Poème : Mon Mali
C’est un pays-monde Une grande nation où la planète égraine ses peuples Bamako avec plus d'une vingtaine d'ethnies
C’est un pays-monde
Une grande nation où la planète égraine ses peuples
Bamako avec plus d'une vingtaine d'ethnies
et plusieurs étrangers qui y vivent.
Des rues courtes
Des langues innombrables
Des visages venus de partout
Et pourtant le même ciel au-dessus de nos champs
Mon Mali
C’est le Monts Homborie quand le soir devient presque religieux
Les falaises de Bandiagara qui gardent leur silence
L'Adrar des Ifoghas plus secret
Les vallées où la lumière descend lentement
Les rivières posées comme des miroirs
Et cette beauté sans tapage
Qui fait croire encore à la paix universelle
Mon Mali
Elle est grande sur la carte
Et vaste par ce qu’elle rassemble
Dans ses écoles, ses hôpitaux, ses bibliothèques, ses universités
Dans les immeubles de quartier
Dans ses institutions Nationales
Dans un café Libanais,Turcs de Bamako
Dans un livre de Seydou Badian Kouyaté
Dans la Kora de Batrou Sékou Kouyaté
Dans le silence de la musique mandingue
Mon Mali
Ce sont les Maliens et les étrangers qui le font respirer
Ceux qui servent, construisent, soignent, traduisent
Ceux qui apportent des odeurs, des gestes, des musiques
Ceux qui travaillent tôt, rentrent tard
Ceux qui font vivre les cuisines, les chantiers, les soins, les usines
Et donnent au pays plus de chair que ses coups de fusils.
Mon Mali
Il prouve chaque jour que le racisme est une pauvreté de l’esprit
Car la terre entière y passe
Y laisse des accents
Des métiers
Des enfants
Des fatigues
Des cuisines
Des musiques
Des gestes venus de loin
Et pourtant la vie commune continue
Sans que personne ait besoin
D’effacer son visage
Mon Mali
Ce n’est pas un pays fermé sur lui-même
C’est un pays traversé par d’innombrables mondes
Avec leurs accents, leurs blessures, leurs fêtes
Leurs enfants qui parlent plusieurs langues
Et portent plusieurs ethnies dans le sang
Mon Mali
Elle est faite de chaleur et de pluies
De rivières, de forêts, de fleuves, de montagnes, désert
De librairies, de restaurants, de boulangeries
De langues qui se croisent sans demander la permission
De familles venues d’ailleurs
De visages qui ont fini par faire partie du paysage
Et de cette évidence simple
Qu’un pays peut rester lui-même
Sans fermer la porte au monde
Mon Mali
Je l’aime quand elle ne se vante pas
Quand elle accueille sans grands mots
Quand elle soigne sans restrictions
Quand elle laisse vivre côte à côte
Les langues, les douleurs, les croyances, les fatigues
Et qu’au milieu de tout cela
La beauté demeure possible
Mon Mali
Le mien
N’est pas petit
Il est dense
Il est traversé
Il est riche de ceux qui viennent
Et de ceux qui restent
Mon Mali
Celui des déserts et des montagnes
Des plusieurs couleurs et des poètes
Des médecins et des ouvriers
Des livres, des musées, des cafés
Celui qui parle bas
Mais respecte sa parole
Celui que personne ne voit vraiment
Parce qu’il est trop complexe
Mon Mali
Je pourrais le dire longtemps encore
Non comme un drapeau clos
Mais comme une maison ouverte
Avec des portes sur le Sénégal
Avec des fenêtres sur la Mauritanie
Des routes vers la Côte d'ivoire
Des routes vers le Burkina Faso
Des routes vers le Niger
Des chemins vers la Guinée Conakry
Et dans ses villes
La terre entière qui passe
Sans lui enlever son âme.
Mon Mali
Plusieurs ethnies se rassemblent mais
Le même amour pour le Mali
Sonrhaï, Touareg, Peulh, Bambara, Malinkés,
Dogons, Soninkés, Arabes, Senoufo, Kasonké,
Minianka, Bobo, etc
Unissons nous pour le Mali
Aicha Bint Moussa