Transition et convention nationale : La démocratie malienne serait-elle en panne sèche ?

16 Mai 2012 - 13:10
Mis à jour: 14 ans
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La démocratie malienne traverse actuellement des moments difficiles. Devenu poussif, le système de gestion du pays n’avance plus correctement, en dépit de deux décennies de pratique démocratique : tel un vieux moteur, il fume et peine à gravir la colline. D’une transition de 40 jours ramenée à un an par la CEDEAO à une convention nationale préconisée par le CNRDRE, en passant par les  sorties en fanfare du Capitaine Sanogo, nombreuses sont les voix qui s’interrogent ouvertement sur la suite des événements. Les temps sont durs, très durs pour la démocratie malienne. Mises en cause : les secousses sociopolitiques dues à la crise du Nord et au  coup d’Etat du 22 mars et qui font trembler les institutions de la République. Face aux faits et à la dure réalité nationale, la junte militaire et ses alliés en sont réduits à quémander des délais supplémentaires pour poursuivre leur « travail ». Sous d’autres cieux, on dirait d’eux qu’ils veulent tout simplement terminer leurs chantiers. Mais jusqu’à quand cette situation va-t-elle se poursuivre? Sauver le Mali à tout prix En fait, c’est la légitimité qui est en train de s’amenuiser comme peau de chagrin. Or la légalité sans un brin de légitimité devient comme une symphonie inachevée, surtout dans un environnement régional aussi mouvant qu’inquiétant. Du reste, dans le contexte malien, il est difficile de ne pas voir une relation de cause à effet entre cette convention nationale  « en pointillés » (qui risque de se terminer en queue de poisson) et cette situation de crise que vit aujourd’hui  le pays de Soundiata Keïta : blocages politiques, militaires sommés de retourner dans leurs casernes, contestation de l’autorité d’Etat par les putschistes qui  estiment qu’il n’y a pas mieux que le Capitaine Sanogo pour diriger la transition... En un mot, la démocratie malienne est essoufflée par les pratiques des putschistes du 22 mars. D’où la nécessité d’une relance pour le bonheur du peuple malien. Les membres du CNRDRE sont aujourd’hui impatients de trouver une porte de sortie de crise : du reste, ils sont devenus si « bizarres » qu’il y a lieu que la CEDEAO les réinterroger : où est-ce qu’ils veulent en venir ? Le Capitaine Sanogo, lui, devrait patienter avant de savoir s’il peut assurer le contrôle du « bateau » Mali) au-delà de la fin légale de l’année de transition. Dans tous les cas, le pays risque d’être dans l’impossibilité de retourner à la normale après ce « clash » du CNRDRE qui a provoqué tout ce « bazar ». Et pour ne rien arranger avec la CEDEAO, les putschistes se sont  invités au débat en renvoyant le Capitaine Sanogo à ses « choux fades » : l’organisation d’une convention nationale. Au Capitaine, il manque encore de l’expérience pour être « au top » : ainsi en ont décidé les «sages». Le peuple devra donc se remettre rapidement au travail s’il ne veut pas voir le pays embarqué dans une aventure compromettante. A l’évidence, les uns et les autres jouent avec le feu. En se gargarisant, comme ils le font, d’une stabilité institutionnelle, les acteurs politiques du pays ont manqué à leur devoir de veille. En se présentant comme le bon modèle, par opposition à ce qui se fait ailleurs, ils ont oublié l’essentiel: la préservation des acquis de la communauté ouest-africaine. En se focalisant sur les détails (mutisme face au rejet d’une année de transition de Dioncounda par le CNRDRE), ils ont laissé filer l’occasion de parfaire l’intérêt des Maliens. Et le pays dans tout cela? Apparemment, cela ne semble pas être la principale source d’inquiétude des putschistes. A l’évidence, ces derniers sont plus préoccupés à rallonger leur fin de règne qu’à autre chose. Mais pour se défendre, le Capitaine Sanogo a ses propres arguments. Préférant répondre aux attaques, il estime qu’il joue un rôle qui dépasse largement le cadre d’un simple chef putschiste. Des  sanctions en vue En se projetant dans la conscience populaire, notamment au sein des couches les plus vulnérables, les membres du CNRDRE revendiquent leur connexion avec la masse. Ce qui leur permet de s’attirer les faveurs des populations. Pendant ce temps, enfermé dans une stricte discipline interne d’intervention et de critiques dont il est difficile de se défaire, le CNRDRE offre à l’opinion nationale le sentiment d’un débat « chloroformé ».Il y a même comme un vent d’anachronisme qui plane désormais en l’air,  et cela, au regard de la tenue d’une convention nationale qui s’annonce. Contraint de retourner dans les casernes depuis le retour à l’ordre constitutionnel, le président du CNRDRE devrait désormais continuer à libérer le Nord du Mali avec ses hommes. Mais avec son obstination pour la vie politique, un problème de cohérence se pose dans les actions de sortie de crise au Mali. Et le hic, c’est que le Capitaine Sanogo  traîne encore le pas. Pour toutes ces raisons, la CEDEAO menace d’imposer de nouvelles sanctions aux putschistes accusés d’empêcher le retour d’un pouvoir civil à Bamako. maliweb.net - Pour la CEDEAO, les militaires qui ont ourdi le coup d’Etat du 22 mars continuent de se mêler d’affaires politiques, malgré leur promesse de se retirer. Ce qui provoque la colère des quinze pays de l’espace. Profitant de la confusion à Bamako, les rebelles touaregs et les islamistes ont pris le contrôle du Nord-Mali. En attendant, la Commission de la CEDEAO précise qu’elle suit de près la situation et ne tolérera pas que certains groupes ou individus prennent la transition malienne en otage. Jean Pierre James

