Les conséquences de l’embargo de la Cédéao contre le Mali

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Dans la capitale malienne, les populations sont inquiètes et craignent des pénuries notamment en ce qui concerne les hydrocarbures. Les stations d’essence ont été prises d’assaut par des automobilistes. REUTERS/Luc Gnago

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a décidé lundi 2 avril l’imposition immédiate d’un embargo total contre le Mali, jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit effectivement établi, autrement dit jusqu’au départ effectif de la junte qui a pris le pouvoir le 22 mars dernier. Toutes les mesures diplomatiques, économiques et financières sont donc effectives depuis lundi soir.

Les Etats voisins du Mali, pays totalement enclavé, sont invités à fermer leurs frontières. La Mauritanie et l’Algérie, présents à Dakar, à la réunion de la Cédéao, alors qu’ils ne sont pas membres d’organisation, pourraient, si l’on en croit les propos du président ivoirien Alassane Ouattara, participer à l’embargo sur les régions du nord.

Conséquences financières

Les ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), réunis à Abidjan, ont pris en conséquence un certain nombre de mesures conservatoires. Les différents établissements financiers de Uemoa , notamment la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest ( BCEAO) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ne doivent désormais entretenir des relations qu’avec les personnes disposant d’habilitations conférées par un gouvernement légitime de la République du Mali, ce qui proscrit donc toute relation avec la junte. En conséquence, la BCEAO, suspend tout mouvement de fonds sur les comptes ouverts dans ses livres au nom du Trésor public malien. La Banque centrale n’effectue donc plus d’opérations avec le Trésor malien, à l’exception de quelques règlements en cours. Concrètement, il s’agit d’assécher le Trésor malien qui risque à terme de ne plus être en état de payer les fonctionnaires ou les militaires. Les fonds alloués chaque année au budget malien par la BCEAO en bonds du trésor sont de l’ordre de 90 à 120 milliards de francs Cfa, soit environ 10% du budget malien qui est d’environ 1 000 milliards de francs Cfa.

En revanche, la BCEAO continuera à effectuer des opérations avec les établissements de crédits maliens, autrement dit avec les banques privées. Il n’y a donc pas de risque de pénurie d’espèces au guichet des banques. Un des responsables de la BCEAO a confirmé à RFI, ce qui était précisé dans le communiqué de presse, à savoir que les banques commerciales continueront à être alimenté par la banque centrale ouest-africaine. Pour l’économiste sénégalais Sanou Mbaye, il ne s’agit pas d’un embargo aussi dur que celui qui avait frappé la Côte d’Ivoire.

Inquiétudes à Bamako…

Dans la capitale malienne, les populations sont inquiètes et craignent des pénuries notamment en ce qui concerne les hydrocarbures. Les stations d’essence ont été prises d’assaut par des automobilistes qui remplissent le réservoir de leur véhicule. D’après le président du conseil malien des chargeurs, Ousman Babalaye Ndao, le pays aurait à peu près une semaine de réserve d’hydrocarbure. En tout cas, la société Energie du Mali, qui assure la production et la distribution d’électricité a commencé à procéder à des délestages par précaution. Les centrales thermiques maliennes risquent en effet de se retrouver à cours de carburant faute d’approvisionnement en provenance de l’étranger.

Du côté des transporteurs, des consignes avaient été donnés avant l’entrée en vigueur de l’embargo, comme en témoigne Ousman Babalaye Ndao, président du conseil malien des chargeurs : « J’ai dépêché des agents au niveau des frontières principal du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, pour que le maximum de camion rentre avec le maximum de produit. C’est ce qu’on est en train de faire. Et de dépêcher les procédures douanières à ses frontières-là, juste enregistrer, quitte à régulariser par la suite. Et aussi donner la priorité aux hydrocarbures et aux vivres ». Pour l’instant, il n’y a pas d’augmentation des prix des denrées sur les marchés, ni à la pompe pour ce qui concerne l’essence.

Les exportateurs s’inquiètent également. Le Mali est le premier producteur de coton d’Afrique après l’Egypte. Les producteurs risquent de se retrouver avec des stocks importants, d’autant que la CMDT (Compagnie malienne de Développement Textile) affichait cette année l’ambition de doubler sa production par rapport à 2011 (260 000 tonnes). Les producteurs de mangue, produits périssables vendus essentiellement en Europe, espèrent que l’embargo sera levé d’ici quelques jours, car la saison va commencer.

