Editorial : L’Etat contraint de nettoyer les écuries d’Augias

30 Sept 2014 - 00:39
Mis à jour: 12 ans
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IbkLes faits sont têtus, dit-on. Interrogé par notre confrère  Jeune Afrique dans son N° 2784, le président IBK soutenait mordicus que le contrat portant sur la livraison d’équipements militaires à l’armée malienne a été conclu dans les règles. Aujourd’hui, le constat est patent. Après l’audit du FMI,  une surfacturation d’au moins 30 milliards de FCFA a été constatée dans des contrats entre des sociétés privées et l’Etat malien. Un contraste saisissant entre le discours  de l’ «homme à poigne » de Koulouba et les faits. Et l’Etat malien a, déjà, entamé un grand ménage pour revenir dans les bonnes grâces du FMI. Pour renouer avec le FMI, l’Etat malien annonce l’annulation de plusieurs contrats dans cette affaire et est en train de faire un grand ménage.  Le directeur des finances du ministère de la Défense a été, ainsi, limogé. Et, selon des sources concordantes, la ministre des finances, Mme Bouaré Fily Sissoko et beaucoup de cadres sont sur le point d’être relevé. L’Etat malien acculé n’a, apparemment, d’autres solutions que de nettoyer les écuries d’Augias. Des mesures sine qua non pour la reprise de la coopération entre le Mali et le FMI. Mais tel aurait-il été le cas si le FMI n’était pas passé dans nos murs ? Pas sûr. Car tout porte à croire que cette surfacturation s’apparente à un pillage en règle des ressources de l’Etat. Au Mali, en effet, voler les ressources publiques relève plutôt d’un acte de bravoure, la fraude et la corruption étant érigées en système de gouvernance.Piller les ressources publiques et narguer le peuple est chose courante chez nous. Combien sont-ils de ministres, de présidents d’institutions, de directeurs de sociétés d’Etat ou de simples agents dont les noms sont cités dans des rapports du Vegal ?Pourtant l’argent public a été mal géré et même dilapidé sans la moindre poursuite contre ces auteurs. Cette nouvelle surfacturation renvoie à celle de la qualité de la dépense publique dans un environnement fortement marqué par la corruption dans tous les rouages de l’Etat. Devant cet état de fait, difficile de rester de marbre lorsque l’on entend le président de la République décrétée l’année 2014 comme l’année de la lutte contre la corruption.  En ces temps de marasme économique où des centaines de milliers de familles ont du mal à joindre les deux bouts au Mali, où les pauvres voire les "nouveaux pauvres", ceux-là mêmes qui on fait faillite suite à la crise,  tirent le diable par la queue pour survivre. Cette situation anéantit les espoirs de tout un peuple. Paul Lafargue disait que notre époque est, dit-on, le siècle du travail, il est en effet, le siècle de la douleur, de la misère et de la corruption. Triste, très triste époque, donc,  pour le Mali. Madiassa Kaba Diakité

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Commentaires (9)

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goussoumdoumbo
goussoumdoumbo 12 ans
Le ridicule ne tue pas au Mali, le malien ne sait pas démissionner et certains, d'entre nous qui le faisons, sont critiqués et sont même méprisés! Alors qu'il faut simplement partir/quitter pour permettre d'éclaircir les choses et continuer de garder sa dignité et respect plus tard! Mais non on préfère s'accrocher au privilège mal acquis et ce qui me rend malade: on demande à des "marabouts" de faire des miracles! Comme si ALLAH/Dieu est une seule fois devenu injuste!
le General Sanogo
le General Sanogo 12 ans
" Je suis un homme, rien de ce qui est humain ne m'est etranger." Terence
dinosaure
dinosaure 12 ans
Naivété des maliens, il lui a suffit de prononcer le mot INCHALLA dans ses discours,et il se fait élire à 78%. AU SECOURS ZOU.
InteLence
InteLence 12 ans
Au Mali pour les intouchable,les plus puissants et leurs associés ou alliés,la règle pour eux est qu'il n'y a pas de règle.Ou plutôt si les règles existent, elles sont nombreuses,inéfficaces,mouvantes et faciles à manipuler pour leur permettre de s'en affranchir. C'est le seul moyen de réussir dans leurs "businesses".
dioss
dioss 12 ans
IBK,c'est vraiment la grande déception. IBK au coeur de tels scandales financiers qui l'aurait cru? IBK,supposé un homme d'État experimenté,aura prouvé qu'il n'a pas l'étoffe d'un bon dirigeant.Son bluff a vraiment marché pour accéder au pouvoir,mais pour la suite maintenant c'est l'incertitude totale,car les Maliens ne peuvent plus accepter ces pratiques malsaines qui ont conduit notre Pays dans cette situation lamentable.
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