Lettre à grand-père : Le Mali, un labyrinthe !

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« Djinè sokala » ! Sans issue, sans fin ! Pas la bête à 7 têtes qui, c’est après avoir coupé une tête, une autre surgit. Non. C’est sans avoir résolu un problème, on n’en finit pas, un autre surgit. On pense atteindre la solution, ladite piste, se révèle fausse. On découvre une chambre, on tombe dans une autre. Sans lumière et sans chemin propre. Le Mali s’enfonce de plus en plus. Un véritable labyrinthe !

Cher grand-père ! On est allé tellement loin qu’au final, on a oublié c’était quoi réellement le problème. Au tout début, c’était une rébellion. Dieu merci, un accord est trouvé. La rébellion disparait et l’accord devient le problème. On applique ! On n’applique pas ! Des ultra-institutionnalistes s’opposent et disent que renforcer les collectivités locales au détriment du gouvernement divisera le pays. Statuquo. On ne bouge pas.

Pendant ce temps, un djihadisme terroriste prend la relève et secoue le pays au centre et au nord. Mais à Bamako, entre politiques et société civile, les choses sont tendues. L’instabilité politique commence. Des Oui et des Non. La révision  constitutionnelle, le dialogue inclusif, les élections législatives et aussi présidentielles. Tout se joue dans la plus grande difficulté. Chaque jour un nouveau mouvement.

Le problème était connu, c’était le Président IBK et son gouvernement. Il fallait juste les faire partir. Un autre problème est né. Un front est ouvert. Le mariage entre Ultra-démocrates et religieux est célébré au monument de l’Indépendance. La voie est connue, du boulevard, faire tomber un régime démocratiquement élu. IBK tombe. La lutte est militairement parachevée.

C’était attendu, la solution c’était l’armée. Elle est là avec 5 puissants colonels des corps de l’armée. La solution est là. Mais soudain, elle devient le problème. La Cedeao dit niet à l’armée. Mais la Cedeao est là. Et elle devient le problème. Elle veut les élections, les militaires épousent le fauteuil pour le pire et le bon. Alors, un autre problème. On a oublié la rébellion, l’accord et même le djihadisme. On est face à l’embargo de la Cedeao.

La guerre continue. Le problème lui il change chaque jour. Les militaires sont là et le problème, le seul, ce sont les élections. Le retour à l’ordre constitutionnel. On se bat et brusquement, tout change, c’est la France le problème. La France et la Minusma. Il faut faire partir la France et tous nos problèmes prendront fin. L’Ambassadeur, RFI, France24 et Barkhane sont mis en route. On attend la solution.

Elle ne tardera pas. C’est la Russie. C’est elle la solution. Des coopérants russes. Bientôt 10 mois, la solution est là, le problème aussi. Et ça va de mal en pire. Aujourd’hui, l’Etat islamique grandit et occupe le terrain de plus en plus. Tellement pire, grand-père, il n’est pas exclu de voir Iyad et Kouffa avec les FAMa pour ce combat. Il n’est pas exclu. Mais que va-t-il se passé ? Le labyrinthe aura-t-il fin ?

Je ne sais pas  grand-père, et à mardi pour ma 49ème lettre.

 

Lettre de Koureichy

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