Feux de brousse : L’impuissance organisée d’un ministère dépassé

Alors que des millions d’hectares partent en fumée chaque année, la politique environnementale du Mali semble prisonnière d’un dangereux immobilisme.

27 Avr 2026 - 10:09
5
Feux de brousse : L’impuissance organisée d’un ministère dépassé

Plus de 3,5 millions d’hectares consumés lors de la campagne 2024-2025, contre 2,7 millions deux ans plus tôt. Les chiffres de la direction générale des eaux et forêts (DGEF) ne laissent aucune place au doute : les feux de brousse progressent à un rythme inquiétant. Mais derrière cette hausse alarmante se cache une réalité plus dérangeante celle d’un département qui regarde brûler ses forêts sans réelle stratégie de riposte.

Car au-delà des statistiques, une question s’impose : où est le ministère de l’Environnement ?

Chaque année, le même refrain revient : campagnes de sensibilisation, appels à la vigilance, messages radios, semaines de l’Environnement, journées de plantations d’arbres…  Mais sur le terrain, les résultats sont quasi inexistants. La prévention, présentée comme la pierre angulaire de la lutte contre les feux de brousse, reste superficielle, mal coordonnée et surtout déconnectée des réalités rurales.

Informer ne suffit pas quand les moyens de surveillance sont inexistants, quand les brigades forestières sont sous-équipées et quand aucune politique coercitive sérieuse n’accompagne les discours.

A cela s’ajoute une autre réalité, souvent passée sous silence : la situation peu reluisante des services des eaux et forêts. Selon nos informations, ces agents en première ligne manquent de moyens logistiques, et humains pour assurer efficacement leur mission.

Véhicules insuffisants ou hors d’usage, équipements de lutte contre les incendies quasi inexistants, effectifs limités face à l’immensité du territoire : dans ces conditions, la prévention et la répression relèvent presque de l’illusion. Comment contenir des feux de grande ampleur quand ceux qui doivent intervenir sont eux-mêmes abandonnés par le système ?

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est moins la complexité du phénomène que l’absence de volonté politique forte. Le ministère semble souiller dans une gestion routinière, incapable d’anticiper ou d’innover face à une menace pourtant récurrente.

Pendant ce temps, les conséquences sont dramatiques : Des écosystèmes détruits, une biodiversité en chute libre, des terres agricoles fragilisées. Ce n’est plus seulement une question environnementale, mais un enjeu économique et social majeur.

Dans de nombreuses localités, les populations continuent d’utiliser le feu comme outil agricole, faute d’alternatives encadrées. Là encore, l’absence de politique d’accompagnement est criante. Ni formation adaptée, ni dispositifs de substitution, ni suivi réel. Résultat : le cycle des incendies se répète, année après année, dans une forme de fatalisme institutionnalisé.

Le plus inquiétant reste cette impression de banalisation. Comme si brûler des millions d’hectares relevait désormais de la normalité. Comme si l’urgence écologique pouvait attendre.

Pourtant, sans une réforme profonde de la politique environnementale avec des moyens conséquents, une stratégie claire et une volonté politique assumée, notre pays continuera de perdre, silencieusement, une part essentielle de son patrimoine naturel.

Et à ce rythme, ce ne sont plus seulement les forêts qui disparaîtront, mais toute une vision d’avenir.

B.S.

 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (5)

