Sommet extraordinaire de l'Union africaine pour bâtir une souveraineté sanitaire

Accra a accueilli, les 21 et 22 juillet 2026, un sommet extraordinaire de l'Union africaine réunissant chefs d'État, ministres de la Santé et partenaires internationaux autour de l'avenir des politiques de santé en Afrique

23 Juillet 2026 - 07:39
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Sommet extraordinaire de l'Union africaine pour bâtir une souveraineté sanitaire

Les 21 et 22 juillet 2026, chefs d'État, ministres de la Santé et partenaires internationaux se sont réunis dans la capitale ghanéenne pour un sommet extraordinaire consacré à l'avenir des politiques de santé du continent africain.

Mettre fin au sida et à la tuberculose d'ici 2030, réduire drastiquement les décès maternels évitables et bâtir des systèmes de santé capables de résister aux crises sanitaires, climatiques et économiques : tel est l'objectif affiché par l'Union africaine (UA) à l'occasion de ce sommet extraordinaire, organisé sous la présidence du chef de l'État ghanéen, John Dramani Mahama.

Réuni sous le thème « Faire progresser la justice, l'équité et la couverture santé universelle », l'événement marque une nouvelle étape dans la volonté du continent de s'affranchir de sa dépendance aux financements extérieurs en matière de santé.

Un enjeu de souveraineté autant que de santé publique

Au-delà des objectifs strictement médicaux, ce rendez-vous s'inscrit dans une quête plus large d'autonomie stratégique. Les discussions ont porté sur trois axes prioritaires : la fabrication locale de produits médicaux, le financement innovant et la gouvernance politique des systèmes de santé.

Dès l'ouverture des travaux, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a fixé le cap : « Cette réunion est notre chance de tracer la voie de l'engagement à l'action. »

Le déroulé des deux journées

La première journée, mardi 21 juillet, a été consacrée à la cérémonie d'ouverture officielle et aux premières prises de parole des délégations. La seconde, mercredi 22 juillet, a concentré l'essentiel des travaux de fond : sessions plénières, ateliers parallèles sur la sécurité sanitaire et la préparation aux pandémies, puis examen de la feuille de route de l'UA à l'horizon 2030.

Les pays et institutions présents

Le sommet a rassemblé un grand nombre de délégations à travers le continent.

Le Ghana, pays hôte, était représenté par son président John Dramani Mahama, tandis que le Maroc avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, mandaté par le roi Mohammed VI pour présenter la vision d'une souveraineté sanitaire africaine fondée sur la solidarité et le partage d'expertises.

Le Cameroun, de son côté, était représenté par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, mandaté par le président Paul Biya, qui a mis en avant l'expérience camerounaise de gestion du Covid-19.

L'Éthiopie avait quant à elle envoyé son vice-Premier ministre Temesgen Tiruneh, venu partager les acquis du pays en matière de santé publique, aux côtés de la Commission de l'Union africaine, représentée par son président Mahamoud Ali Youssouf.

D'autres chefs d'État et de gouvernement du continent, ainsi que des ministres de la Santé de plusieurs pays africains, ont également pris part aux échanges, aux côtés de partenaires au développement.

Une audience au Jubilee House pour sceller les engagements

En marge du sommet, le président de la Commission de l'Union africaine a été reçu mercredi soir au Jubilee House, siège de la présidence ghanéenne, par John Dramani Mahama. Le chef de l'État ghanéen y a salué l'initiative de Mahamoud Ali Youssouf d'avoir convoqué ce sommet extraordinaire consacré au financement durable de la santé, à la production pharmaceutique locale et à la recherche, réaffirmant l'engagement de son pays à soutenir la mise en œuvre des décisions qui en sont issues.

John Dramani Mahama a exprimé l'espoir que l'ensemble des États membres de l'Union africaine traduiront ces décisions en actions concrètes, soulignant que la Déclaration d'Accra s'inscrit pleinement dans la vision de l'organisation continentale visant à renforcer l'autonomie de l'Afrique à travers le développement de la production locale de médicaments, de vaccins et d'outils de diagnostic.

Le président ghanéen a par ailleurs mis en avant les investissements consentis par son pays pour renforcer son système national de santé et élargir l'accès à des soins de santé primaires de qualité, dans le cadre de son engagement en faveur de la couverture sanitaire universelle. Il a également remercié la Commission de l'Union africaine pour son soutien à l'initiative ghanéenne sur la justice réparatrice devant l'Assemblée générale des Nations unies, une initiative qui a obtenu l'appui de la majorité des États membres de l'ONU.

De son côté, Mahamoud Ali Youssouf a félicité le président Mahama pour le leadership du Ghana dans l'organisation de ce sommet extraordinaire, exprimant sa gratitude au gouvernement et au peuple ghanéens pour l'accueil réservé aux délégations participantes. Il a salué le rôle du président ghanéen dans la promotion de l'Agenda 2063 de l'Union africaine, ainsi que les progrès réalisés par le Ghana dans le renforcement de ses capacités nationales de production pharmaceutique, y voyant l'illustration de l'ambition du continent de bâtir des systèmes de santé résilients et autonomes.

Un échange également consacré à la situation des migrants africains

Les deux responsables ont profité de cet entretien pour aborder les récents incidents ayant affecté des migrants africains dans plusieurs régions du continent. Ils ont réaffirmé l'engagement commun de l'Union africaine à protéger les droits, la dignité et la sécurité de tous les citoyens africains, où qu'ils résident, soulignant la nécessité d'aborder ces défis dans un esprit de solidarité, de dialogue et de respect de l'État de droit, tout en préservant les liens historiques de fraternité et de coopération entre les États membres de l'organisation.

Une dynamique amorcée depuis 2025

Ce rendez-vous s'inscrit dans la continuité d'une séquence diplomatique lancée par le Ghana : le pays avait déjà accueilli, en août 2025, le premier sommet africain sur la souveraineté sanitaire, en présence du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, puis, en décembre 2025, une rencontre avec la République démocratique du Congo consacrée au financement durable des systèmes de santé, en marge de la Conférence internationale sur le sida (ICASA).

Source: https://www.aa.com.tr/fr/