L’espèce humaine, cette machine à faire du profit

L’espèce humaine s’est, en substance, muée en une gigantesque usine à profits pour les entreprises.

13 Juin 2026 - 07:48
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Sous le capitalisme, l’humanité n’existe que pour servir les intérêts des entreprises. Nous ne sommes tous que du bétail, des bêtes de somme exploitées pour faire grimper les marges d’un trimestre à l’autre. La jouissance de la vie n’a d’autre valeur que la contribution qu’elle apporte à l’augmentation de la valeur nette des actionnaires.

Voilà pourquoi nous sommes tous si malheureux. Nous avons perdu le nord. Nous n’œuvrons plus ensemble pour bâtir un monde et un avenir meilleurs, nous ne faisons qu’actionner des leviers pour faire tourner des rouages, dans le seul but de faire grimper la courbe sur le graphique affiché dans la salle de conférence. Une façon de vivre dénaturée et sans substance.

Notre culture est aujourd’hui insipide et dépourvue d’âme.

La musique fait l’objet de toutes les attentions pour être aussi rentable que possible, avec des structures musicales standardisées calculées pour provoquer une réaction chimique dans le plus grand nombre de cerveaux humains.

Les films sont conçus pour générer le plus de recettes possible au box-office avec des risques minimaux pour les studios et les investisseurs, souvent en reprenant un film déjà couronné de succès ou en bricolant une histoire autour d’une franchise déjà populaire.

Nous mangeons des plats instantanés et addictifs plutôt qu’équilibrés.

Les relations humaines saines ont été réduites à un produit de consommation, les réseaux sociaux ont supplanté les amitiés et les applications de rencontre se substituent aux véritables relations amoureuses.

La sexualité humaine s’en trouve déformée et pervertie, alors que la pornographie sur internet normalise la violence et l’humiliation pour générer un maximum de clics.

Notre attention et notre engagement ont été rentabilisés, créant un écosystème informationnel dominé par les conflits et les ragots, conçu pour flatter nos instincts les plus bas.

La publicité se propage par tous les pores de notre expérience sensorielle, envahissant chaque centimètre carré de notre environnement où pourraient se poser nos yeux ou s’arrêter nos oreilles, avec des manipulations psychologiques incitant à la consommation. Ils commenceront à diffuser des publicités dans nos rêves dès qu’ils en auront la technologie.

Vous consacrez huit heures de votre journée de travail à générer des profits pour l’entreprise, puis vous rentrez chez vous et consommez des denrées au profit d’autres entreprises. Vous vous détendez avec de la bière et des snacks, détournez vos pensées du stress quotidien avec des services de streaming et des réseaux sociaux, achetez des vêtements en ligne pour vous sentir bien dans votre peau et prenez des médicaments sur ordonnance pour trouver le sommeil. Et c’est ainsi que les gens vivent leur vie.

Et c’est le lot de ceux d’entre nous qui ont la chance de vivre dans les pays du Nord. Dans les pays du Sud, c’est l’esclavage salarial et l’exploitation : plus de labeur, moins de loisirs, et pas le moindre produit bon marché issu du pillage des ressources humaines d’autres continents pour se consoler.

L’humanité tout entière a été embarquée dans ce gâchis. Et tout ça pour quoi ? Pour faire grimper les chiffres des comptes bancaires de certains. Pour voir des flèches vertes pointer vers le haut à la Bourse. Pour permettre à quelques milliardaires d’acheter des îles et de corrompre les élections.

Et en détruisant la biosphère dont nous dépendons tous pour survivre.

On nous dit que c’est le meilleur système possible.

Je n’y crois pas. Nous pouvons faire mieux. Ceux qui profitent de ce système vont nous assurer que c’est impossible. Ils feront surtout de leur mieux pour nous empêcher d’y mettre fin, mais nous avons les moyens de récupérer les richesses, la dignité et le bonheur qu’ils nous ont volés.

Ils ont conçu toute cette machine à nos dépens. Tout ce qu’il nous reste à faire, c’est prendre notre courage à deux mains et passer à l’action.

source : Caitlin Johnstone via Spirit of Free Speech