Mossa Ag Attaher : De la jeunesse à la diaspora, un ministre au cœur de la vision d'Assimi Goïta !
Le pari de faire de la diaspora un levier stratégique du Mali Kura
Depuis l'avènement de la Transition en 2021, peu de membres du gouvernement auront connu une trajectoire aussi constante que celle de Mossa Ag Attaher. D'abord ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l'Instruction civique et de la Construction citoyenne, puis ministre des Maliens établis à l'extérieur et de l'Intégration africaine, il s'est progressivement imposé comme l'un des principaux artisans de la mise en œuvre de la vision du président de la Transition, le général d'armée Assimi Goïta. A quelques heures de la 2e édition du Forum international de la diaspora (FID), prévue du 16 au 18 juillet 2026 à Bamako, le bilan de son département met en lumière une nouvelle approche de la gouvernance migratoire : faire de la diaspora non plus un simple soutien financier du pays, mais un véritable partenaire du développement économi
é en juillet 1979 à Témera, dans le cercle de Bourem, Mossa Ag Attaher appartient à cette génération de responsables politiques ayant construit leur parcours autour de la formation et de l'expertise.
Doctorant en sciences politiques à l'Université internationale de Rabat, en cotutelle avec Sciences Po Paris, il mène des recherches sur les questions sécuritaires au Sahel et les insurrections armées dans le Nord du Mali.
Son cursus comprend également un Master en gouvernance et intelligence internationale de l'Université d'Avignon, un Master en management des organisations de l'Université libre de Bruxelles ainsi qu'un Master en santé publique obtenu à l'Université de Bamako. Son expérience politique dépasse largement le cadre gouvernemental. Il a participé aux négociations de l'Accord pour la paix avant d'intégrer le gouvernement de la Transition, où il sera successivement chargé de la Jeunesse puis des Maliens établis à l'extérieur.
Cinq années au service de la diaspora
Le ministère des Maliens établis à l'Extérieur et de l'Intégration africaine est devenu, sous son impulsion, l'un des départements les plus actifs de la Transition. Le bilan présenté à l'occasion des cinq années d'exercice du président Assimi Goïta témoigne d'une action soutenue.
Entre 2021 et 2026, 62 777 Maliens ont bénéficié de mesures de protection, d'assistance ou d'accompagnement, grâce à une mobilisation financière de plus de 56,6 milliards de F CFA.
Parmi les réalisations les plus marquantes figurent :
- la construction des centres d'accueil et d'orientation de Gogui, Gao et Kayes ;
- le transfert au Mali du compatriote Yaya Cissé après onze années de détention à l'étranger ;
- le lancement de la Cité de la diaspora avec une première tranche de 602 logements ;
- le renforcement du programme Tokten, ayant permis l'accompagnement de 67 doctorants maliens ;
- la réalisation de trente projets de co-développement financés à plus de 1,2 milliard de F CFA.
A cela s'ajoutent d'importantes réformes administratives destinées à rapprocher l'Etat des Maliens vivant hors du territoire national.
Plus de 373 000 passeports ont été délivrés, 1,7 million de données Nina mises à jour et plus de 508 000 cartes consulaires produites, tandis que plusieurs nouveaux mécanismes de gouvernance migratoire ont vu le jour, notamment le Cadre national pour la réintégration des migrants, le Cadre de concertation avec les Maliens établis à l'extérieur et la plateforme numérique Tounkan Blon, véritable vestibule numérique de la migration.
Une diplomatie de proximité avec les Maliens de l'extérieur
Au-delà des statistiques, l'action du ministère s'est également illustrée dans plusieurs dossiers sensibles.
Le rapatriement de milliers de Maliens en situation de détresse, notamment depuis la Mauritanie, l'assistance apportée aux familles confrontées à des drames à l'étranger ainsi que la prise en charge des migrants de retour témoignent d'une volonté affichée de renforcer la protection consulaire. Le ministère estime également que la diaspora contribue chaque année à hauteur de plusieurs centaines de milliards de F CFA à l'économie nationale, justifiant ainsi les politiques visant à orienter davantage ces ressources vers des investissements productifs.
Parallèlement, le département poursuit un important chantier de modernisation des services consulaires grâce à la digitalisation des procédures administratives et au développement des services en ligne.
