Joséphine Baker, icône de la liberté, fait son entrée au Panthéon

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Quarante-six ans après sa mort, Joséphine Baker entre mardi au Panthéon pour y rejoindre les grandes figures françaises grâce à sa riche vie d’artiste de music-hall, de résistante et de militante antiraciste.

“Me revoilà Paris” : l’une des plus célèbres chanson de Joséphine Baker retentira à 17 h 30, mardi 30 novembre, pour lancer la cérémonie solennelle consacrée à l’entrée de la diva au Panthéon, monument considéré comme “le temple laïc de la République”.

Femme, noire, artiste de scène et née à l’étranger, Joséphine Baker ne sera que la sixième femme – sur 80 personnages illustres – à y entrer après Simone Veil en 2018. “Ça va être mémorable” avec de “la joie et de l’excitation”, espère Brian Bouillon-Baker, l’un des 12 enfants adoptés par Joséphine Baker, dont 11 sont toujours vivants.

Avec eux, plusieurs centaines de personnes sont attendues, dont de nombreux jeunes, autour d’Emmanuel Macron qui prononcera un discours devant les portes du Panthéon.

Le chef de l’État rendra hommage à cette “artiste de renommée mondiale, engagée dans la Résistance, inlassable militante antiraciste” qui “fut de tous les combats qui rassemblent les citoyens de bonne volonté, en France comme (…) par le monde”. “Elle est l’incarnation de l’esprit français”, a proclamé le chef de l’État en annonçant le 23 août son entrée au Panthéon.

“Ma mère était une idéaliste qui voulait prouver que la fraternité universelle n’était pas une utopie”, a résumé Brian Bouillon-Baker sur France Inter.

“J’ai deux amours, Paris et mon pays”, sa chanson la plus connue, sera jouée par la Musique de l’armée de l’air à l’arrivée du cercueil au Panthéon.

La dépouille de Joséphine Baker ne sera pas dans le cercueil, puisque sa famille a décidé de la laisser reposer dans le cimetière marin de Monaco, aux côtés de son dernier mari et de l’un de ses enfants, non loin de la princesse Grace qui l’avait soutenue dans les dernières années de sa vie. C’est donc un cénotaphe (tombeau ne contenant pas le corps) qui sera installé dans le caveau 13 de la crypte, où se trouve déjà l’écrivain Maurice Genevoix, entré au Panthéon l’an dernier.

Symboliquement, ce cénotaphe a été rempli de poignées des quatre terres qui “étaient chères à Joséphine Baker” : sa ville natale de Saint-Louis aux États-Unis, Paris où elle connut la gloire, le château des Milandes en Dordogne où elle installa sa tribu “arc-en-ciel”, et Monaco où elle termina sa vie.

À cinq mois de l’élection présidentielle, l’Élysée assure qu’il ne faut pas voir de message politique dans cette panthéonisation. “Il y a réellement un consensus très large” et “pas une voix ne s’est élevée” pour la contester, relève un conseiller. Il n’empêche que la cérémonie devrait donner l’occasion à Emmanuel Macron de célébrer des valeurs qu’il entend mettre en avant dans la campagne. “Joséphine Baker, c’est l’histoire exemplaire” d’une personnalité qui “fait preuve de volonté et de détermination pour construire sa propre émancipation”, résume l’un de ses conseillers.

Avec AFP

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