Procès du Colonel-major Kassoum Goïta et coaccusés : Le parquet requiert 20 ans de réclusion contre les cinq accusés, le verdict très attendu

Le procès du Colonel-major Kassoum Goïta et de ses quatre coaccusés est entré dans sa phase décisive devant la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Bamako

22 Juillet 2026 - 08:55
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Après plusieurs jours consacrés à l'audition des accusés et du principal témoin, les débats ont laissé place aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries de la défense, marquant ainsi l'ultime étape avant le délibéré.

À l'issue de ses réquisitions, le parquet général a demandé à la Cour de reconnaître coupables les cinq prévenus et de les condamner à 20 ans de réclusion criminelle, estimant que les éléments du dossier justifient une condamnation pour les infractions poursuivies.

Les personnes concernées sont le Colonel-major Kassoum Goïta, ancien Directeur Général de la Sécurité d'État, le Dr Kalilou Doumbia, ancien Secrétaire Général de la Présidence, l'Adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la DGSE, l'homme d'affaires Sandi Ahmed Saloum et le féticheur Issa Samaké, dit « Djoss ». Ils sont poursuivis notamment pour association de malfaiteurs, tentative d'attentat, complot contre le gouvernement et complicité.

Au cours des audiences précédentes, les accusés ont tous rejeté les faits qui leur sont reprochés. Le Colonel-major Kassoum Goïta a particulièrement insisté sur le fait qu'il n'avait « jamais tenté de déstabiliser le gouvernement », affirmant que les accusations portées contre lui ne reposent sur aucun élément matériel susceptible d'établir un complot.

L'ancien patron de la Sécurité d'État a reconnu avoir consulté le féticheur Issa Samaké, mais uniquement, selon lui, dans un objectif de protection personnelle, rejetant tout lien entre cette consultation et un quelconque projet de renversement des autorités. De son côté, la défense a maintenu sa ligne de conduite tout au long des débats.

Les avocats ont dénoncé des irrégularités dans la procédure, évoquant des arrestations qu'ils qualifient d'illégales, des actes de torture, des aveux obtenus sous la contrainte ainsi que des procès-verbaux établis sans la présence d'un avocat. Ils ont également plaidé en faveur de l'application de la loi d'amnistie de septembre 2021, sans convaincre la Cour, qui avait déjà rejeté cette demande au début du procès.

Dans ses réquisitions, le parquet a estimé que les faits reprochés aux accusés sont d'une particulière gravité, puisqu'ils touchent directement à la sûreté de l'État et au fonctionnement des institutions. Pour le ministère public, les éléments du dossier justifient une peine de 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre de chacun des prévenus.

Face à ces réquisitions, les avocats de la défense ont multiplié les arguments en faveur de l'acquittement de leurs clients, soutenant que l'accusation n'apporte pas de preuves suffisamment solides pour établir l'existence d'un complot ou d'une tentative d'attentat. Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, la Cour dispose désormais de l'ensemble des éléments nécessaires pour se prononcer sur l'un des dossiers judiciaires les plus suivis de ces dernières années.

Le verdict est attendu avec une attention particulière, tant en raison du profil des accusés que de la portée politique de cette affaire, qui remonte aux premières heures de la Transition. La décision de la Cour permettra de clore, sur le plan judiciaire, un dossier qui aura suscité de nombreux débats autour des questions de sécurité, de gouvernance et du respect des garanties procédurales.

Flani SORA

 Source : La VOIE