Affaire Moussa Mara: ce n’est pas fini

Après deux jours d’auditions dans le cadre d’une enquête sur ses prises de position publiques dans un message posté sur X (ex-Twitter), l’ancien Premier ministre, Moussa MARA, présenté hier au procureur de la commune IV, a regagné son domicile. Il était assisté de son avocat, Me Mountaga TALL qui laisse entendre que la procédure suit son cours.

18 Juil 2025 - 09:44
2
Ecouter cet article
Affaire Moussa Mara: ce n’est pas fini
00:00
Affaire Moussa Mara: ce n’est pas fini
Moussa Mara

L’ancien Premier ministre malien Moussa MARA a été déféré ce mercredi 16 juillet 2025 devant le procureur de la République de la commune IV, après deux jours d’auditions à la Brigade d’investigation judiciaire, dans une procédure ouverte pour ses messages de solidarité envers des « détenus d’opinion ».

La veille, le mardi 15 juillet, il avait déjà passé plusieurs heures à la BIJ avant de rentrer à son domicile en soirée, indiquant dans un bref communiqué qu’il restait « serein » et qu’il avait été convoqué pour une nouvelle audition ce mercredi. Une 2e audition qui s’est déroulée sous une haute sécurité. La direction de la BIJ était entièrement quadrillée par les forces de l’ordre.

Cette convocation judiciaire intervient dans le cadre d’une procédure ouverte à son encontre à la suite une publication sur ses réseaux sociaux. Depuis le début du mois de juillet, l’ancien chef du gouvernement malien, président d’honneur du parti dissous Yelema (Le Changement), a multiplié les messages de solidarité à l’endroit de plusieurs personnalités incarcérées qu’il qualifie de « détenus d’opinion ».

Si les autorités judiciaires n’ont, pour l’heure, fourni aucune précision officielle sur les faits qui lui sont reprochés, les enquêtes préliminaires dont il fait l’objet évoquait une publication datant du 2 juin 2025 sur son compte X (ex-Twitter).
Dans ce message, Moussa MARA fait état de visites rendues à plusieurs personnalités publiques détenues, dont Adama Diarra alias Ben le Cerveau, Mme Rokia Doumbia dite Madame vie chère, Issa Kaou NDJIM.

Clément Dembélé, l’imam Bandiougou TRAORE et le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily alias Ras Bath.
Dans son tweet, l’ancien maire de la commune IV affirme agir en solidarité avec ceux qu’il qualifie de prisonniers d’opinion, tout en mentionnant avoir également rencontré leurs familles.

Tout cela pour que jamais ne s’éteigne en eux la flamme de l’espoir, avait-il tweeté.
Mais c’est la formule finale de sa publication qui aurait retenu l’attention des enquêteurs, selon des sources. Il s’agit de celle-ci : « Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître. Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive, et le plus tôt possible.»

D’après midi, l’interessé lui même dans sa page Facebook affirme regagner ses bureaux, avant de préciser : ‘‘La procédure continue. J’ai confiance en la justice de mon pays.

Restons sereins et surtout restons derrière le Seigneur !’’
Quelque temps après, c’était au tour de son avocat Me TALL dans un message posté sur ex-Twitter d’ajouter que les auditions de son client se sont déroulées de façon professionnel et dans la courtoisie aussi bien à la Brigade d’investigations judiciaires ((BIJ) que devant la Procureur du Tribunal de Grande instance de la Commune IV du District de Bamako.

‘‘Moussa Mara, serein et calme à répondu à toutes les interrogations. Nous attendons, avec sérénité les suites qui seront réservées à cette affaire’’, a indiqué Me Mountaga TALL.

Le dossier est désormais entre les mains du procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune IV, qui doit décider des suites à donner.

Selon la procédure pénale en vigueur, il peut demander le classement sans suite s’il estime les faits non constitués, renvoyer Moussa MARA devant le tribunal pour une citation directe, solliciter son placement sous contrôle judiciaire pour qu’il reste à la disposition de la justice, ou saisir le juge d’instruction en vue d’un mandat de dépôt si les faits le justifient.

Dans les affaires de ce type, qualifiées « d’opinion », la pratique observée reste généralement la liberté sous conditions en attendant un éventuel procès.

Par Abdoulaye OUATTARA

Quelle est votre réaction ?

Like Like 2
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (3)

User
Fanga
Fanga 1 an
"« Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître. Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive, et le plus tôt possible.»" / C'est ce vœux que le peuple malien trompé et humilié a formulé lorsque l'ancien premier ministre francophile a amené à la mort des dizaines de militaires et d'administrateurs civils et fait perdre au Mali la moitié du territoire national lors de sa visité catastrophique à Kidal. / Et ce vœux de libération nationale a, au prix d'immenses sacrifices humains et matériel du peuple malien, été exaucé par les militaires au pouvoir actuellement dont l'ancien premier ministre au bilan le plus catastrophique de l'histoire politique moderne du Mali veut la chute. / Moi, je dis que les autorités publiques du Mali devraient faire judiciairement la lumière sur les évènements de la visite de Kidal. C'est l'un des épisodes les plus désastreux de la vie politique malienne, plus grave que l'affaire dite de l'avion présidentielle qui vient d'être jugée récemment. L'affaire dite de la visite mortelle de Kidal est symptomatique de la vilenie, de la lâcheté, de la soumission aux puissances étrangères et du pacte de corruption avec la France coloniale d'une partie des politiciens maliens qui ont plongé le Mali dans l'abîme et qui osent toujours se la ramener dans l'espace public pour dire qu'eux sont les sauveurs et les militaires au pouvoir sont les destructeurs.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Qui connait le père de Moussa Joseph! Qui connait le père adoptif de Moussa Joseph! Qui connait l'oncle maternel de Moussa Joseph a Medina-Coura! Connait qui est Moussa Joseph!
Le père caché
Le père caché 1 an
Tout le monde connait le père de Moussa Mara. Mais personne ne connaît ton père. Tu ne le connais pas toi-même. . Il y avait trop de clients. 200 francs maliens à l'époque était intéressant. On ne sait pas lequel des clients est ton père. Ta maman peut t'aider si elle se souvient de quelques clients réguliers
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (110)
  • Nfp (78)
  • Kankan (53)
  • Sissoko (25)
  • Citoyen du monde (22)