Le Ministre Abdoulaye Diop lors de sa rencontre avec les Diplomates au Mali : « Le Gouvernement n’envisage pas de dialogue avec les groupes armés terroristes »

Le Ministre des Affaires Etrangère et de la Coopération Internationale, Abdouaye Diop a rencontré, le jeudi dernier au sein de son Département, les diplomates accrédités au Mali dans le cadre d’une session d’échange d’informations.

12 Mai 2026 - 19:33
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Le Ministre Abdoulaye Diop lors de sa rencontre avec les Diplomates au Mali : « Le Gouvernement n’envisage pas de dialogue avec les groupes armés terroristes »

Au cours de la rencontre, vu la circonstance tragique que le pays vit depuis des attaques simultanées et cordonnées perpétrées par les groupes armés terroristes qui ont fait perdre la vie au Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, feu le Général d’Armée Sadio Camara, le chef de la Diplomatie malienne a clarifié ceci : « Le Gouvernement n’envisage pas de dialogue avec les groupes d’armée terroristes ».

En plantant le décor de cette rencontre, le Ministre Diop a indiqué, qu’elle s’inscrit dans une circonstance particulière relative aux récentes attaques armées contre le Mali, ayant ôté la vie à des civils et militaires, parmi lesquels, le Ministre Sadio Camara.

Dans cette même dynamique, il a souligné que l’alliance entre les groupes terroristes et certains groupes armés opérant dans les régions du nord du Mali ne fait plus l’objet d’aucun doute. Que les intéressés eux-mêmes revendiquent cette coalition maléfique. Une situation qui confirme, dira-t-il, ce que les autorités de la Transition n’ont cessé de répéter depuis l’attaque du bateau Tombouctou le 7 septembre 2023.

« Ensuite, la complexité des attaques, leur coordination et le nombre de terroristes engagés confirment le changement de mode opératoire des groupes terroristes amorcé depuis quelques mois. Ce plan cynique visant à asphyxier l’économie nationale a échoué grâce à la réactivité des forces armées et de sécurité et à la mise en œuvre efficace d’un plan de contingence et de riposte des autorités nationales »a-t-il déclaré. Avant de poursuivre que ces attaques ne sont pas des faits isolés et s’inscrivent dans un vaste plan de déstabilisation du Mali et une tentative de remplacer l’exécutif malien par une horde terroriste issue de cette alliance contre nature. « Ce qui s’est passé le 25 avril ne visait rien d’autre qu’à décapiter le leadership du pays » a dénoncé le Ministre Diop.

Aussi, affirme-t-il, il y avait deux cibles majeures. La première était la résidence du Chef de l’État à Kati. Deux camions piégés ont ciblé cette résidence. L’un s’est explosé après avoir reçu des tirs, le deuxième n’a pas pu exploser grâce à la riposte. La deuxième cible était malheureusement la résidence du ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général Sadio Camara.

Que l’objectif était très clair. S’agissant de remplacer le leadership actuel par des personnalités qui sont à la solde de puissances cherchant à briser la dynamique de refondation du Mali. « Cette volonté ne pourra pas être brisée. Le Mali ne se couchera pas… » a éclairci le Ministre Diop.

Que pour eux, la lutte contre le terrorisme est une guerre hybride, une guerre menée par procuration par certains États contre le Mali et contre les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Avant de signaler que l’attaque d’une mosquée le 25 avril confirme une nouvelle fois que le terrorisme au Sahel est politique et n’a rien d’idéologique ni de confessionnel.

« Le Mali ne reculera pas dans sa détermination à éradiquer le terrorisme sur son territoire et dans l’espace AES, avec le concours du Burkina Faso, du Niger et d’autres partenaires, notamment la Fédération de Russie dont je salue l’action à nos côtés. Notre réponse n’est pas uniquement sécuritaire. Elle est holistique et intègre des dimensions politiques, géopolitiques, sociales et de développement » a-t-il souligné. Puis, il a clarifié que le gouvernement n’envisage aucun dialogue avec les groupes armés terroristes. Qu’en s’alignant davantage avec le groupe affilié à Al-Qaïda, le JNIM a librement choisi de prendre fait et cause pour un groupe extrémiste reconnu comme terroriste par les Nations Unies. En outre, que les autorités maliennes continuent d’accueillir les éléments repentis qui rejoignent le cadre républicain.

« Une enquête a été ouverte par le Procureur de la République près le tribunal militaire de Bamako le 1er mai 2026. Les investigations se poursuivent et force restera à la justice » a rassuré le Ministre Diop.

Mariam Sissoko