Mali / Administration de la preuve : un enjeu majeur pour la manifestation de la vérité judiciaire. : L’homme de droit explique.
Invité de l’émission « Charia ani aw ka hakè » sur Renouveau TV, le magistrat Kokè Coulibaly a livré une analyse claire et pédagogique de l’administration de la preuve au Mali, soulignant son rôle central dans le fonctionnement de la justice et la garantie d’un procès équitable.
Son intervention a porté sur la définition, les catégories et les modes de preuve, ainsi que sur les litiges, les juridictions compétentes, les droits et obligations des parties, les sanctions et les solutions prévues par la loi.
Il a rappelé que la preuve constitue le fondement de toute décision judiciaire, permettant au juge de se forger une conviction objective. En matière civile, commerciale et sociale, le principe reste celui selon lequel « celui qui affirme doit prouver », chaque partie devant établir les faits qu’elle invoque. En matière pénale, la preuve est en principe libre, mais strictement encadrée par le respect des droits de la défense et des règles de procédure.
Le magistrat a également mis en lumière la diversité des moyens de preuve reconnus par le droit malien, notamment les preuves écrites, testimoniales, matérielles, les aveux et les présomptions. Il a insisté sur le rôle déterminant du juge, garant de l’équilibre entre les parties et seul habilité à apprécier la valeur probante des éléments produits, avec la possibilité d’ordonner des mesures d’instruction pour faire éclater la vérité.
Par ailleurs, l’émission a relevé les nombreuses difficultés qui entravent l’administration de la preuve au Mali, telles que le manque d’accès aux documents, l’insuffisance des moyens techniques, l’analphabétisme et la méconnaissance des règles de preuve par les justiciables, ainsi que les lenteurs procédurales.
En dépit de ces défis, l’administration de la preuve demeure un pilier essentiel de la crédibilité de la justice. Son renforcement, à travers la modernisation des procédures, la formation continue des acteurs judiciaires et la sensibilisation des citoyens, apparaît comme une condition indispensable pour garantir des décisions justes, restaurer la confiance du public et consolider durablement l’État de droit.
Mohamed Abdéramane SOGODOGO