Plan Triennal contre les cancers du sein et du col de l’utérus : Les parties prenantes en conclave pour sa validation
Dans le cadre de la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus au Mali, Médecins Sans Frontières (MSF) et le Ministère de la Santé et du Développement Social ont collaboré pour élaborer un Plan Triennal (2026-2028) intitulé Projet Oncologie.
L’atelier de présentation et la validation dudit plan s’est tenu le mercredi 24 juin 2026 dans la salle de conférence du Ministère de la Santé, réunissant plusieurs acteurs impliqués sous l’égide du Conseiller Technique Bouyagui Traoré et de la représentante de MSF, Alima Juliette Laure Menima, ainsi que du Directeur général de l’ONASR, Dr Ben Mouaye.
Le Plan Triennal du Projet Oncologie est le fruit d'un long processus de synergie entre MSF et le département de la Santé. Il a été élaboré par des experts de la santé et d'autres acteurs engagés dans la lutte contre ces cancers lors de différents ateliers organisés à Bamako en novembre et février derniers. Lors de cette rencontre, le document a été présenté aux participants, qui comprenaient des professionnels de la santé, des représentants d'associations de lutte contre ces cancers, ainsi que d'autres experts impliqués.
Au cours de son intervention, la représente de MSF a salué cette rencontre illustratrice de la continuité de leur partenariat engagé depuis 2018 avec le ministère de la Santé, tout en indiquant leur objectif commun consacré à améliorer l’accès des femmes maliennes au dépistage, au diagnostic et au traitement des cancers du sein et du col de l’utérus.
Poursuivant, elle a dressé un état des lieux de la lutte conjointe, indiquant des résultats prometteurs. Depuis 2018, le nombre de diagnostics précoces du cancer du col de l'utérus a été multiplié par 16 entre 2019 et 2022, et le taux de survie des patientes atteintes de cancer du sein a considérablement augmenté, passant de 15 % à 72 % à trois ans, a-t-elle indiqué. Notant que ces avancées soulignent l'importance de la coopération entre les différents acteurs de la santé.
« Le plan que nous présentons aujourd'hui poursuit cette dynamique à travers six axes stratégiques : la surveillance épidémiologique, la prévention et le dépistage précoce, le renforcement des capacités diagnostiques, l'amélioration de l'accès aux traitements, le développement des soins de support et palliatifs, et la gouvernance du dispositif. L'objectif général est d'augmenter d'au moins 25 % d'ici 2028 la proportion de patients bénéficiant d'une prise en charge précoce et équitable dans le district de Bamako et ses environs », a déclaré Alima Juliette Laure Menima.
Elle a ensuite précisé que la mise en œuvre des activités prévues pour la période 2026-2028 représente un coût estimé à 1 383 811 008 FCFA pour MSF, et selon ses dires, ce budget est principalement alloué à l'accès aux traitements spécifiques (73 %), suivi par la prévention et le dépistage (environ 12 %), mais seulement 0,32 % pour la surveillance épidémiologique. De plus, la représentante de MSF, a souligné la problématique de l’insuffisance des espaces disponibles au CHU du Point G pour l'accueil des patientes dans le service d’hémato-oncologie. Notant qu’ avec leur ambition commun de doubler le nombre de patientes prises en charge d'ici 2028, il serait donc impératif d'augmenter rapidement la capacité d’accueil pour répondre à la demande croissante.
Quant à Bouyagui Traoré, il a insisté sur l’importance de l’ implication collective dans l’approbation et l’exécution du Plan. Et, soulignant qu’avec plus d’un milliard à investir dans sa réalisation, Monsieur Traoré a déploré que la surveillance épidémiologique soit le parent pauvre du Plan, avec seulement 1 %. Aussi, il a demandé un rééquilibrage du nouveau plan, en appelant l’ONASR à accorder une attention particulière à la surveillance épidémiologique afin qu'une part significative soit allouée à ce domaine. De plus, il a invité à un travail collaboratif entre l’ensemble des secteurs public et appelé à la mise en place d’un Comité pour la mise en œuvre optimale de ce Plan, ce au bénéfice de la population malienne.
Par ailleurs, il n’ a pas manqué de remercier MSF pour son engagement, ainsi que le CHU du Point G pour son travail remarquable sachant que la prise en charge des patients est coûteuse, le représentant du ministre a assuré de leur soutien, tout en formulant les vœux du pari de la mobilisation les fonds nécessaires. Pour sa part, la représentante de MSF a réaffirmé l’engagement aliwebde son organisation aux côtés du Ministère pour accompagner cette réflexion autour des stratégies de financement.
Khadydiatou SANOGO/maliweb.net