L’appel des compétences : Le modèle chinois, miroir brut pour le leadership malien ?

Dans les ruelles animées de Bamako, sous le soleil ardent qui forge la résilience de tout un peuple, la quête d'un leadership véritable résonne comme une soif inextinguible.

21 Nov 2025 - 01:53
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L’appel des compétences : Le modèle chinois, miroir brut pour le leadership malien ?

L'histoire du Mali est celle de grands destins, mais aujourd'hui, le défi est immense. Et si, loin des urnes familières et du tumulte des opinions éphémères, se cachait une vérité dérangeante sur la manière de diriger une nation ? Nous allons plonger dans le modèle de gouvernance le plus pragmatique et le plus performant du XXIᵉ siècle, celui de la Chine. Cela non pas pour l'imiter aveuglément, mais pour en extraire des leçons stratégiques et brutales qui pourraient secouer les fondations de notre approche du pouvoir au Mali.

Le modèle de leadership en Chine se résume à une réalité peu médiatisée : on n'y vote pas pour le président ! Le chef de l'État n'est pas désigné par un scrutin populaire, mais sélectionné par le Parti communiste chinois (PCC). Ce n'est pas un parti politique de masse au sens occidental du terme. C'est plutôt une élite rigoureusement filtrée et méritocratique. Le principe sous-jacent est un constat que l'article présente comme brutal, mais réaliste : celui qui lutte pour sa survie quotidienne, sans connaissance en géopolitique, économie ou stratégie industrielle, n'aurait pas la lucidité nécessaire pour choisir le dirigeant d'une puissance mondiale. La Chine confie son avenir à des cerveaux formés, entraînés et ayant prouvé leur compétence et leur discipline.

La gouvernance de l’Empire du Milieu dégage 4 leçons stratégiques puissantes sur lesquelles nous devons méditer au Mali. Une réflexion qui met la compétence avant l'émotion. Le développement fulgurant de la Chine, passée en 40 ans d'un pays sous-développé à la 2ᵉ puissance économique mondiale, n'est pas un hasard. Il découle en effet de quatre piliers stratégiques qui interrogent profondément le Mali dans sa quête de stabilité et de progrès. Primo, nous devons retenir que la compétence doit prévaloir sur l'opinion populaire. La Chine place des stratèges à sa tête, non des politiciens populistes. Pour le Mali, la leçon est claire : le salut ne viendra pas des slogans électoraux ou des promesses émotionnelles, mais de la capacité réelle des leaders à élaborer et exécuter des plans stratégiques, économiques et sociaux complexes.

Comment le Mali peut-il alors mettre en place des mécanismes de sélection des leaders qui valorisent les résultats avérés, l'expertise technique et la vision à long terme au-delà des affiliations ethniques ou partisanes ?

Secundo, il faut une nécessité bien gérée. L'élite chinoise (le PCC) est le sommet d'une méritocratie fondée sur l'intelligence, la rigueur, la loyauté et les résultats. C'est cette élite qui a permis de réduire la pauvreté de plus de 800 millions de personnes et de créer des géants technologiques. Une élite bien gérée n'est pas un danger, mais le moteur de la transformation.

Le Mali doit chercher à investir massivement dans la formation et la sélection d'une élite administrative et politique non corrompue, dont l'accès aux postes de pouvoir est conditionné par un parcours de preuve et des résultats tangibles pour la nation.

Tertio, il faut toujours avoir à l’esprit que la stabilité vaut mieux que le chaos démocratique impulsif. La Chine planifie sur 30, 50, voire 100 ans. Ainsi, ses projets (route de la Soie ou les stratégies technologiques) ne sont pas remis en question tous les cinq ans. Cette stabilité permet une construction sur le long terme. Au Mali, la succession de crises et les changements de cap constants sont autant de handicaps ou d’obstacles qui freinent notre développement socioéconomique. Le Mali a donc besoin d'une vision nationale unifiée qui transcende les mandats individuels, garantissant une continuité stratégique dans l'éducation, les infrastructures et la défense. La stabilité du pouvoir est essentielle pour l'attractivité des investissements.

Quarto, c’est l'intelligence collective dirigée contre l'illusion de liberté. Plutôt qu'une « population qui patauge dans le désordre », la Chine mise sur une population encadrée par une vision claire portée par ses élites. Cela se traduit par une rapidité d'exécution impressionnante (infrastructures construites en semaines). Au Mali, on doit évaluer le coût du « bavardage » et de la stagnation engendrés par le désordre. Une vision claire et forte, même si elle est moins consensuelle initialement, mais portée par des leaders compétents, est plus efficace que des débats interminables qui n'aboutissent à aucune action concrète. La discipline collective au service du développement est un impératif. La Chine agit, pendant que d'autres bavardent.

L'urgence d'un leadership par la preuve

Le modèle chinois, bien qu'antithétique de la démocratie libérale, met en lumière une vérité incontournable pour les nations en développement comme le Mali : le pouvoir ne se mérite pas par un bulletin de vote émotionnel, il se mérite par la compétence, la rigueur, la discipline et la preuve. Pour bâtir un Mali fort, stable et prospère, il est impératif d'opérer un shift radical : s'éloigner de la majorité ignorante ou de l'émotion populaire comme critère de choix, et confier la destinée nationale à ceux qui ont démontré leur capacité à gouverner leur propre vie et, par extension, à porter le poids des stratégies complexes pour 25 millions d'âmes. L'enjeu pour le Mali n'est pas d'abandonner l'aspiration démocratique, mais de la conditionner à l'excellence et à la méritocratie pour garantir que seuls les plus aptes dirigent.

