GOONGA TAN : Au Sahel, la barbarie ne se cache plus. Elle se revendique.

L'explosion qui a récemment visé un véhicule civil entre deux localités du Mali, au nord du pays, n'est pas un fait divers sécuritaire de plus dans une région déjà soumise à la violence. Elle est un signal.

28 Fév 2026 - 02:36
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GOONGA TAN : Au Sahel, la barbarie ne se cache plus. Elle se revendique.

Un révélateur brutal. Celui d'une époque où des groupes armés jihado-rebelles n'éprouvent plus le besoin de dissimuler leurs crimes, et où une partie du traitement médiatique, par distance ou par confort, finit par accompagner cette brutalisation du réel.

Kidal, un engin explosif improvisé a frappé un véhicule civil, puis d'autres. Aucun convoi militaire. Aucun objectif stratégique. Aucun combat. Juste des civils, leurs outils de travail, et des passagers projetés dans une violence qui ne distingue plus rien ni personne. Des jeunes ont été grièvement blessés. Rien, absolument rien, ne permettait de qualifier cet acte autrement que pour ce qu'il est : une attaque contre des civils.

Pourtant, presque aussitôt, le Front de libération de l'Azawad a revendiqué au moins une opération avec une assurance glaçante, comme s'il s'agissait d'un acte de guerre légitime. Cette revendication n'est ni un accident ni un excès de langage.

Elle s'inscrit dans une logique désormais installée au Sahel : tuer sans retenue, puis raconter sans honte. Frappant des civils, les groupes armés produisent un récit, imposent des mots, travestissent le crime en action politique, sûrs de trouver des relais prêts à diffuser, commenter, analyser.

La revendication est devenue une arme. Une arme narrative. Une arme symbolique. Une arme médiatique. On tue, puis on explique. On détruit, puis on scénarise. On enlève, puis on revendique. Et à force de répétition, l'inacceptable devient quasiment ordinaire. Dans cette grammaire de la violence, un commerçant est rebaptisé "cible logistique", une citerne civile devient un "moyen de ravitaillement ennemi", une usine incendiée est présentée comme un "succès opérationnel". Les chauffeurs, apprentis, manœuvres, convoyeurs, ces hommes sans idéologie et sans armes, disparaissent du récit comme s'ils n'avaient jamais existé.

Ce processus ne concerne pas uniquement le Mali. Au Burkina Faso, les attaques contre des sites miniers, des carrières, des unités industrielles sont trop souvent réduites à des bilans matériels. On compte des installations détruites, des tonnes perdues, des infrastructures endommagées. On oublie les vies. Au Niger, les enlèvements de chauffeurs routiers, de commerçants, de travailleurs humanitaires locaux ou de simples voyageurs sont noyés dans des dépêches dans lesquelles la géographie et la revendication prennent le pas sur l'humain. Les victimes deviennent secondaires, presque anecdotiques.

Au Mali, les routes transformées en pièges mortels par les EEI ont fauché des chauffeurs de camions, apprentis, petits commerçants. Ils ne sont ni combattants, ni stratèges, ni acteurs du conflit. Ils sont pourtant ceux qui meurent le plus au cours de ses dernières attaques barbares et dont on parle le moins.

Ce qui me choque profondément, au-delà des crimes eux-mêmes, c'est la manière dont ces revendications trouvent un écho parfois complaisant dans certains médias éloignés du terrain. Depuis des bureaux confortables, des correspondants lointains et des experts de plateau compilent, cartographient, commentent. Le langage se fait technique, froid, neutre. On parle d'axes, de zones, de dynamiques. La violence est dissoute dans l'abstraction. Les victimes deviennent des données commentées par de véritables "hiboux" depuis des bureaux aseptisés, loin des théâtres d'opération.

Dans ce glissement, le journalisme cesse d'être un contre-pouvoir. Il devient, malgré lui, un relais. Même critiquée, la parole des groupes armés structure le récit, impose ses catégories, dicte l'agenda. Le droit international humanitaire est invoqué comme une formule, rarement comme une exigence incarnée. La distinction entre civils et combattants, pourtant fondamentale, est relativisée, diluée dans une prétendue complexité sahélienne. Comme si la complexité autorisait l'effacement des évidences. Comme si l'exception devenait la règle. Or, à Kidal, il n'y a aucune ambiguïté. Un commerçant. Un véhicule civil. Des blessés sans lien militaire. Tout le reste relève de la manipulation.

Face à cette barbarie revendiquée, il est urgent de réaffirmer une ligne claire : remettre l'humain au centre. En évacuant rapidement les blessés vers l'hôpital de Kidal, les Forces armées maliennes ont rappelé qu'au cœur même du chaos, il existe encore des gestes de protection et de responsabilité. Les victimes ont des noms. Amghar Ag Amourou, chauffeur. Essayant Ag, civil. Ils ont une histoire. Ils ne sont pas des "dommages collatéraux".

C'est précisément ce que les groupes armés cherchent à effacer par leurs revendications. Et c'est trop souvent ce que certains récits médiatiques finissent par accompagner, volontairement ou non. Il est temps de pointer ces pseudo journalistes. Identifions-les et traduisons-les devant les juridictions appropriées.

Informer n'est pas répéter. Informer n'est pas compter des citernes calcinées ni aligner des chiffres. Informer, c'est nommer les morts, rappeler qui était civil, refuser les récits clés en main, déconstruire les revendications au lieu de les amplifier. L'attaque de Kidal, comme les usines incendiées, les civils enlevés, les routes piégées du Sahel, impose une exigence morale et professionnelle : réhumaniser l'information.

Informer, c'est aussi se souvenir des chauffeurs qui ne rentreront plus chez eux.