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Commentaires (31)

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Raid 14 ans
CONVENTION Comprendre les vraies raisons La désignation d’un président pour mener une transition au Mali reste le point focal de l’actualité nationale voire sous- régionale. Les ténors faiseurs d’actualité tel que la Cedeao ont jeté l’éponge devant un obstacle peu connu mais presque imaginable de chaque citoyen (CNRDRE), et cela aboutit sur une proposition du capitaine Sanogo pour une résolution « à la malienne » qui consiste à tenir un dialogue national par le biais de l’organisation d’une convention nationale. Convention regroupant les forces vives de la nation, c'est-à-dire, les représentants des partis politiques, associations et autres. La dite proposition me reste incomprises pour les raisons suivantes : 1. Que signifie « résolution à la malienne ? » De quel Mali s’agit-il ? Le terme « résolution à la malienne » nous a été tenu des décennies durant et cela nous mis à l’écart de tout sursaut national, de réalisme face aux défis majeurs qui ce sont posés au peuple malien ; aux maux de ce peuple qui restent ceux de citoyens normaux munis d’une grande volonté de bâtir une nation forte et rayonnante comparable à celle de nos ancêtres. Rappelons-nous de ce que fut l’axe central de la politique de gestion du nord de l’ancien président; le privilège du dialogue qui se fera « à la malienne ». Et cela nous mena à ce que tout le monde sait : la partition du pays. Donc de grâce tachons de mettre cette méthode de résolution dans nos lois et textes qui régiront nos pratiques quotidiennes et cela pour éviter qu’une résolution à la malienne (qui en réalité à son contenu) ne soit pas de vains mots au service de ceux-la, qui souillent notre honneur, notre dignité. A la question de quel Mali s’agit- il ? Je répondrais sûrement, le Mali du sud, tenant pas compte du Mali sous occupation étrangère, avec une population traversant un drame social hors du commun. 2. Les partis politiques et associations, qui sont supposés être des constituants essentielles du peuple malien, hélas ne sont pas représentatifs, pour la simple raison qu’ils sont discrédités aux yeux de la population pour leur gestion du pouvoir depuis Mars 1991. Ce désintéressement de la population amena le CNRDRE à croire à une adhésion du peuple à sa cause. Donc, se baser sur de telles structures sera une manière de restreindre l’opinion du peuple malien sur le problème national rendu « majeur ». 3. L’idée de la tenue d’une convention dans ces conditions de temps et de représentation peut être considéré comme une démission du CNRDRE de la mission quelle s’est assignée de redressement et de restauration de la démocratie. Mais si cela s’avérait nécessaire, voire indispensable; il faut faire un retour à la base, au niveau de nos structures administratives pour le choix de représentants. Au regard de la situation actuelle du Mali; on a l’impression d’être dans deux pays : au sud le Mali, et au nord on ne sait quoi. Mais chose intéressante, toutes les deux parties sont tenues réellement par des hommes armées qui assujettissent la population (majoritaire), avec armes en main, aux pratiques de menaces courantes passant par des tirs de balles en l’air et arrestations arbitraires. Et cette majorité des deux parties se réclament malienne. Au nord, sont au pouvoir des forces étrangères, et au sud les militaires de l’armée régulière. Chose intéressante, les deux pouvoirs se lancent des menaces mais ne se combattent point; à la limite pour se maintenir, acceptent des échanges dites civilisées, au prix d’une libre circulation de personnes et de biens, surtout d’aides humanitaires. Au Mali du sud, la vie va bon train pendant qu’au nord la population privée de toute liberté, soumise à des pillages, viol et vol par des individus se réclamant d’un islam radical qui ne dit pas son nom. Je pense qu’une chose doit être claire pour tous; que le Mali n’appartient à personne et que nul n’est indispensable. Et qu’aujourd’hui les forces ayant usurpé le pouvoir, doivent savoir que la destinée du Mali passe obligatoirement par une mise sur pied, de moyens adéquats pour l’obtention de compromis pour le bonheur du peuple.
