In memoriam : Yaya Sangaré n’est plus : Le Mali pleure son homme de presse, son député, son ministre
Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un. Le Mali est en deuil. Yaya Sangaré est décédé ce lundi 29 juin 2026 à l’hôpital Golden de Bamako, des suites d’une courte maladie. Il avait 61 ans.
Une vie au service de la parole, de la Nation et du débat public
Il existe des personnes que l’on ne pleure pas seulement pour les fonctions qu’elles ont occupées. On les pleure pour la place qu’elles laissent dans nos souvenirs. Yaya Sangaré faisait partie de celles-là.
Né le 2 juillet 1964 à Bouaké, en Côte d’Ivoire, il grandit à Yanfolila où il fait ses études primaires. Bachelier série sciences humaines à Bamako en 1983, il obtient en 1987 une maîtrise en Histoire et géographie à l’École Normale Supérieure. En 2012, il décroche un MBA en médias et événementiels à l’École Supérieure de Gestion de Paris, délocalisé à l’ISTA-TechnoLab de Bamako.
C’est d’abord dans la presse malienne qu’il se fait un nom. Professeur de formation, il rejoint le groupe Jamana, pépinière des grandes plumes du journalisme malien. Il y sera chroniqueur aux Échos, directeur de l’Imprimerie Jamana de 1991 à 1993, puis directeur de la radio Jamana de Koutiala. Il présidera également l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres du Mali. Le baobab de la presse malienne, comme l’appelaient certains confrères, aura marqué le paysage médiatique par son engagement pour un journalisme accessible et libre.
De la rédaction à l’hémicycle
Membre fondateur de l’ADEMA-PASJ, Yaya Sangaré entame une carrière politique en 2007. Élu député de Yanfolila jusqu’en 2018, il s’impose à l’Assemblée nationale comme un parlementaire actif. Il préside la Commission Affaires politiques, Paix, Sécurité et Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs à partir de 2015. Il aura aussi dirigé des commissions au Parlement de la CEDEAO entre 2008 et 2015.
Il occupera par la suite les fonctions de *Secrétaire général du Comité exécutif de l’ADEMA-PASJ, de Ministre des Maliens établis à l’extérieur et de Ministre de la Communication.
L’homme avant les titres
Au-delà des casquettes, ceux qui l’ont côtoyé retiennent un homme d’une grande simplicité. Accessible, humain, profondément sociable, il avait cette qualité rare de terminer presque toujours les échanges par une plaisanterie. Sa porte restait ouverte à la discussion, même aux journalistes, dans un métier où les rapports peuvent être tendus.
Ce lundi 29 juin 2026 où le ciel de Bamako était très nuageux avec risques d'orage avec des averses faibles dont les températures étaient comprises entre 27 et 31°C que le ciel s’est assombri sous l’effet d’épais nuages qui ont dressé leur étreinte autour de tous les astres lumineux. Pas de soleil, pas de lune, pas d’étoiles. Le ciel est noir. L’étoile du digne fils de Wassoulou que j’appelais Famadjenthie a cessé de scintiller. Elle a pris les escaliers invisibles qui mènent là-haut. Tu es parti rejoindre tes aïeux, le baobab de la presse malienne et de la scène politique malienne. Donc tu nous a fait un adieu voilé ! dans la clandestinité avec longue maladie cyclique. Mais, Dieu avait déjà programmé les choses à sa guise. Lui l’omniscient, l’omnipotent, il ne se trompe jamais, il sait ce qu’il fait et tout ce qu’il fait est bon. Sa volonté est une loi inviolable, tu as obéi donc à sa volonté. Vas en paix Wassoulouden , Famadenthie ! Puisse le seigneur t’accueillir dans son paradis ! Toute la rédaction de Maliweb.net présente ses sincères condoléances à la famille éplorée.
Que la terre du Mali que tu as tant aimé et défendu te soit légère. Amen.
Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net