… et dans la région du nord

Les pénuries se font sans doute sentir plus durement dans les villes du nord, occupés par les rebelles touaregs, notamment Tombouctou et Gao. La circulation entre le sud et le nord est pratiquement interrompu dans le sens sud-nord. En revanche, des gens fuient les régions du nord pour gagner Segou ou Bamako. Les opérateurs économiques et les banques de Tombouctou et Gao ont été victimes de pillages. D’après les témoignages recueillis par Ousman Babalaye Ndao auprès de patrons dans les villes du nord, c’est à Gao que la situation est la plus critique.

 

RFI

mardi 03 avril 2012

13 Réactions à Les conséquences de l’embargo de la Cédéao contre le Mali

  1. BroCiss

    Je n arrive pas á comprendre une chose:Est ce que le capitaine Sanogo est plus malien que nous???Il est venu pour mieux faire et jusqu á lá,rien ne marche donc qu il cede la place au lieu de nous entrainer dans d autres problemes..Sans et sans l aide des pays voisins personne ne peut arreter ces rebelles pas en tout cas l armée malienne,tous nous avons vu les choses et beaucoup de gens ignorent que ces rebelles connaissent autant mieux l armé malienne que nos soldats sinon mm plus mieux..Que nous sachions tous sur le plan national et international le Mali est un pays trop pauvre donc evitons l embargo de la CEDEAO,celá ne veut pas dire que nous les maliens nous nous rabaissons devant un autre pays mais devant une association dont le Mali mm fait parti..Vive le Mali indivisible et vive les maliens :oops: :oops: :oops:

  2. KSI

    On dit que les plus ridicules sottises rencontrent toujours les esprits auxquels elles sont proportionnées: des gens convaincus dans leur ignorance, des simples d’esprit et des sinistres opportunistes.Au milieu de ce beau monde,un petit capitaine d’une insolente naïveté confondant la foule et le peuple, s’accroche au pouvoir et retarde la mise en place de l’aide de la CEDEAO et de la communauté internationale, donc s’obstine à sacrifier le peule malien.

  3. WAZ

    La CEDEAO est parfaitement consciente que la population malienne soufrira plus de cet embargo que le capitaine et sa clique. Toute fois, les maliens ne doivent pas confondre la logique de la politique internationale (que cela nous plaise ou non, les normes sont ce qu’elles sont) et un nationalisme infondé. Je parle de nationalisme infondé dans la perspective d’analyse que certains maliens pouraient faire en deduisant que l’acharnement de la CEDEAO est contre les « pauvre maliens ». Loin de lá c’est un message pour Sanogo et tous ceux qui veulent le pouvoir par dessus de tout mëme s’ils doivent causer d’énormes souffrances á leur peuple.

  4. Maligalais

    les francs maçons se serrent les coudes! ils se foutent des peuples

    • bob1

      Maligalais, vous avez dit une petite phrase, mais très riche et minitieusement trouvée de votre part. Sur cent personnes, peut être 1 personne peut faire cette analyse assez simple mais pas à la portée de tous.Et pourtant c’est plus que vraie, un des grands maux du siècle.

  5. Biankiki29

    Est ce la solution EMBARGO? vu que la famine gagne déjà le Nord, la CEDAO au lieu de voir en 1er lieu la population qui sera victime de cet embargo non elle voit plutôt l’intérêt de l’impérialiste…Dommage pour nous Africain!!!!

  6. bougounika2

    MERCI CEDEAO DE CET EMBARGO POUR NOUS DEBARASSER DE CE CAPITAINE ,ON POURA SOUFRIR MAIS L’ESSENTIEL SERAIT LE RETOUR A L’ORDRE CONSTITUTIONEL SANS CONDITION ET DECOURAGER TOUT COUP D’ETAT NON SEULEMENT AU MALI DANS L’AVENIR MAIS DANS TOUTE LA SOUS REGION.
    S’IL NE PART PAS IL FAUT UN AUTRE COUP SUIVI D’UNE REMISE DU POUVOIR AU CIVILS ,OU UNE ACTION MILITAIRE DE LA CEDEAO POUR LUI DELOGER .
    L’ACTION DE LA CEDEAO NE REGARDERA QUE LE CAMP DE KATI (SANOGO ET SES AMIS DE thé)

  7. Broulayi

    J’ai le sentiment que c’est le nationalisme malien qui est entrain de se réveiller. L’embargo de la Cdeao va faire souffrir les maliens, mais une colère contenue est entrain de se manifester.

    En un mot, beaucoup de maliens n’ont pas envie d’obéir à la Cdeao. Ils considèrent que c’est un acharnement contre le Mali. Pas contre Sanogo…

    C’est mon impression.