User
Sylla
Sylla 4 mois
il faut aller a l ecole du MAROC !!!!11 Comment le Maroc évite les feux de brousse Le Maroc utilise 4 piliers majeurs : 1️⃣ Tours de surveillance + caméras thermiques (déjà en place) Le Maroc a installé dans plusieurs régions forestières : pylônes de surveillance caméras thermiques longue portée capteurs de fumée systèmes de détection automatique Ces systèmes couvrent des zones comme : Rif Moyen Atlas Forêts méditerranéennes du Nord ? C’est exactement ce que tu proposes pour le Mali.? Le Maroc a 10 ans d’avance sur l’Afrique de l’Ouest dans ce domaine. 2️⃣ Drones de surveillance Le Maroc utilise des drones équipés de caméras thermiques pour : repérer les départs de feu, surveiller les zones difficiles d’accès, guider les équipes au sol. Les drones sont utilisés surtout en été dans les zones à risque. 3️⃣ Pare-feux + gestion de la végétation Le Maroc entretient : des pare-feux linéaires des zones coupe-feu des corridors de sécurité Ces zones empêchent la propagation rapide des incendies. 4️⃣ Brigades forestières spécialisées Le Maroc a des équipes appelées “Forces de lutte contre les incendies de forêts” : formées spécialement, équipées de véhicules 4x4, intervention rapide, coordination avec la Protection Civile. ? Résultat : Le Maroc a réduit de 40 % la superficie brûlée en 10 ans dans certaines régions. ?️ Ce que le Mali peut copier immédiatement Voici les solutions marocaines transférables au Mali : Pylônes solaires + caméras thermiques Drones thermiques Pare-feux autour des villages et champs Brigades locales formées Centre de surveillance communal ? Le Mali peut aller encore plus loin que le Maroc en combinant :pylônes thermiques + Starlink + drones + brigades villageoises.
Sylla
Sylla 4 mois
? SYNTHÈSE OPÉRATIONNELLE – LUTTE CONTRE LES FEUX DE BROUSSE AU MALI 1️⃣ Constat général Les feux de brousse détruisent chaque année plusieurs millions d’hectares au Mali. Les causes principales sont : brûlis agricoles non contrôlés, pratiques de chasse, sécheresse et vents forts, faiblesse des brigades forestières, absence de système national de surveillance. 2️⃣ Axes stratégiques prioritaires Prévention territoriale Création de bandes pare-feu autour des villages, champs, pistes et zones pastorales. Plans communaux anti‑feu obligatoires. Cartographie des zones à risque. Régulation des pratiques agricoles Brûlis autorisés uniquement sous supervision. Sanctions pour brûlis clandestins. Promotion d’alternatives au feu (semis direct, compostage). Surveillance communautaire Comités villageois anti‑feu. Système d’alerte via radios locales et messageries. Renforcement institutionnel Tripler les effectifs des Eaux & Forêts. Équipement : motos, GPS, radios, drones légers. 3️⃣ Innovation majeure : Réseau national de pylônes de surveillance Pylônes solaires avec caméras infrarouges et liaison satellite Chaque pylône comprend : caméra infrarouge PTZ (360°), caméra jour/nuit HD, panneaux solaires (600–1200 Wc), batteries (autonomie 3–5 jours), transmission satellite (Starlink ou équivalent), structure anti‑vandalisme. Fonctions Détection automatique des points chauds. Alerte immédiate aux brigades et comités villageois. Enregistrement vidéo pour identifier l’origine du feu. Couverture 3–5 km de rayon par pylône. 4️⃣ Estimation des quantités pour le Mali Scénario minimal – “Backbone national” 1 pylône par cercle➡️ ≈ 160 pylônes Scénario intermédiaire – “Cercle + communes à risque” 1 pylône par cercle (≈160) 3 communes à risque par cercle (≈480)➡️ ≈ 640 pylônes Scénario ambitieux – “Maillage communal” 1 pylône par commune (≈815) renfort dans zones très sensibles (≈245)➡️ ≈ 1 050 pylônes Recommandation réaliste
Nfp
Nfp 4 mois
Ce journaliste a tellement raison, qu'il risque de se retrouver rapidement en prison aux côtés de youssouf Sissoko et de tant d'autres sous cette junte ! Sois prudent B.S, ce pays est encore aux mains des bouffons en treillis, et tu sais à quel point ils ont horreur qu’on écrive la vérité...
Sylla
Sylla 4 mois
IL FAUDRAIT INSTALLER DES MILLIERS DE PYLONES AVEC CAMERAS DE SURVEILLANCE INFRAROUGE DANS LES FORETS ET ACHETER 4 A 5 AVIONS BOMBARDIER D EAU
Kinguiranke
Kinguiranke 5 mois
BS tu sais certainement que ce n' est pas le Ministère les sources de ces incendies alors je pense que tu dois mettre tes sources devant leurs responsabilites.