Macron est un “amateur”, un “débutant”: l’avis du doyen des analystes politiques français

Figure historique de l’analyse politique, Alain Duhamel, 85 ans, commente l’actualité française depuis plus d’un demi-siècle et a vu défiler six présidents de la République au cours de sa carrière journalistique. Il avait d’ailleurs déjà animé le débat du second tour de l’élection présidentielle en... 1974, entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Interviewé par Le Point, il livre aujourd’hui une analyse sans détour du profil d’Emmanuel Macron, personnage central de l’impasse actuelle.

8 Octobre 2025 - 11:38
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Macron est un “amateur”, un “débutant”: l’avis du doyen des analystes politiques français
Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron © AFP

Ce 6 octobre, alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu, à peine nommé, venait de tomber, Alain Duhamel était l’invité de Quotidien, sur TMC, face à Yann Barthès et ses chroniqueurs. Sans langue de bois, il s’était déjà montré particulièrement critique à l’égard d’Emmanuel Macron: “Il est très intelligent sauf dans un domaine: la politique”, avait-il asséné. L’éditorialiste pointait entre autres son manque de “formation” politique, son manque “d’expérience”, son rejet des partis et son absence de “stratégie politique”. Interviewé par le magazine Le Point ce mercredi, il en a remis une couche (suite ci-dessous).

“Intellectuellement doué” mais...
Alain Duhamel enfonce le clou. Selon lui, Emmanuel Macron reste un “débutant”, “intellectuellement doué” mais dénué de “sens politique instinctif”. Le doyen des observateurs français mentionne notamment sa gestion “infantile” de l’affaire Benalla ainsi de nombreuses “erreurs politiques majeures”, dont son “refus de faire campagne aux législatives 2022”. Conséquence, à l’issue du scrutin, le gouvernement d’Élisabeth Borne perdra sa majorité absolue à l’Assemblée nationale et passera en force pas moins de 23 fois grâce au recours à l’article 49.3. Autant de décisions très impopulaires qui aggraveront encore son image, déjà fortement écornée par la crise des “Gilets jaunes”.

“Il n’a pas eu de carrière locale”

Alain Duhamel évoque également son ascension atypique, sans réellement gravir les échelons de la sphère politique: “Il n’a pas eu de carrière locale, pas de campagne enracinée, pas d’apprentissage du contact politique. Or, la politique, ça s’apprend: c’est un savoir empirique, une culture, un instinct. Et, même si, intellectuellement, il est d’une puissance rare - je n’ai jamais connu un président connaissant aussi bien ses dossiers - , il n’a pas ce rapport organique à la vie politique”, juge-t-il.

“Il ne trouve pas les mots justes”

L’observateur avisé souligne un autre facteur aggravant: son vocabulaire: “Son vocabulaire, son comportement instinctif donnent souvent l’impression qu’il a un complexe de supériorité. Et les Français, peuple égalitariste, critique, pessimiste – peut-être le plus pessimiste du monde –, ne le supportent pas. Il ne trouve pas les mots justes. Parce que la politique, ce n’est pas son métier. La présidence, c’est son métier. Mais la politique, non. C’est un professionnel de la présidence et un amateur de la politique”, conclut-il.

Source: https://www.7sur7.be/