DOUM
DOUM 14 ans
Le mali n'a pas besoin d'une convention nationale , sanogo qui demande cette convention , est promu president de cette convention par certains politicards , des mediocres . Aux uns , aux autres , mettons l'interets du pays au de-la de tout et nous verrons que ce genre de rassemblement , n'est pas a l'heure pour le MALI actuelle dont les 2/3 sont detenus par les bandits qui certains sont des maliens . Hors ce genre de rassemblement , rassemblement car faudrait -il que ce muttin la sache d'abord qu'est ce qu'une convention nationale . Certains de ces partisans sont tres fort en definissant le rassemblement ou la convention de sanogo . Il ny a pas lieu de convention sans la demande de la classe politique , la classe politique qui etait present au 26 Mars 1991.
doumiss
doumiss 14 ans
"face à l'incapacité du régime en place pour gérer le nord ,nous avons jugé nécessaire de faire tomber le régime ATT" cher frère demandé a notre brave patriote s'il se souvient encore de cette phrase? si non,souffler le aux oreilles.la parole est sacrée.que Dieu nous donne une meilleure pluviométrie.
Dian
Dian 14 ans
Bamako : situation folklorique et frivole. Si on a empêché ATT de faire les élections à cause de la crise sécuritaire, pourquoi Sanogo se permet de proposer une convention nationale sachant que les 2/3 de la nation sont occupées et que la constitution dit clairement que c'est le président de l'Assemblée nationale qui doit diriger la transition jusqu'à l'élection du nouveau président et que seul un président élu peut remplacer le président de la transition? Franchement certains maliens sont vraiment des ignorants sur tous les plans. Le Mali est le seul pays au monde où on peut venir faire un coup d'état et répartir en toute impunité et sans être inquiété. Quelle médiocrité! Sanogo a mis le Mali à genou, sa propre patrie. Quelle médiocrité. Il a piétiné notre démocratie, il a craché sur notre constitution, il a bafoué toutes nos institutions démocratiques et malgré cela certains maliens continuent à le soutenir. Qu’on ne s’étonne pas qu’il n’y ait plus de liberté d’opinion au Mali. Dommage qu’il existe tant d’ignorance au Mali. Franchement certains maliens exagèrent! Tout le monde est dégoûté de notre comportement. En fait il n'y a pas d'unité au Mali. Pauvre Mali.
sonni
sonni 14 ans
un commentaire que je vous popose Depuis le 22 Mars on assiste sur ce réseau et sur la scène internationale par le biais d'une certaine presse partisane à un tissu de mensonges et de malhonnêteté de la part de personnes qui se sont érigées en défenseur du nord et qui sont contre toute initiative venant des maliens eux mêmes. Ce groupuscule ne ménage aucun effort pour nous faire croire qu'eux sont démocrates, non opportunistes et soucieux de la libération du nord. Quelles sont leurs motivations profondes et que cache ses agissements? Avant le coup de force du 22 Mars ce sont les mêmes personnes qui réclamaient des élections en dépit du fait que l'administration était absente au Nord, avec des centaines de milliers de réfugies et des soldats massacrés à cause l'irresponsabilité de l'Etat et de ces sbires (assemblée nationale, groupuscule, etc..). Aujourd'hui l'argument qu'ils avancent c'est que cette convention n'est pas représentatif du Mali en feignant d'ignorer la situation exceptionnelle comme ils avaient ignoré la crise avant le 22 Mars. Lorsque la CEDEAO prend de façon unilatérale des décisions pour le Mali vous applaudissez, lorsqu'on demande aux maliens de se réunir pour recherchez des solutions vous condamner. Vous méprisez les militaires (vous les avez traité de drogué, de refus de combattre et j'en passe), tout en sachant bien et bel les conditions dans lesquelles cett armée a été défaite, feindre de l'ignorer une fois de plus est de la malhonnêteté. C'est cette même armée que certains de vos élus veulent mettre en conflit avec la CEDEAO en les invitant à venir au nord alors que nul part la CEDEAO n'a manifesté sa volonté de combattre au nord. Et puis pensez vous que les soldats de la CEDEAO vont offrir leurs poitrines aux balles, libérez le nord et l'offrir sur un plateau d'or au Mali et à ses élus du nord qui sirotent tranquillement leur thé? Vous savez aussi que nul part dans le monde, des putschistes ne vont risquer leur vie et offrir sur un plateau d'argent le pouvoir à ceux qui ont contribué à leur défaite au nord, feindre de l'ignorer est cynique. Conclusion Les révolutions arabes nous montrent qu'un système après vingt ans ne peut ni se remettre en cause ni s'effacer pour un ordre nouveau. C'est pourquoi au Mali l'ancien ordre disposant de tous les soutiens extérieurs (CEDEAO, RFI,...) est en train de tout mettre en oeuvre pour sa survie au nom d'une pseudo-démocratie. De mépris en mépris, de cynisme en cynisme ils ne se rendent même pas compte qu'ils sont en train de se faire Hara kiri. L'histoire nous édifiera.
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