PERSPECTIVES 2007 : Des hommes politiques pris en flagrant délit de trahison

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Depuis 2002, la scène politique du Mali vit une situation inédite. Il s’agit du consensus tant salué, à l’époque, par la majorité de nos concitoyens et même au delà de nos frontières. Finalement, ce qui devait, en principe, rassembler les Maliens les a plutôt divisé par la faute des hommes politiques qui l’ont mal interprété.

omme nous l’écrivions dans notre précédente parution au Mali, politique rime la plupart du temps avec trahison, escroquerie, vol en tout genre, traîtrise etc. C’est ce en quoi se sont convaincus, depuis l’avènement de la démocratie dans notre pays, la majorité de nos concitoyens. Comme nous l’écrivions dans la même parution, ils sont déçus des hommes politiques qui ont mangé leur dignité à cause de leur ventre. Leur seul souci, c’est de se faire une place au soleil et de se remplir l’estomac. Aucune préoccupation par rapport au bien-être des populations.

La classe politique malienne, composée d’hommes et de femmes totalement disqualifiés, a besoin d’être entièrement renouvelé. Tous ceux qui ont, en tout cas, participé à la gestion du pays depuis l’avènement de la démocratie pluraliste dans notre pays. Principalement ceux de la dernière décennie. Ce dont ils manquent le plus, c’est la crédibilité, l’honnête et le sens du patriotisme. Leur seul souci, c’est d’abord et prioritairement leur intérêt personnel et non celui du Peuple (qui en principe devait être leur seule et unique raison d’être). Depuis plus de dix ans, ils ont montré leurs vraies faces. En clair, depuis l’avènement d’Alpha Oumar Konaré au pouvoir, le Peuple a compris qu’il a été utilisé et manipulé par une poignée d’hommes politiques prêts à tout pour prendre d’assaut la colline de Koulouba. C’est pourquoi, les Maliens ont assisté, impuissants, à toutes sortes de bassesses, toutes sortes de trahisons et de coups bas, pour le pouvoir.

Cette attitude déshonorante a atteint son point culminant quelques années avant la fin du second mandat d’Alpha. Sentant la fin du règne Konaré prochaine, les hommes politiques maliens se sont littéralement métamorphosés. On a vu des ambitions (dont certaines étaient des plus farfelues émergées), de tristes inconnus se sont transformés en grands bavards rien que pour marquer leur présence. Des responsables qu’on n’avait jamais vus auparavant au devant de la scène ont élu domicile dans les rédactions. Tout cela pour dire : " Moi aussi, je suis là ! ".

C’est le parti au pouvoir, lui-même, l’Adema-Pasj, à l’époque qui a donné le ton. A moins de deux ans de la fin du second mandat de l’ancien président de la République, les clans ont commencé à naître. Qui pour contrer les velléités de " candidature naturelle " d’IBK le président du parti, qui pour soutenir cette candidature qui était du reste contester (pour des raisons qu’il est le seul à savoir) par le président Alpha lui-même.

Pendant plusieurs mois, les deux camps se sont livrés un combat sans merci aboutissant à un congrès extraordinaire qui finalement a eu raison d’IBK en portant Dioncounda Traore à la tête du parti. La ficelle était trop grosse pour passer. Chacun a vite fait de comprendre d’où était venu le coup, comme l’avait si bien dit, en son temps, IBK lui-même. C’est de Koulouba, sans nul doute, que tout était parti. Chez Alpha, c’était du tout sauf IBK à Koulouba. Il organisa donc la cabale et débarqua ce dernier. Le dernier jour du congrès extraordinaire, alors qu’il devait voyager pour participer à une rencontre de l’UEMOA, tôt le matin, Alpha convoqua certains ténors de la Ruche opposés à IBK (Soumaïla Cissé, Soumeylou, Mme Sy, Ousmane Sy etc.) pour les imposer Dioncounda Traoré que les militants avaient commencé à contester le même jour.  

Hommes politiques " écrans "

Dès sa prise de fonction, le nouveau président du PASJ a donné raison à ses détracteurs. Ceux qui pensaient qu’il n’avait pas la carrure nécessaire, qu’il n’était pas assez poignant, encore moins courageux pour diriger les abeilles n’avaient pas tort. Il n’a fait que défendre la position de celui à qui il doit sa place, celui qui l’a imposé à la tête de l’Adema, à savoir Alpha Oumar Konaré. Incapable de rassembler, il a laissé le parti se casser pour une histoire de candidatures parallèles alors que c’est lui-même qui a dirigé (et soutenue l’idée) la convention qui a désigné Soumaïla Cissé comme candidat légitime du parti. Dioncounda a été incapable de convaincre, et de faire accepter, aux militants une décision prise par une instance régulière du parti. Comme s’il préférait l’Adema divisée (c’était une idée de son mentor Alpha) il aurait même encouragé certaines attitudes au sein des abeilles. Ce n’est pas tout, après les élections législatives de 2002, il a été de ceux qui ont tout fait pour que l’Adema n’aille pas dans l’opposition préférant s’aligner derrière ATT qu’ils avaient auparavant déjà soutenu, comme si c’était le candidat du parti. Il est aussi de ceux qui se battent tous les jours pour faire accepter au Peuple Adema l’idée de soutenir la candidature d’ATT en 2007. Une décision qui risque, cette fois-ci, de causer sa perte et anticiper sa retraite politique.