  8. Dogonofama

    Tout ca c’est palabre. Debarrassez-vous du Cap. Sanogo et vous n’aurez pas a subir tout ceci, est-ce difficile a comprendre ca? :cry: :cry: :cry:

    • yangjie

      encore une fois , tout a fait d’accord avec vous!!!

    • le refuge

      Qui te dit qu’on veut que Sanogo s’en va maintenant ? La CEDEAO doit s’y faire avec Sanogo au pouvoir . Sans quoi on s’en fou ! la sanction , c’est pour la population et si les dirigeants de la CEDEAO s’attendent à une greve contre le regime en place , ils attendront tres longtemps . Car plus de 90% de la population est pour ce Pusch que cela deplaise à ce qui pense comme le toubab . Ce n’est pas la democratie qui fait developpée un pays . La Lybie avant l’acharnement et la destruction de ce pays etait plus developpée que la France democrate depuis des siecles . Autre exemple : la Chine est la 2 eme puissance economique et pourtant selon le toubab la Chine est loin d’etre democratique . Pourquoi ne pas envoyer des troupes de l’OTAN en Chine pour instaurer la democratie . Chiniwaw be ou fafrotigai . C’est aux Africains qu’ils veulent imposer leur mode de vie et de gestion à travers des maudits soit disant intellectuel Africains regroupés au sein de la CEDEAO ou Union Africaine qui livrent leur semblable . Soundjata a geré l’empire du Mali dans l’harmonie , la prosperité et la paix . Pareil pour Kankou Moussa , El hadj Oumar Tall , Sekou Amadou , Babemba , Tieba et autre . La democratie est l’aboutissement historique et culturelle des occidentaux . Nous ne partageons ni la meme histoire encore moins la meme culture . Ce qui est valable chez eux n’est pas forcement bon chez nous . Meme si cela etait le cas ce n’est pas par les armes que ont doit nous imposer cela . Il faudrait nous en convaincre par des idees et des preuves . Foutez nous donc la paix !

  9. bob1

    En faisant un ambargo sur le Mali, croient-ils que ce sont les militaires qu’ils sanctionnent? Je ne pense pas du tout. Même un fou ne peut imaginer celà. Là on vient de découvrir que les leaders de nos pays voisins n’ont aucun estime pour la population malienne. Allhassane et ses complices me font honte. Au moment où les Maliens ont le plus besoin de leur soutien plus que jamais, voilà leur vrai visage.Je ne me poserai pas en juge entre eux et la junte, puisque chacun essaie de justifier ses gestes. Tout ce que je peux dire, c’est que la CEDEAO devrait se placer au dessu de cette situation pour mieux intervenir et non de s’inviter dedans pour intervenir, en prenant en otage les pauvres populations.Wait and see.

    • jtraore

      Le but de l’embargo c’est justement de faire comprendre à la population que leurs dirigeants ne peuvent rien pour elle et qu’elle le leur fasse comprendre.
      Il faut comprendre à un moment donné que si toute la communauté internationale (sans exception) est contre le Mali, ce que je ne crois pas, c’est qu’on a un problème au Mali.
      Si les salops de militaires savent, comme toi et moi, qu’on a besoin de la CEDEAO pour sortir de la crise, ils savent ce qui leur reste à faire.
      C’est facile d’insulter nos voisins et tout le reste du monde. Mais il faut aussi qu’on se remette en question dès fois.
      Demander à la CEDEAO d’aider le Mali (donc la junte) dans ces conditions, c’est lui demander de renoncer aux principes fondamentaux de cette organisation. Avec qui elle va discuter des stratégies, de pendant et d’après crise? Pas avec le vieux sage de Bagadadji en tout cas. Donc si Sanogo aime notre Mali, la solution est très simple: Il s’en va avec sa bande, on se fait aidé par les voisins avec un gouvernement constitutionnel puis on négocie avec les requêtes des rebelles touaregs (n’oublions pas que ce sont avant tout des maliens qui en ont marre de leurs conditions de vie).
      En plus, si quelqu’un peut m’expliquer aujourd’hui le but du maintien au pouvoir de la junte je suis preneur car ATT l’incompétent n’est plus là, le Nord est perdu, la CEDEAO est perdu, et la souffrance guette le peuple malien s’il reste au pouvoir. Quelle est la meilleure solution?
      Au lieu de continuer à accuser tout le reste de la planète, aidez ces militaires à regagner leurs casernes avec l’immunité et dans la paix avant les poursuites internationales.