Coup d’Etat en Guinée-Bissau, des militaires prennent le contrôle du pays

En Guinée-Bissau, des forces armées ont annoncé mercredi prendre le «contrôle total du pays» et «suspendre le processus électoral», alors que le pays attend les résultats des élections présidentielles et législatives organisées dimanche

26 Nov 2025 - 19:04
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Coup d’Etat en Guinée-Bissau, des militaires prennent le contrôle du pays
Le brigadier général Denis N'Canha (au centre), chef du bureau militaire de la présidence, donne une conférence de presse à l'état-major général des forces armées le 26 novembre 2025. — © PATRICK MEINHARDT / AFP

Des militaires en Guinée-Bissau ont annoncé mercredi prendre le «contrôle total du pays», «suspendre le processus électoral» et fermer les frontières, alors que le pays est dans l’attente des résultats des élections présidentielles et législatives organisées dimanche.

Plus tôt dans la journée, des tirs avaient été entendus près du palais présidentiel et des hommes en tenues militaires ont pris possession de la principale artère menant vers le palais, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest coutumier des troubles politiques, qui a connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance.

Ces militaires issus de la garde présidentielle et d’un corps d’élite de la gendarmerie contrôlaient la zone désertée et le calme était revenu en début d’après-midi, ont constaté sur place des journalistes de l’AFP. Ils se sont exprimés en lisant un communiqué au siège de l’état-major des armées dans la capitale Bissau, ont constaté sur place des journalistes de l’AFP.

Ces tirs ont pour le moment cessé et le calme est revenu, selon les journalistes de l’AFP. Peu avant, des centaines de personnes à pied ou dans des véhicules avaient fui la zone pour se mettre à l’abri tandis que des tirs nourris avaient retenti à plusieurs reprises. «On est habitués à Bissau», a lancé à un journaliste un passant fuyant les lieux.

Une situation politique incertaine

Le sort du président sortant, Umaro Sissoco Embalo, n’était pas connu mercredi en début d’après-midi. Le camp présidentiel celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa ont chacun revendiqué la victoire mardi, alors que les résultats provisoires officiels de ces élections ne sont attendus que jeudi dans ce pays coutumier des troubles politiques, qui a connu quatre coups d’Etat et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance.

Des soupçons de manipulation

Les résultats provisoires officiels, attendus jeudi, doivent ensuite être validés par la Cour suprême à une date qui n’est pas encore connue.

Le président sortant est donné favori pour remporter la présidentielle qui s’est déroulée dans le calme, mais sans le principal parti d’opposition, le PAIGC, et son candidat, Domingoes Simoes Pereira. Son principal adversaire lors de l’élection est Fernando Dias, qui a reçu le soutien du PAIGC, ancien parti unique et principal parti d’opposition.

L’opposition a qualifié de «manipulation» l’exclusion du PAIGC des scrutins présidentiel et législatifs et estime que le mandat du président Embalo a expiré depuis le 27 février, cinq ans jour pour jour après son investiture. Le PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l’indépendance par les armes en 1974, a été exclu – également pour un dossier trop tardif – des législatives, visant à élire les 102 députés du Parlement.

Celui-ci a été dissous en décembre 2023, alors qu’il était dominé par l’opposition, par le président Embalo qui gouverne depuis par ordonnances.

La proclamation des résultats électoraux a souvent donné lieu à des mouvements de contestation dans le pays.

En 2019, une présidentielle tendue

La précédente présidentielle, en 2019, avait débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale, Umaro Sissoco Embalo et son adversaire Domingoes Simoes Pereira revendiquant tous deux la victoire.

Plus de 6700 membres des forces de l’ordre, dont des éléments de la force de stabilisation de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ont été déployés pour sécuriser le scrutin et l’après-scrutin.

Avec près de 40% de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, la Guinée-Bissau figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Elle est réputée être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe, favorisé par l’instabilité politique.

Source: https://www.letemps.ch/