries

De langues qui se croisent sans demander la permission

De familles venues d’ailleurs

De visages qui ont fini par faire partie du paysage

Et de cette évidence simple

Qu’un pays peut rester lui-même

Sans fermer la porte au monde

Mon Mali

Je l’aime quand elle ne se vante pas

Quand elle accueille sans grands mots

Quand elle soigne sans restrictions

Quand elle laisse vivre côte à côte

Les langues, les douleurs, les croyances, les fatigues

Et qu’au milieu de tout cela

La beauté demeure possible

Mon Mali

Le mien

N’est pas petit

Il est dense

Il est traversé

Il est riche de ceux qui viennent

Et de ceux qui restent

Mon Mali

Celui des déserts et des montagnes

Des plusieurs couleurs et des poètes

Des médecins et des ouvriers

Des livres, des musées, des cafés

Celui qui parle bas

Mais respecte sa parole

Celui que personne ne voit vraiment

Parce qu’il est trop complexe

Mon Mali

Je pourrais le dire longtemps encore

Non comme un drapeau clos

Mais comme une maison ouverte

Avec des portes sur le Sénégal

Avec des fenêtres sur la Mauritanie

Des routes vers la Côte d'ivoire

Des routes vers le Burkina Faso

Des routes vers le Niger

Des chemins vers la Guinée Conakry

Et dans ses villes

La terre entière qui passe

Sans lui enlever son âme.

Mon Mali

Plusieurs ethnies se rassemblent mais

Le même amour pour le Mali

Sonrhaï, Touareg, Peulh, Bambara, Malinkés,

Dogons, Soninkés, Arabes, Senoufo, Kasonké,

Minianka, Bobo, etc

Unissons nous pour le Mali

Aicha Bint Moussa