Adame Ba Konaré : L’ex Première dame

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Nous consacrons le deuxième numéro de la nouvelle rubrique Femmes célèbres à une figure très connue sur la scène politique et de l’intelligentsia malienne. Elle s’appelle Adame Ba Konaré, historienne émérite, femme de combat et d’émancipation, femme de culture et de tradition, ex première dame de 1992 à 2002. Suivons ensemble son portait :

L’épouse d’Alpha Oumar Konaré, premier Président du Mali véritablement démocratique, est une personnalité très respectée du milieu intellectuel.  Adam Ba Konaré, puis que c’est d’elle qu’il s’agit, la désormais ex première Dame du Mali, est entrée dans les annales de l’histoire moderne de son pays. Elle est née à Ségou le 1er Mai 1947 .Elle est écrivain et professeur d’histoire. Intellectuelle et féministe, elle a été de tous les combats pour l’émancipation de la gente féminine en générale et de la femme noire en particulier. Titulaire d’un doctorat en histoire, elle a enseigné de 1976 à 1992 à l’Ecole Normale Supérieure de Bamako où elle a dirigé le département d’Etudes et de Recherches d’histoire –géographie, de 1981 à 1984 ; elle a été inspecteur général en 1992, année de l’élection démocratique de son mari Alpha Oumar Konaré à la présidence du Mali. Ce dernier a été également à la tête de  l’union africaine. Pendant ses dix années comme première Dame du Mali elle a participé aux débats démocratiques. Pionnière ; comme son époux  du mouvement démocratique malien, Adame Ba Konaré a été l’une des figures emblématiques de l’avènement de la démocratie aux côtés de son mari. Elle est à l’initiative de la création du Musée de la femme Muso Kunda à Bamako, elle  en assure d’ailleurs  la présidence. Pour la première fois en Afrique, une femme de son rang a décidé, par tempérament autant que par conviction, de nous livrer, au fil des pages, son opinion profonde sur les mutations du continent. Ces 46 textes, malgré les différences de période et de contextes, respirent une unité indéniable ; ils nous interpellent sur les problèmes aussi pressants que graves comme l’exclusion progressive de l’immense masse des plus fragiles, l’infériorisation continue de la femme à revers de son rôle économique et social incontournable, la résurgence inquiétante d’une certaine forme de barbarie aux portes du 21ème siècle, avec son lot d’expatriés, d’affamés et de désespérés, le renouvellement de la problématique de l’unité africaine. Ses principales activités en tant que première dame ont été entre autres la lutte contre l’exclusion et l’aide aux déshérités à travers la fondation Partage qu’elle a créée et qu’elle dirige. Femme de combat ; intellectuelle engagée ; elle a participé aux côtés d’autres leaders et intellectuels  au panel pour apporter une réponse cinglante aux propos condescendants et falsificateurs de l’histoire, tenus par l’ancien Président français Nicolas Sarkozy. Elle va même jusqu’à faire un document rectificatif ou tout simplement  une petite  remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy.  Adame Ba a  à son actif d’autres œuvres tout aussi importantes les unes comme les autres, telles que : Sonni Ali Ber, Etudes Nigériennes n°40, 1977 ; Soundjata, fondateur de l’empire du Mali, nouvelles Editions africaines, 1983 ; Grandes dates du Mali en collaboration avec Alpha Oumar Konaré ( EDIM), 1983 ; L’Epopée de Ségou, Da Monzon un pouvoir guerrier, Editions Pierre Marcel Favre, 1987 ; Dictionnaires des femmes célèbres du Mali, Editions Jamana, 1993 ; Ces mots que je partage : Edition Jamana, 1993 ; L’os de la parole, cosmologie du pouvoir, présence africaine, 2000 ; Parfums du Mali,  Cauris, 2001 ; Quand l’ail se frotte à l’encens, présence africaine 2006. Adame Ba Konaré n’est plus à présenter dans les milieux scientifiques. Sa notoriété a été, de longtemps assise sur une riche publication en histoire, sa discipline, mais aussi sur l’approfondissement continu d’un combat sans évoque sur la cause des femmes et la quête incessante d’une approche dynamique des cultures africaines.

Oumou Sissoko (Stagiaireà

Source : L’ALTERNANCE

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1 commentaire

  1. Docteur en histoire et adepte de perruques… Si à cela on ajoute le goût prononcé pour la dépigmentation, chose assez notoire pendant son sejour à Koulouba, il n’y vraiment pas de quoi pavoiser. Oh, quelle fierté ! Ou plutôt “pazor” comme diront les Russes…

    Pensées rebelles.

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