crise de l’école malienne : Des artifices utilisés pour masquer la vérité

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Le gouvernement malien se tape la poitrine en disant qu’il a réussi à organiser les examens de fin d’année. On entend même parler de meilleure organisation dans l’histoire démocratique du pays. Si organiser des examens scolaires sans les enseignants ; corriger et faire sortir les résultats sans les enseignants, est une grande réussite, alors, on peut dire que le Mali manque de vision politique pour son développement.

Le bras de fer entre syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016 et gouvernement de transition, a tourné au ridicule puisque le gouvernement a décidé d’organiser les examens de fin d’année sans ces acteurs incontournables que sont les enseignants. Le ridicule est d’autant plus grand quand le gouvernement a décidé de compter sur la désolidarisation de certains enseignants qu’on pourrait appeler « traites » et d’individus qui n’ont rien avec l’éducation, pour surveiller les épreuves. Un passage en force qui passe mal dans l’opinion nationale.  Certains Maliens se demandent en effet quel crédit accorder aux résultats de tels examens organisés dans la plus grande pagaille ?

L’objectif unique du gouvernement dirigé par Choguel Kokalla Maïga était de démontrer sa capacité à tenir tête aux syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016.

Un gouvernement de transition obnubilé par sa propre réussite et qui n’en que faire de celle de millions de jeunes et enfants. Les parents dont les enfants ont été déclarés admis, pourront se réjouir. Mais, la question demeure : l’enfant a-t-il passé avec le niveau ? Cette question est rapidement mise de côté laissant place à la joie ; l’euphorie. Mais, il s’agit avant tout de l’avenir de toute une nation qui se construit sur la médiocrité.

Inutile d’insister sur le niveau de l’école malienne dans son ensemble. Un niveau si bas qu’on ne peut s’attendre qu’à des produits médiocres dans l’ensemble. Les parents qui ont plus de moyens, ont certainement inscrit leurs enfants en dehors du système éducatif malien, abandonné, trahi par les élites. Ces enfants qui vont sortir de grandes écoles à l’extérieur, reviendront pour remplacer leurs parents au niveau des instances dirigeantes du pays. Cette différence des écoles, on la sent dans les rues et dans la cour des écoles au Mali quand vous demandez à un enfant de parler la langue de Molière. Du charabia mélangé de mots maternels, qui rappelle combien l’école malienne est devenue la risée de tous les systèmes éducatifs. Une responsabilité partagée à tous les niveaux mais qui ne devrait pas être une fatalité. Non ! Le gouvernement n’a pas organisé des examens de fin d’année. Il a plutôt organisé un simulacre d’examens qui est une honte à des responsables politiques et militaires qui prétendent vouloir sortir le Mali du trou dans lequel il se trouve. Pendant encore combien de temps, va-t-on accepter que le système éducatif soit piétiné par les élites au pouvoir seulement parce que leurs progénitures sont à l’abri de la médiocrité ? Pendant combien de temps va-t-on accepter ces artifices comme vérités ? Jamais, un pays n’a réussi à se développer dans l’ignorance. Et le Mali développe l’ignorance mais ne cultive pas l’excellence.

Sinaly

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