Régime d’assistance médicale : Les indigents, les orphelins, les blessés remis dans la société !

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Lutte contre la mendicité des enfants jumeaux dans les rues de Bamako
Des mendiants dans une rue (photo à titre illustratif)

La mise en place de la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CANAM) a créé une inégalité entre les populations maliennes en termes de droit d’accès à la santé. Les initiateurs de l’Assurance Maladie obligatoire (AMO) ne se sont pas montrés suffisamment solidaires des couches défavorisées et dépourvues de source de revenus stables.

A sa prise de fonction en 2013, le constat a été fait par le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Hamadou Konaté. Pour réparer cette injustice et étendre le projet de solidarité sanitaire à tous les Maliens, notamment les personnes vulnérables, le ministre Konaté a initié la loi N°065 du 30 décembre 2016 portant modification de la loi N°09-030 du 27 juillet 2009 portant création l’Agence nationale d’Assistance médicale (ANAM) chargée de la mise en œuvre du Régime d’Assistance médicale. Ils sont au total 186 721 indigents à bénéficier du RAMED. La particularité de ce régime est qu’il assure gratuitement les soins des « assurés ». A travers ce grand chantier, on peut dire que l’accessibilité aux services de santé est un droit dont jouissent tous les Maliens, qu’ils soient riches ou pauvres.

Le succès de l’AMO a inspiré le ministre Hamadou Konaté qui a multiplié d’autres initiatives dans le cadre de la Protection sociale au Mali. Humanitaire convaincu et épris de justice sociale, il a eu une pensée pour le sort des populations maliennes non salariées. Car, selon lui, l’assurance maladie ne doit pas être la seule affaire des travailleurs salariés. Du coup, il s’agissait, pour lui, de trouver la formule d’insérer les non-salariés maliens dans le système national de protection sociale. D’où son idée de créer de modifier la loi portant création de l’Agence nationale d’Assistance médicale (ANAM), un Etablissement public national à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Cet établissement, placé sous la tutelle du ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire, est chargé de la mise en œuvre du Régime d’Assistance médicale (RAMED).

Le RAMED est un dispositif public de protection sociale non contributif, qui assure la couverture du risque maladie des personnes démunies appelées Indigents, et d’autres catégories de personnes en situation d’assistance sociale, sans contribution aucune de leur part. Le Régime d’Assistance médicale est essentiellement financé par les subventions de l’Etat (85%), les contributions des collectivités territoriales (15%) et l’appui des Partenaires techniques et financiers selon les conventions.Le RAMED offre des soins gratuits adaptés aux nécessités de la pathologie. Et dans cette politique initiée par le ministre Konaté, des prestations gratuites des personnes cibles et leurs ayants droit à charge peuvent aller jusqu’à 3 ans non renouvelables.

 

Qui sont les bénéficiaires du RAMED ?

Le Régime d’Assistance médicale bénéficie à plusieurs catégories de personnes, à commencer par les indigents. Les indigents sont des personnes dépourvues de ressources et très pauvres, reconnues comme telles par les autorités communales et qui ne sont couvertes par aucun autre système d’assurance.

Il y a ensuite les ayants droit à charge, à savoir les conjoints ; les enfants âgés de moins de 14 ans ; les enfants âgés de 14 à 21 ans, s’ils poursuivent des études ; les enfants handicapés quel que soit leur âge, qui sont dans l’impossibilité totale et définitive de se livrer à une activité rémunérée.

Enfin, viennent les admis de droit: les pensionnaires des établissements de bienfaisance, orphelinats, ou des établissements de rééducation et de tout établissement public ou privé à but non lucratif hébergeant les enfants abandonnés ou adultes sans famille fixe ; les pensionnaires des établissements pénitentiaires ; les personnes sans domicile fixe ; les blessés des conflits armés et de catastrophes.

Aujourd’hui, elles sont 186 721 personnes très pauvres sur l’ensemble du territoire national, qui bénéficient de soins médicaux gratuits en cas de maladie.

Grâce au RAMED, 40 785 personnes ont été aussi prises en charge médicale gratuite dans les structures publiques de soins de santé, sans contribution aucune de leur part, pour un montant de 743 801 728 f CFA.

92 blessés de conflits armés et de catastrophes (civils et militaires)  ont été également pris en charge médicalement à 100%. Il s’agit principalement de ceux des attaques du camp du MOC à Gao et du campement Kangaba, pour un montant total de 59 876 500 f CFA.

Perspectives et difficultés

Cette extension du bénéfice du RAMED aux blessés de conflits armés et de catastrophes est un acte salutaire dans le contexte actuel de réconciliation nationale du pays et de remobilisation des troupes. Tout comme seraient tout aussi salutaires les actions envisagées comme la modernisation des outils d’enquêtes sociales, à travers la collecte mobile en temps réels, via tablettes ; l’identification de près 62 000 nouveaux bénéficiaires potentiels en collaboration avec les structures centrales et déconcentrées en charge de la protection sociale, auxquels des récépissés seront délivrés après enquêtes sociales, pour pouvoir bénéficier de soins gratuits en cas de maladie ; l’identification des mendiants de la rue, dans le cadre de la lutte contre la mendicité, la pauvreté et l’exclusion sociale ; l’identification des femmes opérant sur les tas d’ordures, pour leur immatriculation, permettant d’assurer leur prise en charge médicale en cas de maladie ; la signature de 566 contrats de performance avec les ASACO, les Mairies et les SLDSES des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Sikasso et le district de Bamako pour faciliter la prise en charge médicales des indigents très pauvres ; et l’accompagnement technique, matériel et surtout financier des partenaires comme l’UNICEF pour 150 millions de FCFA  et la Banque mondiale, à travers le Projet de lutte contre le Paludisme et les Maladies tropicales négligées au Sahel (PPMTNS), pour un montant de 150 millions  de FCFA.

Au chapitre des difficultés, il faut essentiellement noter la faible contribution des collectivités territoriales qui ont du mal à garantir leur part de contributions.

En effet, depuis le lancement officiel de ses activités, seules 9 communes ont payé leurs contributions au financement du RAMED dont 7 au titre de l’année 2015 et 2 au titre de l’année 2016, pour un montant total d’environ 12 millions de francs CFA.

Il faut rappeler que la Commune de Logo dans le Cercle de Kayes fut la toute première à payer sa quote-part et la seule à avoir payé pour deux exercices.

A travers le RAMED, qui projette de s’étendre sur l’ensemble du territoire national, pour couvrir les populations les plus pauvres, dans le but de contribuer à la lutte contre la pauvreté, on peut dire que le Régime d’Assurance Maladie universelle est effectif au Mali. Et cela grâce au génie créateur du Hamadou Konaté, ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire.

Mais avant que son département ne soit amputé du volet « Reconstruction du nord » le ministre Hamadou Konaté a aussi fait ses preuves à travers plusieurs réalisations dans ce domaine dont il est encore, aujourd’hui, sollicité à intervenir à travers le« Programme d’Urgence pour la Relance du Développement des Régions du Nord (PURD/RN) » (lire notre article en page…).

Youssouf Z Kéïta

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