…le Directeur Général de l’OAPI, Dr Paulin EDOU EDOU à propos du SAIIT 2015 à Bamako : ” On veut mobiliser les institutions de recherche, les universités et grandes écoles à présenter des solutions pouvant intéresser les entreprises ou les collectivités publiques “

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Paulin Edou Edou
Dr Paulin Edou Edou

Après 2009, Bamako s’apprête à accueillir en fin d’année, la 7ème édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Innovation Technologique (SAIIT). L’objectif de ce grand rendez-vous est d’évaluer le niveau de créativité en Afrique, promouvoir l’esprit de créativité  et offrir un plateau d’échange de technologie entre les inventeurs et les opérateurs économiques.

Dans la perspective de l’organisation de ce Salon, le DG de l’OAPI vient de séjourner dans notre pays où il a rencontré différentes autorités, notamment le ministre du Commerce et de l’industrie, Abdel Karim Konaté. Dans cet entretien, le patron de l’OAPI, basé à Yaoundé, explique les enjeux et les attentes de cette édition 2015 du SAIIT.

Monsieur le Directeur de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), bonjour  et merci d’avoir accepté de vous prêter à nos questions.  Si vous devriez  parler de l’OAPI à nos lecteurs en quelques mots, que leur diriez -vous ?

L’Organisation Africaine de la propriété Intellectuelle (OAPI) dont le siège est à Yaoundé, au Cameroun, est une institution qui a pour mission la délivrance des titres de protection de la propriété industrielle (Brevets d’invention, marques, dessins et modèles industriels…),                  la diffusion des informations techniques, contenues dans les titres qu’elle délivre,  l’implication au développement technologique des Etats membres et la formation en propriété intellectuelle. Cette institution compte dix-sept (17) Etats membres dont la république du Mali.

A travers l’OAPI, nos Etats membres ont mis en place un système de protection de la propriété intellectuelle caractérisé par une loi commune, un office commun qui enregistre et délivre les titres de propriété industrielle au nom desdits Etats. Une seule demande adressée au Directeur général aboutit à un seul titre délivré qui produit ses effets dans les 17 Etats membres.

L’OAPI participe au développement technologique par son système de propriété industrielle en offrant des garanties suffisantes pour les investisseurs.Elle mène un programme d’information, de sensibilisation, de formation et destiné aux différentes couches de la société où le besoin en droit de propriété intellectuelle se fait sentir. Elle promeut l’invention et l’innovation et grâce au Salon Africain de l’Invention et l’Innovation Technologique, elle facilite les rencontres entre les inventeurs et les industriels et autres opérateurs économique en vue de la valorisation et l’exploitation industrielle des inventions.

Quel est, selon vous, l’intérêt de la propriété intellectuelle dans le développement, notamment des pays africains ?

Si notre ère est caractérisée par ” l’économie du savoir ” et les études récentes montrent que les actifs immatériels représentent une majeure partie de la valeur des grandes entreprises, c’est que la propriété intellectuelle est devenue un enjeu majeur pour toutes les économies de la planète.

La relation entre la propriété intellectuelle et le développement de l’Afrique peut être appréhendée sous de multiples rapports. Les leviers du développement tels que la valorisation de nos ressources naturelles, la création de richesses nouvelles, l’attraction des investissements directs étrangers, la maîtrise de la technologie, la solution aux défis économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à l’environnement et à la santé, pour ne citer que ceux-là, relèvent tous de la propriété intellectuelle.

L’expérience récente des pays nouvellement industrialisés confirme cette assertion. Je crois que de nos jours, le rôle de la propriété intellectuelle dans le développement est bien perçue en Afrique, comme en témoignent les initiatives dans ce domaine de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de l’UEMOA et même des Etats pris individuellement.

Vous séjournez actuellement dans notre pays dans le cadre, croit-on savoir, de la toute prochaine édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Innovation Technologique prévue cette année au Mali.

