Les conséquences de l’embargo de la Cédéao contre le Mali

03 Avr 2012 - 18:57
Mis à jour: 15 ans
13
[caption id="attachment_58451" align="alignleft" width="344" caption="Dans la capitale malienne, les populations sont inquiètes et craignent des pénuries notamment en ce qui concerne les hydrocarbures. Les stations d’essence ont été prises d’assaut par des automobilistes. REUTERS/Luc Gnago"][/caption] La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a décidé lundi 2 avril l’imposition immédiate d’un embargo total contre le Mali, jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit effectivement établi, autrement dit jusqu’au départ effectif de la junte qui a pris le pouvoir le 22 mars dernier. Toutes les mesures diplomatiques, économiques et financières sont donc effectives depuis lundi soir.
Les Etats voisins du Mali, pays totalement enclavé, sont invités à fermer leurs frontières. La Mauritanie et l’Algérie, présents à Dakar, à la réunion de la Cédéao, alors qu’ils ne sont pas membres d’organisation, pourraient, si l’on en croit les propos du président ivoirien Alassane Ouattara, participer à l’embargo sur les régions du nord. Conséquences financières Les ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), réunis à Abidjan, ont pris en conséquence un certain nombre de mesures conservatoires. Les différents établissements financiers de Uemoa , notamment la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest ( BCEAO) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ne doivent désormais entretenir des relations qu’avec les personnes disposant d’habilitations conférées par un gouvernement légitime de la République du Mali, ce qui proscrit donc toute relation avec la junte. En conséquence, la BCEAO, suspend tout mouvement de fonds sur les comptes ouverts dans ses livres au nom du Trésor public malien. La Banque centrale n’effectue donc plus d’opérations avec le Trésor malien, à l’exception de quelques règlements en cours. Concrètement, il s’agit d’assécher le Trésor malien qui risque à terme de ne plus être en état de payer les fonctionnaires ou les militaires. Les fonds alloués chaque année au budget malien par la BCEAO en bonds du trésor sont de l’ordre de 90 à 120 milliards de francs Cfa, soit environ 10% du budget malien qui est d’environ 1 000 milliards de francs Cfa. En revanche, la BCEAO continuera à effectuer des opérations avec les établissements de crédits maliens, autrement dit avec les banques privées. Il n’y a donc pas de risque de pénurie d’espèces au guichet des banques. Un des responsables de la BCEAO a confirmé à RFI, ce qui était précisé dans le communiqué de presse, à savoir que les banques commerciales continueront à être alimenté par la banque centrale ouest-africaine. Pour l’économiste sénégalais Sanou Mbaye, il ne s’agit pas d’un embargo aussi dur que celui qui avait frappé la Côte d’Ivoire. Inquiétudes à Bamako... Dans la capitale malienne, les populations sont inquiètes et craignent des pénuries notamment en ce qui concerne les hydrocarbures. Les stations d’essence ont été prises d’assaut par des automobilistes qui remplissent le réservoir de leur véhicule. D’après le président du conseil malien des chargeurs, Ousman Babalaye Ndao, le pays aurait à peu près une semaine de réserve d’hydrocarbure. En tout cas, la société Energie du Mali, qui assure la production et la distribution d’électricité a commencé à procéder à des délestages par précaution. Les centrales thermiques maliennes risquent en effet de se retrouver à cours de carburant faute d’approvisionnement en provenance de l’étranger. Du côté des transporteurs, des consignes avaient été donnés avant l’entrée en vigueur de l’embargo, comme en témoigne Ousman Babalaye Ndao, président du conseil malien des chargeurs : « J’ai dépêché des agents au niveau des frontières principal du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, pour que le maximum de camion rentre avec le maximum de produit. C’est ce qu’on est en train de faire. Et de dépêcher les procédures douanières à ses frontières-là, juste enregistrer, quitte à régulariser par la suite. Et aussi donner la priorité aux hydrocarbures et aux vivres ». Pour l’instant, il n’y a pas d’augmentation des prix des denrées sur les marchés, ni à la pompe pour ce qui concerne l’essence. Les exportateurs s’inquiètent également. Le Mali est le premier producteur de coton d’Afrique après l’Egypte. Les producteurs risquent de se retrouver avec des stocks importants, d’autant que la CMDT (Compagnie malienne de Développement Textile) affichait cette année l’ambition de doubler sa production par rapport à 2011 (260 000 tonnes). Les producteurs de mangue, produits périssables vendus essentiellement en Europe, espèrent que l’embargo sera levé d’ici quelques jours, car la saison va commencer. ... et dans la région du nord Les pénuries se font sans doute sentir plus durement dans les villes du nord, occupés par les rebelles touaregs, notamment Tombouctou et Gao. La circulation entre le sud et le nord est pratiquement interrompu dans le sens sud-nord. En revanche, des gens fuient les régions du nord pour gagner Segou ou Bamako. Les opérateurs économiques et les banques de Tombouctou et Gao ont été victimes de pillages. D’après les témoignages recueillis par Ousman Babalaye Ndao auprès de patrons dans les villes du nord, c’est à Gao que la situation est la plus critique.   RFI
mardi 03 avril 2012