Contrairement à notre pays, en Chine on est conscient que l'instabilité a un coût. Ainsi, la planification à long terme (sur 30, 50, voire 100 ans) garantit que les mégaprojets (infrastructures, routes de la soie…) soient réalisés sans interruption.

Au Mali, l'instabilité politique et sécuritaire chronique a un coût économique exorbitant comme la fuite des Investissements directs étrangers (IDE). Nous savons tous qu’un investisseur cherche la prévisibilité. L'alternance des régimes, les incertitudes constitutionnelles et la menace sécuritaire constante placent le Mali dans la catégorie des pays à risque maximal. L'argent se retire et les capitaux locaux sont thésaurisés ou placés à l'étranger. Notre pays ne peut pas se permettre de « faire et défaire » ses politiques minières, agricoles ou énergétiques à chaque transition ou coup d'État. La stabilité des règles du jeu est le premier moteur de la confiance. Les grands chantiers (infrastructures routières, projets hydroélectriques, modernisation de l'agriculture) sont ralentis, arrêtés, ou sujets à la corruption lors des changements de direction. Il n'y a pas de continuité stratégique pour des projets qui nécessitent 10 à 20 ans de mise en œuvre.

Au lieu d'investir dans l'éducation ou la diversification économique, les budgets sont massivement réalloués à la gestion des crises sécuritaires (dépenses militaires urgentes, aide humanitaire, gestion des déplacés…), épuisant le potentiel de croissance future. Le modèle chinois insiste sur la « compétence » pour diriger, car « le pouvoir ne se mérite pas par l'émotion, mais par la preuve ».

La solution pérenne à la crise multidimensionnelle à laquelle nous sommes confrontés depuis au moins deux décennies par le pragmatisme dans le choix. Pour le Mali, le modèle chinois nous rappelle que le pragmatisme doit l'emporter sur le désordre. Nous devons accorder une priorité absolue à un cadre institutionnel stable et prévisible pour attirer les investissements. Le pays a plus que jamais besoin d’un Plan national d'émergence (similaire aux plans quinquennaux chinois) qui soit non négociable par les futurs dirigeants pendant au moins une décennie. Tout comme il est indispensable de mettre en place un système de sélection rigoureuse des cadres militaires et administratifs. Le mérite, la formation et la preuve de résultat doivent être les seuls critères d'accès aux postes de commandement et de direction stratégique.

Le Mali doit substituer le leadership de l'émotion (populisme, clientélisme) au leadership de la preuve. Pour réellement se hisser sur le chemin de l’émergence, notre Mali doit s'engager sur une voie de développement qui transcende les mandats politiques pour rassurer les investisseurs et achever les projets vitaux.

Il faut alors envisager la sanctuarisation d'un Plan d'émergence national (PEN). Celui-ci doit être élaboré sur la base d’un large consensus des forces vives (économistes, société civile, experts…). Programmé sur 15 ans, le PEN doit être axé sur la souveraineté économique, la diversification agricole et l'industrialisation.

Ce plan devrait être dépolitisé et bénéficier d'un statut quasi-constitutionnel, rendant illégale l'annulation arbitraire de ses projets phares par un nouveau régime ou un changement politique. Le gouvernement au pouvoir serait simplement l'exécutant de cette vision nationale.

 

Abdoul Karim Dramé

Journaliste et consultant indépendants

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Commentaires (6)

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Matt
Matt 11 mois
Comparer le Malistan du nain goita a la Chine est une grave insulte aux chinois...
kan
kan 11 mois
Encore 7 000 à 8 000 ans d'efforts ....
Kankan 11 mois
Whether you like it or not Chinese method is compatible with Ubuntu Beliefs Religion UBR holy book. Chinese method emphasizes educating or/ plus training on useful information. It also confronts plus conquer challenges as opposed to " kick problem down road" for next person to solve. China approach to solar energy plus reducing its so called "carbon footprint" is excellent example of like ingenuity. I am firm believer in Ubuntu are masters of ingenuity. That is why God allow them to possess only as many as two Kankan at any time. Challenge is to waken that ingenuity to where it at God speed fulfill upgrading living conditions for masses to become comfortable world class modern living conditions. We know education plus training is important but, we also need perceive systems of learning that expedite our learning plus training plus most importantly unleash ingenuity that centuries of Colonialism existence despite no longer being in dominant effect keep us hiding ingenuity or too afraid to unleash it. As I perceive it under Mao leadership China as proven today did excellent work on confronting subconscious of Chinese people unto whether knowingly or not they unleashed ingenuity to degree they now appear unable to stop. We must find that release valve for Ubuntu but, unto we do we must keep timely educating plus training for achieving essential plus important goals we pursue. We are our Brothers' keepers. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Matt
Matt 11 mois
Get mental help!
BAMBARADION
BAMBARADION 11 mois
EN 2013 CE N EST LES CHINOIS OU LES RUSSES QUE VOUS AVEZ APPELÉS AU SECOURS POUR VENIR SAUVER VOS CULS NOIR DE CACA TELLEMENT QUE VOUS AVIEZ PEUR DES JIHADISTES QUI FONÇAIENT SUR BKO OUAHAHAHAHAHA
Kankan 11 mois
None fittingly answered in 2012-13 so what difference do it make who we called. Truth is we had to answer our call. Upon doing so others partnered with us. We will continue our military buildup plus eradication of terrorists by any means necessary. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
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