Chronique satirique: Ladji Bourama au pays des juges

01 Déc 2015 - 12:31
Mis à jour: 11 ans
76
Chronique satirique: Ladji Bourama au pays des juges
Jeudi 26 novembre 2015 se tenait, à Bamako, la cérémonie de rentrée des cours et tribunaux. Comme d'habitude, elle était placée sous la présidence de Ladji Bourama qui, pour rien au monde, n'eût raté pareille fête. C'est, en effet, devant une assemblée du genre qu'il pouvait parler librement en latin et en grec avec quelque espoir de se faire entendre. Mais voilà: Ladji est venu avec deux heures de retard (excusez du peu!). Vêtu d'un abacost gris (sans le chapeau melon, cette fois-ci), le président de cérémonie était flanqué de deux hommes que vous ne soupçonneriez pas: le directeur de la Sécurité d'Etat, le général Moussa Diawara, et le chef d'Etat-major particilier, le général Oumar Daw alias Baron. Que venaient faire des généraux si loin du champ de bataille du  nord et du champ de ruines de l'hôtel RADISSON ? On ne le saura sans doute jamais. Mais on comprendra aisément qu'avec ces redoutables officiers dans sa compagnie, Ladji Bourama n'ait nullement songé à présenter des excuses pour son immense retard. Surtout que tout le haut de l'amphithéâtre était rempli d'hommes en grand uniforme militaire... Comme si les terroristes devaient être recherchés en priorité parmi les avocats et les magistrats, ces derniers ont été, avant l'arrivée de Ladji Bourama, soumis à une minutieuse fouille de leur corps et de leurs bagages. Poches, sacoches, chaussures...tout fut passé au détecteur de métaux et au peigne fin. Il ne manquait plus au menu que des interrogatoires musclés suivis de gardes à vue ! Les mauvaises langues  s'amusent d'ailleurs à souligner que les forces de l'ordre avaient toujours observé un tel zèle, Bamako serait devenue une contrée aussi sûre que le Vatican où, jusqu'à présent, aucun attentat n'a été perpétré ni aucun projet d'attentat éventé. Le décor étant ainsi planté, Ladji Bourama a expliqué, à grand renfort de subjonctif, qu'il a transmis 200 dossiers de corruption au pôle économique et qu'à ce jour, il attend la suite. En clair, à l'en croire, les juges traînent les pieds sans raison car il les met au défi de prouver toute interférence de sa part dans les procédures. Puisque personne n'a relevé le défi (quel juge aurait pris ce risque?), on peut donc croire Ladji Bourama sur parole. Sauf à souligner qu'aucun juge n'est assez sot pour vouloir placer sous mandat de dépôt un cadre qui, bien que soupçonné de délits divers, est nommé par Ladji lui-même ministre ou directeur général d'un machin. Comme quoi, s'il n'interfère pas directement dans les dossiers, Ladji Bourama sait adroitement indiquer aux juges enquêtes les sens interdits...Pour rappel, Ladji n'a-t-il pas déclaré un jour, à la télé, qu'il détenait des dossiers sur les opposants et que si ceux-ci continuaient à le persécuter, il les transmettrait à qui droit ? Et que "petit monsieur" irait fouiller dans les tiroirs du premier magistrat, s'il vous plaît ?   Tiékorobani

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (76)

User
Guindo
Guindo 11 ans
A Chacun ses raisons, mais les banquiers doivent faire les choses de façon vraiment douce, car les maliens ont besoin de l’argent à tout temps que Dieu vient en aide à notre Maliba.
Rabi
Rabi 11 ans
Prions pour que cette affaire de la banque puce connaitre un bon résultat final et que les choses revienne en ordre le plus vite possible.
Madou
Madou 11 ans
Du moment que nous ne connaissons nos ennemies, nous devons rester toujours vigilant et garder l’œil sur tout ce qui bouge, ceci est normal.
S d
S d 11 ans
Il est important de considérer nos texte par les mots qu’il faut pendant les situations du temps, Mr. Je suis sûr que vous n’êtes pas ignorant, vous avez juste une eu mauvaise influence de l’opposition, Ladji Bouraama est l’un des présidents le plus humble alors respectons ce président au tend qu’il le mérite.
Nana
Nana 11 ans
Du moment que l’ennemi n’est pas connu, même nos propres parents peuvent être soupçonné. Nous devons doubler de la vigilance et c’est dans nos intérêts de rester vigilant.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (112)
  • Nfp (69)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (29)
  • Citoyen du monde (22)