DICKO Seidina Oumar

Journaliste- Historien-  Écrivain

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Commentaires (8)

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Kankan
Kankan 8 mois
Terrorists not jahadists being according to Islam referring to terrorists as jahadists give honor to their cause. Stupid motherfuckers that give honor to terrorists cause family should be victims to terrorists ruthless plus brutal ways that intend to win war being they know no war have ever been won without victor being ruthless plus after victory declaring to be more humane. For some cause Malian military have taken on what I consider somewhat stupid disposition of deserting being ruthless with replacement of kissing up to terrorists plus their associates. Every former terrorists incorporated to Malian military should have been interrogated by qualified " hunt would would you you.... hunt would would" interrogator to ascertain they hold Malian military disposition high above their former terrorists disposition plus will not betray it. That was not done with only act left near adequate being to not allow former terrorists incorporated into Malian military to hold weapons or combat positions. Is writer of article being extorted by terrorists. His asinine remarks indicate he is being extorted by something. We are our Brothers' keepers. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Kinguiranke
Kinguiranke 8 mois
Seydina Omar Dicko tu as ete très clair, un grand merci et je vais résumer ce que tu as dit: le Front de Liberation de l' Azawad tue des dizaines voir des centaines de civils dans des camions de transport, fait des photos de ces scenes horribles avec un narratif qui est envoye a RFI, France24, Jeune Afrique, TF1, RTL, etc pour être repris par ces media impérialistes de France et la dite communauté internationale, l' Union Europeenne et l' ONU ne condamnent pas. La guerre de l' information continue contre le Mali et les tueries barbares des civils par les Groupes Armes Terroristes sont célébrées en Algérie, en France, a Bruxelles, en Ukraine et a Washington DC les sponsors ignobles et genocidaires du terrorisme dans le Sahel!
zoumba
zoumba 8 mois
Mon dieu, quel imbecile sans cervelle ce Kingui! Sa betise est sans limite.. À son âge c'est vraiment incroyable....
sangare
sangare 8 mois
"Au Sahel, la barbari ne se cache plus, elle se revendique". C'est une vérité éclatante!!! Le coup d'Etat inscrit dans les constitutions comme CRIME IMPRESCRIPTIBLE est un acte de barbari d'une intensité inégalable. LES TENANTS DU POUVOIR ONT MONTRÉ LE CHEMIN. Prendre un vieux de presque 80 ans, IBK, et l'amener dans un camp militaire, l'obliger à démissionner est acte de barbari éhonté pour des officiers chargés de sa sécurité auxquels il a placé toute sa confiance. Aller chercher un vieux militaire à la retraite, l'installer à la présidence de la transition, ensuite moins d'une année l'écarter du pouvoir au motif fallacieux qu'il est soumis à la France est un acte de barbari nauséabond. Aller chercher les mercenaires russes les orienter au centre du pays pendant que les habitants des différents villages sont réunis pour faire des marchés, tirer sans discontinue au seul motif qu'il y a parmi eux des JIHADISTES est un ACTE DE BARBARI INQUALIFIABLE. LE MASSACRE DE MOURA VA POURSUIVRE LES CINQ COLONELS JUSQUE DANS LEURS TOMBES. C'est l'équivalent des assassinats des BERETS ROUGES pour SANOGO et ses camarades. Arrêter un ancien chef de gouvernement, SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA, le placer en détention parmi les détenus, dans une chambre de plus de dix personnes, sachant qu'il est malade, qu'il a dépassé la soixantaine, est un ACTE DE BARBARI ÉHONTÉ car il s'agit d'un assassinat prémédité. SBM ne méritait pas la prison avant sa condamnation. CET ACTE DE BARBARI QUI CONSISTE À PLACER LES HAUTES PERSONNALITÉS EN PRISON ALORS QU'ILS NE SONT PAS JUGÉS SE MULTIPLIT AVEC ASSIMI GOITA ET SES CAMARADES. Quand on lutte contre la corruption, on se met à sanctionner,à juste titre, les agents pour avoir encaisser 500f,1000f à la place des taxes qu'on devrait déposer dans les caisses de l'Etat ,en fermant les yeux sur des milliards détournés par les tenants du pouvoir, on ne lutte pas contre la corruption, on fait plutôt de la POLITIQUE PROPAGANDISTE. En insistant sur les actes des terroristes alors qu'ASSIMI GOITA et ses camarades font pire quotidiennement comme placer le sac dans les têtes des citoyens, les diriger dans un endroit inconnu pour ensuite les torturer,on fait de la POLITIQUE PROPAGANDISTE,non du journalisme.
Kinguiranke
Kinguiranke 8 mois
Malankolon den ani Fasomandjugu den! Djugu sago den!
Kinguiranke
Kinguiranke 8 mois
Seydina Omar Dicko tu as ete très clair et je vais resumer ce que tu as dit: le Front de Liberation de l' Azawad tue des dizaines voir des centaines de civils dans des camions, fait des photos de ces scenes avec un narratif qui est envoye a RFI, France24, Jeune Afrique pour être repris par les media imperialistes de France et la dite communaute internationale, l' Union Europeenne et l' ONU ne condamnent pas. La guerre de l' information continue contre le Mali et les tueries barbares des civils par les Groupes Armes Terroristes sont celebrees en Algerie, en France, a Bruxelles, en Ukraine et a Washington DC les sponsors ignobles et genocidaires du terriorisme dans le Sahel!
zoumba
zoumba 8 mois
Mon dieu, quel imbecile sans cervelle ce Kingui! Sa betise est sans limite.. À son âge c'est vraiment incroyable....
Citoyen malien
Citoyen malien 8 mois
La bêtise sans limite de Kingui …
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