Journaliste : Le journaliste n’est pas l’ennemi de la stabilité, il en est l’un des piliers

Là où le journaliste est disqualifié, le mensonge prospère

16 Fév 2026 - 12:26
5
Journaliste : Le journaliste n’est pas l’ennemi de la stabilité, il en est l’un des piliers

Aujourd’hui, au Mali, plus que jamais, le combat pour la souveraineté et la stabilité, passe aussi par la défense d’un journalisme fort, indépendant et engagé contre la désinformation.

Dans le Mali en transition, l’information est devenue un enjeu stratégique majeur. A l’heure où le pays affronte simultanément l’insécurité, la recomposition géopolitique, les tensions sociales et la pression informationnelle venue des réseaux sociaux, la bataille pour la stabilité ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire ou diplomatique. Elle se joue aussi, et de plus en plus, dans l’espace médiatique.

Dans ce contexte fragile, le journaliste malien est souvent présenté à tort comme un facteur de trouble, un empêcheur de gouverner, voire un relais de forces hostiles. Cette lecture est non seulement réductrice, mais dangereuse. Car le journaliste n’est pas l’ennemi de la stabilité nationale ; il en est l’un des piliers essentiels.

Une société privée d’une information fiable est une société livrée aux rumeurs, aux manipulations et aux fake news. Lorsque la parole professionnelle est affaiblie, ce sont les discours extrémistes, les campagnes de désinformation et les narratifs malveillants qui occupent le vide. Le silence imposé n’apaise jamais les crises ; il les aggrave.

Depuis le début de la Transition, de nombreux journalistes maliens ont fait le choix de la responsabilité. Ils ont résisté à la tentation du sensationnalisme, refusé la manipulation émotionnelle et combattu, souvent dans l’ombre, les intox diffusées à grande vitesse sur les plateformes numériques. Ils ont pris des risques, parfois au prix de leur sécurité, pour vérifier les faits, contextualiser l’actualité et préserver la cohésion sociale.

Mais cet engagement a un prix. Restrictions d’accès à l’information, climat de suspicion, pressions administratives, poursuites judiciaires ou intimidations informelles fragilisent le travail journalistique. Or, une presse sous contrainte ne peut jouer pleinement son rôle de vigie démocratique et de rempart contre la désinformation.

Autorités de la Transition, aidez-nous à vous aider

Aidez les journalistes à faire barrage aux fake news en facilitant l’accès aux données publiques. Aidez-les à soutenir l’effort de stabilité en protégeant la liberté de la presse et la sécurité des professionnels des médias. Aidez-les en acceptant la critique comme un outil de régulation, non comme une menace à l’autorité de l’Etat.

La stabilité durable se construit dans la transparence. Elle repose sur la confiance entre gouvernants et gouvernés. Et cette confiance passe nécessairement par une information crédible, pluraliste et professionnelle. Là où l’Etat communique peu ou mal, la rumeur s’installe. Là où le journaliste est disqualifié, le mensonge prospère.

Il est temps de sortir de la logique d’affrontement stérile entre pouvoir et médias. Le Mali a besoin d’un pacte clair entre les autorités et la presse : un pacte fondé sur le respect mutuel, la responsabilité et l’intérêt supérieur de la Nation. Une presse libre n’est pas une presse hostile. Une presse critique n’est pas une presse antipatriotique.

Aujourd’hui, plus que jamais, le combat pour la souveraineté et la stabilité du Mali passe aussi par la défense d’un journalisme fort, indépendant et engagé contre la désinformation.

Autorités de la Transition, aider les journalistes, c’est aider le Mali.

 

Djibril Diallo

 

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (6)

User
BOYCOTT CANAL+/BOLLORÉ!
BOYCOTT CANAL+/BOLLORÉ! 8 mois
MESSIEURS DAMES IL FAUT BOYCOTTER CANALPLUS ET EN PARTICULIER LE GROUPE BOLLORÉ, VESTIGE DE LA FRANÇAFRIQUE CONTINUE SES MANIFESTATIONS XENOPHOBES ET PREND LESBON FRANCAIS POUR DES SERPILLIERES!
Kinguiranke
Kinguiranke 8 mois
Karamoko befo tu as bien vu, est-ce que nous devons appeler ceux ci des journalistes! Tout ce qu' ils savent faire c' est de prendre des FCFA des politiciens Maliens corrompus formates par la FrancAfrique pour ecrire des torchons!
Karamoko bèfo
Karamoko bèfo 8 mois
Ou est le lien entre cet article et la photo du footballeur ?
Censure
Censure 8 mois
Les autorités de la transition ont fait le choix de faire taire les journalistes par la prison, la censure, l'interdiction, l'expatriation et les menaces. Youssouf Sissoko est en prison depuis Dix jours. Les autorités de la transition manipulent l'opinion par des informations fausses ou trafiquées, les journalistes sont un obstacle contre cette manipulation, une gène. Aucun journaliste n'est autorisé à faire une enquête dans les zones de combat. toutes les enquêtes promises après des massacres de civils se sont limitées à de simples annonces. Tous les jours on annonce des frappes par des drones entrainant des dizaines de morts et jamais de noms de personne. On se contente de lâcher des bombes sur tout regroupement sans jamais chercher à identifier les victimes qui sont pourtant des maliens. Les plus de 300 morts civils du marché de Mourha n'ont pas eu droit à une enquête ni même à une identification. L'injustice entrainant l'injustice, le massacre des civils innocents entrainant la soif de vengeance des combattants terroriste.
Kinguiranke
Kinguiranke 8 mois
Djibril Diallo un autre journaliste vegetatif sans ethiques et sans deontologie!
Madouni
Madouni 8 mois
Comme Gaoussou à dit, toi tu es mal né issu de la dernière génération.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (138)
  • Nfp (61)
  • Kankan (40)
  • Citoyen du monde (36)
  • Sylla (22)