Embargo politique et médias : Eprouvantes vaches maigres !

Le quatrième pouvoir se meurt faute d’actualité politique, lecteurs, téléspectateurs et autres abonnés se font désespérément rares…

7 Sep 2026 - 09:38
7 Sep 2026 - 08:55
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Embargo politique et médias : Eprouvantes vaches maigres !

La plupart des lecteurs des journaux sont des cadres, militants et sympathisants des formations politiques. Ils s’abonnent ou achètent les journaux justement pour, le cas échéant, y déceler les analyses  et comptes rendus de l’actualité politique, qui permet de mieux s’imprégner des réalités du pays. Idem pour les téléspectateurs et les auditeurs de radios, dans une moindre mesure.

En effet, puisque les médias n’ont plus de contenus portant sur le fonctionnement de la classe politique, ils apparaissent comme « sans intérêt » au sein de l’opinion publique. Ce qui fait que la mévente est criarde surtout pour la presse écrite. Car, la paresse de lire était déjà une réalité poignante dont souffraient déjà les titres de la place. Vient s’y ajouter cet environnement sans politique doublé d’une liberté de ton, réduite par une sorte d’épée de Damoclès que constitue la loi sur la cybercriminalité.

C’est ainsi que presque tous les médias audio-visuels ont suspendu les émissions interactives, les débats télévisés dont les thématiques ont des connotations politiques ou des sujets portant sur les droits humains, la crise sécuritaire, le terrorisme, la vie chère, etc.

Faut-il rappeler que les pouvoirs publics ont tendance à canaliser les opinions vers une «communication patriotique» à relent « souverainiste », qui finit par atteindre ses limites en termes d’audience. Car, cette déclinaison conduit vite à une forme de lassitude et une culture de la monotonie. Ce qui n’exerce aucune attraction sur les potentiels lecteurs, ou téléspectateurs.

Or, c’est lorsque les médias sont riches en contenus diversifiés, dont la politique en place de choix, que le secteur publicitaire (les entreprises et autres annonceurs) s’y bouscule pour y acheter des pages et espaces. En l’absence de ce contenu attrayant, les médias s’étiolent. Ceux-ci finissent par mettre la clé sous le paillasson ou à procéder à des licenciements économiques, pour résister à cette période terrible des vaches maigres.

Il urge que le pays renoue avec sa normalité institutionnelle, pour que le quatrième pouvoir se relève dans l’intérêt des forces vives, qui seront mieux informées et aussi du secteur privé, bref de tous.

 

Boubou SIDIBE/maliweb.net