Dioncounda est de ceux qui ont trahi leur parti et le peuple malien avec. Car, comment expliquer qu’un chef de parti dont la formation bénéficie de l’argent du contribuable (les impôts et taxes que nous payons) dise des années avant des élections que son parti ne présentera pas de candidat et qu’il soutiendra un candidat qui ne s’est encore même pas déclaré. S’il est vrai que la raison d’exister d’une formation politique est la conquête et l’exercice du pouvoir (ce qui est incontestable), des responsables comme Dioncounda doivent répondre de l’utilisation que leur parti fait de l’aide publique qui leur est annuellement accordée.

En matière de trahison, l’Adema est, à n’en pas douter, championne. En effet, le président du parti n’est pas le seul qui traîne dans cette nasse. Lui et plusieurs de ses cadres, qui excellent en matière de trahison, devraient avoir honte de réclamer leur appartenance à un quelconque parti politique. Il s’agit principalement, des ministres qui siègent au gouvernement au nom des abeilles. C’est-à-dire le ministre de l’Agriculture Seydou Traoré et celui du Plan Marimantia Diarra. Ainsi que d’autres responsables aujourd’hui perchés dans les hautes sphères de l’administration grâce à leur étiquette " abeille ". C’est sur une liste Adema que ceux-là ont été choisis pour occuper les fonctions qui sont les leurs aujourd’hui. Malheureusement, surtout en ce qui concerne les ministres, depuis le premier conseil auquel ils ont participé, ils sont devenus Mouvement Citoyen et ne jurent qu’au nom d’ATT. Est-ce des hommes politiques ceux-là ? Comment peut-on pousser la trahison jusqu’à ce niveau ? C’est quand même grâce à l’Adema qu’ils sont dans le gouvernement. Même si au Mali, la transhumance politique, même au sein du gouvernement, est une chose à laquelle on est habitué, il serait bon quand même que ceux qui parlent en nos noms gardent un certain honneur, aient le minimum de dignité et une certaine crédibilité. Ce qui n’a malheureusement pas été le cas de certains ministres qui sont allés même trop loin en démissionnant purement et simplement de leur formation d’origine au profit de leur poste gouvernemental. Il s’agit de Mme Berthé Aïssata (qui a eu le sort que l’on connaît) et plus récemment encore Mme Maïga Zéïnab Mint Youba (qui connaîtra, sans nul doute, le même sort). Finalement, il faut qu’on sache que l’on ne peut pas rester éternellement dans un gouvernement.

La politique  prend le pas  sur le social

Les deux termes " faire de la politique " et " soutenir " ont été tellement galvaudé dans les esprits de nos hommes politiques qu’ils ne travaillent même plus à force de vouloir montrer à tous qu’ils soutiennent ATT. Que tout le monde est du reste obligé de respecter et soutenir tant que c’est de l’intérêt du Mali qu’il s’agit. Cependant chez nos hommes politiques, le Mali, ils n’en ont rien à faire. Tout ce qui les intéresse, c’est eux-mêmes, ATT n’étant, en réalité, qu’un passage obligé pour eux. Sinon comment expliquer l’attitude de certains membres du gouvernement parmi les plus proches du président de la République qui, au lieu de travailler pour lui, comme ils le déclarent en toutes les occasions, n’agissent que pour leurs propres intérêts.

Le ministre de l’Energie Hamed Diane Semega par exemple. Comment comprendre que pendant qu’il est présent à tous les meetings de soutien à ATT, certains quartiers de la capitale Bamako manque d’eau potable. Il suffit de faire un tour à Kalanba-Coura, dans certains quartiers périphériques de la Commune I pour ne citer que cela. Dans un pays qui se respecte, le minimum que l’on doit à la population, c’est de les procurer à manger à un prix modique et les fournir de l’eau potable, quelque soit le prix. Semega est de ceux qui ont tout fait pour résilier le contrat de Saur-International.

Pour quoi faire après. Rien ! Ou plutôt si, pour ne rien investir. A part quelques groupes électrogènes dont personne ne sait combien ils vont duré acheté à des milliards de la façon dont on connaît (les dessous de table), depuis le départ de Saur EDM est resté en l’Etat.

Pire, au Mali le prix du riz n’a jamais atteint le montant actuel depuis plusieurs années, cela au moment même où on parle de social ou le ministre Choguel tente par tous les moyens de faire accepter à son parti un éventuel soutien à ATT en 2007. C‘est ce qui lui prend tout son temps en fait.

Makan KONE

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