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (13)

User
BroCiss 15 ans
Je n arrive pas á comprendre une chose:Est ce que le capitaine Sanogo est plus malien que nous???Il est venu pour mieux faire et jusqu á lá,rien ne marche donc qu il cede la place au lieu de nous entrainer dans d autres problemes..Sans et sans l aide des pays voisins personne ne peut arreter ces rebelles pas en tout cas l armée malienne,tous nous avons vu les choses et beaucoup de gens ignorent que ces rebelles connaissent autant mieux l armé malienne que nos soldats sinon mm plus mieux..Que nous sachions tous sur le plan national et international le Mali est un pays trop pauvre donc evitons l embargo de la CEDEAO,celá ne veut pas dire que nous les maliens nous nous rabaissons devant un autre pays mais devant une association dont le Mali mm fait parti..Vive le Mali indivisible et vive les maliens :oops: :oops: :oops: ...
KSI 15 ans
On dit que les plus ridicules sottises rencontrent toujours les esprits auxquels elles sont proportionnées: des gens convaincus dans leur ignorance, des simples d'esprit et des sinistres opportunistes.Au milieu de ce beau monde,un petit capitaine d'une insolente naïveté confondant la foule et le peuple, s'accroche au pouvoir et retarde la mise en place de l'aide de la CEDEAO et de la communauté internationale, donc s'obstine à sacrifier le peule malien.
WAZ 15 ans
La CEDEAO est parfaitement consciente que la population malienne soufrira plus de cet embargo que le capitaine et sa clique. Toute fois, les maliens ne doivent pas confondre la logique de la politique internationale (que cela nous plaise ou non, les normes sont ce qu'elles sont) et un nationalisme infondé. Je parle de nationalisme infondé dans la perspective d'analyse que certains maliens pouraient faire en deduisant que l'acharnement de la CEDEAO est contre les "pauvre maliens". Loin de lá c'est un message pour Sanogo et tous ceux qui veulent le pouvoir par dessus de tout mëme s'ils doivent causer d'énormes souffrances á leur peuple.
les francs maçons se serrent les coudes! ils se foutent des peuples
bob1 15 ans
Maligalais, vous avez dit une petite phrase, mais très riche et minitieusement trouvée de votre part. Sur cent personnes, peut être 1 personne peut faire cette analyse assez simple mais pas à la portée de tous.Et pourtant c'est plus que vraie, un des grands maux du siècle.
Est ce la solution EMBARGO? vu que la famine gagne déjà le Nord, la CEDAO au lieu de voir en 1er lieu la population qui sera victime de cet embargo non elle voit plutôt l’intérêt de l’impérialiste...Dommage pour nous Africain!!!!
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (114)
  • Nfp (89)
  • Kankan (52)
  • Sissoko (32)
  • Coulibaly Yacouba (19)