Nord Mali – La nébuleuse prise en tenaille

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Avec ses engins de mort détruits par la puissance de feu de l’armée française venue en appui à celle du Mali, la nébuleuse lâche ses tentacules sur les régions du nord Mali, pour ériger le village de Diabali en dernier bastion. En alliance, Ansar Dine, Mujao, Aqmi et Boko Haram ne manquent pas de hargne, alors que son existence au Mali n’est donnée que pour quelques jours.

Alors que les forces terrestres françaises avancent vers Diabali, l’armée malienne a annoncé hier qu’elle a pris possession de Konna, village situé au sud à moins de 200 km de Sévaré (Mopti) et qu’elle y a été accueillie par une liesse populaire. Ce village qui a marqué la ligne de front a été le théâtre, jeudi à samedi dernier, de violents accrochages entre l’armée malienne et les islamistes, tels que le président de la République du Mali a été contraint de lancer un SOS à l’endroit de son homologue français.

L’action de l’armée française en réponse à l’appel de Dioncounda Traoré a été déterminante. Les logistiques des islamistes défaits à Konna, les Français ayant pris la mesure du mal, ont cru devoir continuer à frapper la nébuleuse dans ses abris en sanctuarisation, dans les régions nord du Mali, notamment dans les grandes villes: Gao, Kidal, Tombouctou, mais aussi à Tessalit, Nampala, Léré, Douentza etc. L’enseignement, c’est que les islamistes, même sans véhicules tout terrain, restent un danger permanent, à cause de leurs expériences de combats, aguerris pour avoir combattu pour certains d’entre eux dans des régions du monde et dans les conditions les plus difficiles.

Désemparés cependant au Mali, les forces du terrorisme ont choisi de se recroqueviller dans les habitats des populations, tels des lions blessés prêts à rebondir. « Ils pénètrent chez les gens, souvent en cassant les portes, y mettent leurs véhicules s’il y a des abris, et empêchent les membres de cette famille de sortir », selon un journaliste contacté à Niono. Ils sont dans les maisons avec les habitants, comment les combattre sans faire des victimes au sein de la population ?

C’est l’équation. A moins de faire le porte à porte à la recherche des islamistes qui ne sont pas prêts à mourir seuls. Les forces armées ont-elles compris cela qu’elles prennent tout leur temps, à la recherche du fil d’Ariane. Pendant ce temps, les habitants de Diabali cherchent à sortir et ceux qui y parviennent s’éloignent. Les islamistes n’ont plus, ne souhaitent pas rester prises en tenailles. Ils cherchent à sortir si l’occasion se présentaient, mais c’est tout ce que l’armée cherche à éviter, ne jamais les laisser repartir dans la nature. Ils ont causé trop de deuils en commettant des exactions odieuses. Ils n’ont donné aucune chance au dialogue qui leur a été offert.

Les prises d’otages en Algérie, à l’actif des Jihadistes qui ont demandé le retrait de la France du Mali, ne semblent entamer en rien à la détermination des autorités algériennes et de la communauté internationale, à porter « une riposte cinglante et massive » au terrorisme et aux forces de l’obscurantisme, à la demande du Président de la République du Mali, Dioncounda Traoré.  La bataille à pas feutrés dans les maisons et les rues se prépare à Diabali. En attendant, le pont barrage de Markala est si surveillé de prêt, que pas un oiseau ne peut s’y approcher sans paraitre dans les radars les plus performants à la disposition des forces françaises présentes à Markala, pour empêcher la descente des Jihadistes vers le sud.

B. Daou

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