L'intégration africaine comme deuxième pilier
La mission du département ne se limite pas à la diaspora. Sous la conduite de Mossa Ag Attaher, plusieurs initiatives ont été engagées pour renforcer la coopération régionale, notamment dans le cadre de l'Alliance des Etats du Sahel (AES) et des relations bilatérales avec les pays voisins. Les échanges avec la Guinée ont notamment permis d'enregistrer des avancées sur la libre circulation des personnes et des biens, la réduction des tracasseries routières, la coopération sécuritaire et la facilitation des échanges commerciaux.
Le ministère a également multiplié les actions de sensibilisation à travers la Semaine nationale de l'intégration africaine, mettant en avant les valeurs de solidarité, d'unité et de coopération continentale.
Le Forum international de
la diaspora entre dans
une nouvelle dimension
Après une première édition ayant rassemblé plus de 500 participants venus de plusieurs pays, le Forum international de la diaspora franchit une nouvelle étape.
Prévue du 16 au 18 juillet 2026 à Bamako sous le thème "Diaspora malienne et investissements productifs : bâtir un Mali économiquement fort pour un développement durable", cette deuxième édition ambitionne désormais de transformer les intentions en investissements concrets. L'objectif est clairement affiché : faire du FID une plateforme permanente de rencontres entre les investisseurs de la diaspora, les institutions publiques, les collectivités territoriales, le secteur privé, les banques et les partenaires techniques.
C'est le 2 juillet 2026 que le ministre des Maliens établis à l'extérieur et de l'Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a présidé la conférence de lancement de la deuxième édition du Forum international de la diaspora, un rendez-vous désormais inscrit dans la durée et dans une dynamique de transformation économique nationale.
Depuis plusieurs années, l'action publique s'inscrit dans une conviction claire : la diaspora ne se limite pas à un lien d'attachement. Elle constitue un levier stratégique majeur du développement économique, social et humain du pays.
C'est dans cette perspective qu'a été initié le Forum international de la diaspora, conçu comme un cadre structuré de dialogue, de concertation et surtout d'orientation des énergies et des ressources vers des investissements productifs et créateurs de valeur. La première édition a constitué une étape fondatrice. Elle a permis de mieux identifier les initiatives portées par les compatriotes établis à l'extérieur, de renforcer les passerelles entre les porteurs de projets et les acteurs institutionnels, et de poser les bases d'un accompagnement plus cohérent des investissements de la diaspora. Les acquis enregistrés à cette occasion confortent la pertinence de cette dynamique.
La deuxième édition s'inscrit dans une ambition renforcée. Il s'agit d'aller au-delà de la mobilisation symbolique, en mettant en place des mécanismes concrets de facilitation, d'orientation et de sécurisation des investissements. L'objectif est de bâtir un environnement de confiance durable, propice à la concrétisation des projets et à leur impact réel sur l'économie nationale.
Durant les trois jours du Forum, les opportunités offertes par le pays dans les secteurs prioritaires seront mises en avant, tout en favorisant des échanges directs entre les participants, les institutions publiques, les collectivités, le secteur privé et les partenaires financiers. L'enjeu est clair : transformer les idées en projets structurants et les projets en moteurs de croissance. Des innovations majeures viendront renforcer cette édition, notamment la mise en place de dispositifs d'accompagnement simplifiés, destinés à faciliter les démarches des investisseurs de la diaspora et à accélérer la concrétisation de leurs initiatives.
Le ministre Mossa Ag Attaher s'est dit convaincu que le développement national repose sur la capacité collective à valoriser toutes les compétences, où qu'elles se trouvent, et à mobiliser l'ensemble des forces vives autour d'un même objectif de souveraineté économique et de prospérité partagée. Dans cette perspective, le Forum international de la diaspora s'affirme plus que jamais comme une plateforme stratégique de référence, un espace d'action et de solutions où se rencontrent visions, capitaux et ambitions.
Cette deuxième édition marque ainsi une étape décisive dans la consolidation d'un partenariat renouvelé entre le Mali et sa diaspora, fondé sur la confiance, la performance et la transformation économique durable. Les Diaspora Impact Days 2026, organisés en juin dernier, constituaient déjà une première traduction concrète des recommandations issues de la première édition du Forum. Ils ont permis de créer un espace de mise en relation entre porteurs de projets, investisseurs et structures d'accompagnement, tout en préparant les travaux du FID II.
Série d'audiences fructueuses
Les audiences successives accordées à la Banque mondiale, au Groupe Toguna, à la Chambre de commerce américaine au Mali ainsi qu'à plusieurs partenaires économiques illustrent la volonté du ministre de faire du secteur privé un acteur majeur de cette dynamique.
