Mauvais présage pour la Suisse: Pourquoi les États-Unis ont-ils interdit la diffusion d’un rapport sur le F-35 ?
Un nouveau rapport fait le point sur l'avancement de la production du F-35, l'avion de combat également commandé par la Suisse. Le Pentagone en a lui-même interdit la diffusion. Que cache cette décision?
Un nouveau rapport du Government Accountability Office des États-Unis fait le point sur l'état d'avancement et les dernières évolutions concernant la production et la modernisation de l'avion de combat F-35. Le Pentagone semble très mal prendre ce contenu: il a interdit la diffusion du rapport – ce qui n'était encore jamais arrivé auparavant en ce qui concerne le F-35.
Cela ne présage rien de bon pour la Suisse non plus. Les premiers avions devraient être officiellement remis à la Suisse mi-2027. Après une phase de formation des pilotes suisses en Arkansas, les appareils devraient être transférés en Suisse à partir de mi-2028. L'assemblage principal des premiers appareils destinés à la Suisse a débuté en mai aux États-Unis.
La modernisation risque de poser des problèmes
La suppression de ce rapport laisse toutefois présager des retards. Bill Sweetman, ancien dirigeant du groupe d'armement Northrop Grumman, qui participe au projet, a déclaré à la RTS que «les dates d'achèvement de nombreux projets de production du F-35 ont été modifiées et repoussées». Pour M. Sweetman, cela indique «clairement que le programme connaît de très graves difficultés».
Ces problèmes seraient liés à la modernisation de la machine. Si l'on ajoute à cela le risque élevé de surchauffe et une pénurie chronique de pièces de rechange, cela donne un tableau bien sombre. Selon la RTS, le taux de disponibilité opérationnelle de l'appareil est déjà tombé à 44%, loin des 67% promis par les États-Unis pour 2021.
En septembre 2022, des représentants des autorités avaient signé un contrat portant sur l'achat de 36 exemplaires du F-35A — une acquisition qui n'a jamais cessé de faire débat.
Le prix d'achat a déjà augmenté
En 2025, il est apparu que le prix fixe de 6 milliards de francs, que la Suisse estimait contractuellement garanti, ne pouvait pas être imposé juridiquement.
Les Américains avaient entre-temps réclamé 1,3 milliard de francs supplémentaires par rapport au montant initialement prévu. Washington a nié toute volonté de tromper, invoquant un simple malentendu lors des négociations. Fin 2025, on apprenait que la Suisse renoncerait à six des 36 appareils commandés.
L'acquisition des avions furtifs avait été validée par référendum en septembre 2020, dans un résultat extrêmement serré : seuls 50,1 % des votants s'étaient prononcés en faveur de l'achat.
Source: https://www.bluewin.ch/fr