Un préalable à la libération des régions nord du Mali : Réconcilier les fils du pays

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Le tout nouveau Premier ministre du Mali, M. Django Cissoko a affirmé dès sa prise de fonction, que ses priorités seront la libération des régions nord de notre pays et l’organisation d’élections libres et transparentes.

Incontestablement, c’est cela qu’il nous faut.

Cependant, pour atteindre ces objectifs, il y a un préalable : réconcilier notre Armée Nationale avec elle-même.

Le Mali a toujours compté parmi les pays de la sous-région ayant une armée efficace et patriote. Et, partout où, sous l’égide de la CEDEAO, de l’UA ou de L’ONU, nos militaires ont été appelés pour le maintien de la paix et de la sécurité, ils ont été présents et auront accompli dignement leur mission.

C’est pourquoi, cette Armée nationale constitue la fierté du Mali et des Maliens.

Mais, la surprise aura été foudroyante pour les Maliens de constater, suite aux événements du nord, que cette Armée là en fait, ne dispose guère d’armements adéquats pouvant lui permettre de défendre notre Patrie. Ce qui a eu comme conséquence, l’occupation, (avec une facilité déconcertante) de toutes les régions du nord par des bandes armées.

Du coup, le moral de nos troupes s’est effondré et, arriva alors ce auquel aucun Malien ne pouvait croire : un coup d’Etat militaire.

Cet événement a été suivi d’affrontements entre les militaires maliens eux-mêmes, et s’est soldé par des morts, des blessés et des arrestations.

Pire, l’armée malienne connaît depuis, une division sans précédent.

Et pour cause. Des officiers supérieurs, des sous-officiers et hommes de rang des plus compétents sont depuis plusieurs mois emprisonnés, torturés et humiliés.

Pendant ce temps, la situation s’empire dans les régions du nord ainsi que dans tout le reste du pays.

Les 6ème, 7ème et 8ème régions demeurent coupées du reste du monde et leurs populations prises en otage par des hommes n’ayant de respect ni pour les vivants, ni pour les morts.

Aujourd’hui, la seule voie pour sortir ces populations de l’enfer, n’est autre (hélas) qu’une intervention militaire d’envergure que le Mali seul ne peut mener.

Devant cette évidence, la CEDEAO, l’UA et certains pays amis s’attellent à avoir le feu vert du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin de déloger les envahisseurs du territoire malien.

Cependant, la victoire ne peut être certaine que lorsque les troupes des pays amis trouveraient sur place dans notre pays, une Armée nationale réconciliée avec elle-même, unie, solide et solidaire.

Ce qui n’est pas le cas (malheureusement) actuellement, car des hauts gradés et des hommes de rang de l’Armée nationale croupissent dans des prisons, lorsqu’ils ne sont pas éparpillés dans la nature, de peur d’être victimes de vengeance ou de règlements de comptes.

La situation au Mali est grave. Très grave.

C’est pourquoi, l’Armée malienne ne peut se donner le luxe d’une division, même si, elle ne concernait cette division, qu’une partie minoritaire.

Le Mali a aujourd’hui besoin de Tous ses militaires sans exclusive, de tous ses fils unis pour défendre la Patrie.

Il faut donc libérer sans autre forme de procès, tous les militaires arrêtés du 22 mars 2012 à ce jour et appeler les déserteurs à regagner leur unité respective.

Il n’y a plus de place pour les règlements de compte ou la vengeance.

L’heure est grave et les intérêts du Mali doivent être mis au-dessus de tout.

Il faut donc effacer les vieilles querelles, les rancœurs et les rancunes et n’avoir qu’un seul But, une seule Foi : la libération du Mali.

 

Boubacar Sankaré

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1 commentaire

  1. LA RÉCONCILIATION NATIONALE, LA NON IMPUNITÉ ET LA COHÉSION NATIONALE SONT INDISPENSABLES POUR RÉSORBER DURABLEMENT LA CRISE MALIENNE.

    EN FRONT UNI APRÈS RÉCONCILIATION ET AIDÉES PAR LES AUTRES (CEDEAO/UA/ONU), LES FORCES DE DÉFENSE ET SÉCURITÉ DU MALI DOIVENT ASSURER LA DIRECTION OU LA CODIRECTION DES OPÉRATIONS AU NIVEAU DU MALI

    Bonjour,
    La réconciliation nationale, la non impunité et la cohésion nationale qui sont indispensables pour résorber durablement la crise au Mali.

    Concernant l’inévitable guerre contre les terroristes, le Mali et ses forces de défense et sécurité doivent jouer un rôle central dans l’élan harmonisé au niveau du Mali et dans les coordinations et harmonisations associées car :

    – l’essentiel de l’opération s’effectuera au Mali,
    – que les forces de défense et sécurité maliennes connaissent mieux le terrain que quiconque et,
    – par devoir, sont plus préoccupées par l’opération pour laver l’affront de l’occupation de leur territoire et pour restaurer l’intégrité territoriale.

    En plus, toute coordination et harmonisation exige des adaptations aux réalités locales (contexte local), que seules les forces du pays concerné connaissent.

    Après tout, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Les autres pourront aider mais l’adaptation au contexte doit être fait localement en liaison avec les autres.

    La coordination de la partie Malienne de l’intervention doit être assurée par les forces de défense et sécurité du Mali avec le concours des autres contingents étrangers.

    Une codirection des opérations au Mali pourra être acceptée surtout concernant les aspects techniques liés aux équipements et moyens techniques (drones, systèmes de renseignements, …) utilisés.

    C’est pour toutes ces raisons que le Mali et ses forces de défense et sécurité doivent jouer un rôle central dans l’élan harmonisé au niveau du Mali et dans les coordinations et harmonisations associées.

    Concernant d’autres zones couvertes par l’intervention et qui ne font pas partie du Mali, le pays auquel appartiennent ces zones assurera aussi la direction ou codirection des opérations.

    Au Mali, pour jouer efficacement ce rôle central dans l’élan harmonisé et dans les coordinations et harmonisations nécessaires, il est indispensable que les forces de défense et sécurité du Mali :

    – soient réconciliées et aient une parfaite cohésion entre elles,
    – aient la confiance, le moral et soient redynamisées en valorisant aussi leurs métiers et leurs salaires,
    – soient bien formées et bien conseillées,
    – se synchronisent et travaillent en harmonie avec les autres (CEDEAO/UA/ONU).

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail : Webanassane@yahoo.com

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