Avec la délégation de la Chambre de commerce américaine au Mali (Acam), conduite par son président, Hamadoun Cissé, entouré de plusieurs entrepreneurs maliens de la diaspora, les échanges ont essentiellement porté sur les perspectives de coopération économique entre le Mali, sa diaspora et les milieux d'affaires américains. Les responsables de l'Amcham ont présenté la vision de leur organisation, qui fédère des entrepreneurs maliens ayant décidé de mettre leur expérience, leur savoir-faire et leurs investissements au service du développement national. Présents dans plusieurs secteurs stratégiques, ils entendent contribuer à la création d'opportunités d'affaires durables et au renforcement des relations économiques entre les deux pays. Au cours de la rencontre, la délégation a confirmé son intérêt pour le Forum international de la diaspora, considéré comme un cadre privilégié de rencontres entre investisseurs, institutions publiques et acteurs économiques. Elle a également annoncé son intention d'y favoriser une participation significative d'opérateurs économiques et d'investisseurs américains, convaincue du potentiel qu'offre le Mali en matière d'investissement.
Saluant cette démarche, le ministre Mossa Ag Attaher a mis en exergue la contribution déterminante des entrepreneurs de la diaspora dans la dynamique de développement du pays. Il a souligné que les compétences, les réseaux d'affaires et les capacités d'investissement des Maliens établis à l'extérieur constituent un atout majeur pour renforcer l'attractivité économique du Mali et accompagner les ambitions nationales de croissance.
L'audience avec Mme Hawa Cissé Wagué, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et le Mali, a permis de présenter les grandes orientations de ce rendez-vous majeur consacré à la promotion de l'investissement et à la valorisation du potentiel économique de la diaspora malienne. Au cours des échanges, une attention particulière a été accordée à la question de l'investissement productif et aux mécanismes susceptibles de mieux canaliser les ressources de la diaspora vers des secteurs à forte valeur ajoutée. Les discussions ont également mis en lumière la nécessité de renforcer l'impact de ces investissements sur la croissance économique, la création d'emplois et le développement durable.
Mme Hawa Cissé Wagué a salué l'initiative du Forum international de la diaspora, soulignant sa pertinence dans la dynamique de mobilisation des ressources de la diaspora au service du développement. Elle a également réaffirmé l'intérêt de la Banque mondiale pour les réflexions engagées autour de la valorisation des transferts de fonds dans des secteurs stratégiques tels que l'énergie, l'agriculture et le capital humain. Ces échanges traduisent une volonté commune de promouvoir une meilleure mobilisation des ressources, des investissements et des compétences de la diaspora en faveur du développement durable du Mali.
Quant à la rencontre avec Malamine Nantoumé, directeur général de Toguna Motors, elle a permis d'approfondir les échanges sur les orientations stratégiques de ce rendez-vous international, conçu comme un espace de concertation et de convergence entre la diaspora malienne, les institutions publiques et le secteur privé, autour des enjeux liés à l'investissement productif, à la création de richesses et à la transformation économique du pays.
Le directeur général de Toguna Motors a salué une initiative qu'il a jugée pertinente et structurante au regard des défis actuels du développement économique. Il a également mis en avant l'importance de renforcer les passerelles entre les opérateurs économiques nationaux et les investisseurs issus de la diaspora, en vue de favoriser des partenariats solides et durables. Dans cette dynamique, il a réaffirmé la disponibilité du Groupe Toguna à accompagner cette initiative.
Le ministre a, pour sa part, rappelé la volonté des plus hautes autorités de la Transition de faire du FID une plateforme opérationnelle et orientée vers des résultats concrets, où les échanges débouchent sur des opportunités réelles au service du développement national.
Une vision tournée vers le développement
En cinq années, le ministère dirigé par Mossa Ag Attaher aura progressivement déplacé le centre de gravité des politiques migratoires maliennes.
L'approche exclusivement sociale laisse désormais place à une stratégie où la protection des Maliens de l'extérieur, la valorisation de leurs compétences, l'amélioration des services consulaires, l'investissement productif et l'intégration africaine sont pensés comme des leviers complémentaires du développement national.
À travers cette orientation, le ministre entend faire de la diaspora un acteur économique majeur du Mali Kura, convaincu que les millions de Maliens établis à travers le monde constituent bien davantage qu'une communauté expatriée : une véritable force stratégique au service de la souveraineté, de la croissance et du rayonnement du Mali.
El Hadj A.B. HAIDARA