Rentrée annuelle du REAO-Mali 2026 : la gestion du portefeuille de l’État au cœur des débats
Le Réseau de l’Entreprise en Afrique de l’Ouest (REAO-Mali) a tenu, le samedi 18 avril 2026, son traditionnel dîner d’échanges à l’occasion de sa rentrée annuelle 2026.
Placée sous le thème « La gestion efficace du portefeuille de l’État », la soirée a été marquée par un panel de haut niveau coanimé par Ahmed Belfahmi, Directeur de la Gouvernance à l’Agence Nationale de la Gestion Stratégique des Participations de l’État (Maroc), et Ibrahim Touré, économiste et financier malien.
L’événement, placé sous l’égide du Premier ministre, s’est déroulé en présence de M. Moussa Alassane Diallo, Ministre de l’Industrie et du Commerce, de la Présidente du REAO-Mali, Dr Awa Diarra, ainsi que de membres du corps diplomatique au Mali et des cadres des secteurs public et privé.
Dans son mot de bienvenue, la Présidente du REAO a souligné l'importance de ce thème, qualifié de « levier essentiel de croissance économique ». Elle a ensuite rappelé la mission du REAO, un rassemblement d’entrepreneurs engagés à améliorer l'environnement des affaires en Afrique de l'Ouest. Les panélistes ont, de leur côté, exposé l'importance d'une gestion rigoureuse des actifs de l'État pour l'essor économique durable. En s'appuyant sur les modèles de réussite du Ghana, de Singapour et du Maroc, ils ont formulé des recommandations concrètes et duplicables.
Clôturant les échanges au nom du gouvernement, le ministre Moussa Alassane Diallo a salué la constance du REAO-Mali. Tout en félicitant l’expertise des panélistes, le ministre a également livré une analyse critique de la mise en œuvre du Programme d’ajustement structurel (PAS). Selon lui, ces orientations passées ont eu un impact néfaste sur l’économie nationale, marqué notamment par une absence prolongée de l’État. Ce constat justifie, à ses yeux, le changement de paradigme engagé par les autorités actuelles à travers deux visions majeures : « Mali Kura Tassira » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2033).
De plus, le ministre a indiqué que pour booster l’économie durable, inclusive et participative, il est essentiel que l’État ait une maîtrise des secteurs tels que l’énergie, la finance et les infrastructures, et qu’il amorce son industrialisation et accroisse la productivité agricole avec le contrôle des intrants agricoles. Mais surtout, que l’État prenne les commandes des « domaines de survie », notamment les hydrocarbures et le blé.
Enfin, le ministre a précisé qu’il a été demandé à chaque entreprise publique de se doter d’un plan stratégique pour éradiquer le pilotage à vue. Pour finir, il a assuré ils tireront enseignements des recommandations émisses, et réaffirmer leur disponibilité aux côtés du secteur privé : « Le secteur privé et publique ne sont pas en concurrence, mais nous devons travailler en toute confiance », a- t-il conclu. Tout en indiquant que des textes sont en cours d’élaboration pour reformer le meilleur cadre de collaboration entre les deux secteurs.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net