Qu’est-ce que le SAIIT ? Parlez-nous de son historique. Que vise-t-il comme objectifs ?

Le Salon Africain de l’Invention et de l’Innovation Technologique (SAIIT) a été  institué par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle en 1995. A travers cette initiative, l’OAPI a voulu concrétiser sa volonté de promouvoir, dans son espace, l’activité inventive et de contribuer au développement technologique et économique des Etats membres.

L’une des missions de l’OAPI est de contribuer à créer des conditions favorables à la valorisation des résultats de la recherche et à l’exploitation effective des inventions et innovations technologiques par les entreprises nationales. Le SAIIT est donc l’un des instruments mis en place par l’OAPI en matière de promotion et de valorisation  des inventions.

Le Salon se tient en principe tous les deux ans et de façon rotative dans les Etats membres. Six éditions ont été organisées, aux lieux et dates ci-après : Dakar (Sénégal) en décembre 1997 ; Lomé (Togo) en décembre 2000 ; Libreville (Gabon) en septembre 2002 ; Bata (Guinée Equatoriale)  en octobre 2005 ; Bissau (Guinée Bissau) en octobre  2007 ; Bamako (Mali) en  octobre 2009.

Les difficultés de divers ordres que connaissent nos pays ces dernières années ont retardé la tenue de la 7ème édition. Les objectifs généraux assignés au SAIIT sont :  Evaluer le niveau de créativité en Afrique ; promouvoir l’esprit de créativité et offrir un plateau d’échange de technologie entre les inventeurs et les opérateurs économiques.

Qu’est-ce que l’OAPI attend de cette édition malienne ?

Au-delà des objectifs généraux, des objectifs spécifiques sont assignés à la prochaine édition : Identification et présentation des meilleures inventions de l’espace OAPI ; Diversification des participants au Salon ; Création d’opportunités d’affaires entre les inventeurs, les opérateurs   économiques et les institutions de financement ;  Promotion des solutions techniques auprès des groupes cibles ;  Médiatisation de la créativité africaine.

Pour y parvenir, nous entendons mobiliser les institutions de recherche, les universités et grandes écoles pour les inciter à présenter des solutions susceptibles d’intéresser les entreprises ou les collectivités publiques. Nous allons également mener des actions en direction des hommes d’affaires pour les intéresser au Salon et aux opportunités qu’ils peuvent saisir à cette occasion.

Que peut-on retenir de votre parcours à la tête de l’OAPI ?

Dr Paulin EDOU EDOU est le Directeur Général de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) depuis août 2007. Originaire du Gabon, il est Docteur en droit privé. Diplômé de l’Ecole nationale d’Administration (ENA), Professeur associé à l’université de Yaoundé II (Cameroun) et au centre d’études internationales de la propriété intellectuelle de l’université de Strasbourg (France), Paulin EDOU EDOU est également un ancien fonctionnaire de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Avant d’intégrer cette institution spécialisée des Nations-Unis, il a occupé de hautes fonctions dans son pays natal, le Gabon.

Dès son arrivée à la tête de l’Organisation, il nourrit l’ambition de redonner à la propriété intellectuelle ses lettres de noblesses. En plus de développer les acquis d’une Organisation administrative et séculière qu’il hérite, la vision prônée par Dr EDOU EDOU est de faire de l’OAPI du 21ème siècle “un laboratoire d’analyse, capable d’aborder, sans complaisance ni complexe, les questions de développement en rapport avec la propriété intellectuelle“. Notamment, en accentuant la formation à l’Académie de propriété intellectuelle Denis EKANI (APIDE), par l’instauration d’un cycle de master II en propriété intellectuelle, visant à doter les administrations des Etats membres des cadres spécialistes en la matière.

A son actif, plusieurs réalisations dont la plus emblématique est la construction d’un nouvel immeuble-siège. Sous son impulsion, des centres de documentation en propriété intellectuelle ont également été édifiés dans certains Etats membres.

Youssouf CAMARA

 

 

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