27 sommets Afrique-France aux fortunes diverses

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Le sommet Afrique-France de janvier 2017 √† Bamako (capitale du Mali) est le 27√® depuis l’instauration de ces rencontres par le pr√©sident Georges Pompidou en 1973. Nombreux sont les instruments de la coop√©ration franco-africaine, mais le sommet Afrique-France reste la plus grande preuve des liens toujours plus √©troits entre la France et l’Afrique en g√©n√©ral et ses anciennes colonies en particulier. L’importance accord√©e des deux c√īt√©s √† cette rencontre p√©riodique se trouve dans la croissance du nombre de participants qui est pass√© de sept chefs d’√Čtat ou de gouvernement en 1973, √† 37 √† La Baule en 1990, pour en arriver √† une cinquantaine attendue √† Bamako, ce 14 janvier 2017.

1er sommet, Paris 13 novembre 1973

C’est le pr√©sident nig√©rien¬† Hamani Diori , relais influent de la diplomatie fran√ßaise en Afrique, qui a eu l’initiative de cette rencontre √† laquelle assistent outre Hamani Diori, les piliers de la zone francophone : F√©lix Houphou√ęt-Boigny (C√īte d’Ivoire), Albert-Bernard Bongo (Gabon) devenu plus tard Oumar Bongo Ondimba, le g√©n√©ral Sangoul√© Lamizana (Haute-Volta devenu par la suite Burkina Faso avec Thomas Sankara), le g√©n√©ral Jean-Bedel Bokassa (Centrafrique qui se proclamera des ann√©es plus tard empereur, transformant ainsi la R√©publique Centrafricaine en empire),¬† L√©opold S√©dar Senghor (S√©n√©gal) et 4 d√©l√©gations de minist√®re des Finances: Congo, Dahomey (devenu B√©nin), Mali, Togo. La r√©union d√©finit un cadre pour les futures rencontres: organisme de concertation mutuelle de la coop√©ration. Mais il sera r√©v√©l√© plus tard par des analystes et historiens, la principale pr√©occupation de la France, notamment celle du Pr√©sident Georges Pompidou qui a pr√©sid√© la rencontre. C‚Äô√©tait d’ordre g√©o strat√©gique: faire participer l’Afrique √† la reconstruction de la paix aux abords de la M√©diterran√©e car on venait de sortir de la guerre Isra√©lo-Arabe.

2e sommet, Bangui 7 mars 1975

A Bangui, les diff√©rentes d√©l√©gations, d√©j√† plus nombreuses qu’√† la r√©union de novembre 1973, manifestent leur d√©sir de faire avancer dans le cadre d’une r√©union amicale, les probl√®mes de l’Afrique francophone: la situation des pays √©loign√©s de la mer, pays dits enclav√©s, la lutte contre la s√©cheresse et les catastrophes naturelles, enfin l’avenir de la francophonie. Val√©ry Giscard d’Estaing est le pr√©sident fran√ßais et entre les deux rencontres, Hamani Diori a √©t√© victime d’un putsch. Le Niger est repr√©sent√© par le lieutenant-colonel Seyni Kountch√©. Le g√©n√©ral Jean-Bedel Bokassa est devenu mar√©chal. Le major-g√©n√©ral¬† Juvenal Habyarimana¬† (Rwanda), instigateur d’un coup d’√Čtat en juillet 1973, Michel Micombero (Burundi) sont pr√©sents ainsi que des d√©l√©gations du Za√Įre, de Maurice et des Seychelles. Lors de cette rencontre, le pr√©sident fran√ßais √©met le vŇďu d’ouvrir la r√©union aux pays lusophones (voisins des pays francophones et donc int√©ress√©s par la zone d’√©changes commerciaux.

3e sommet, Paris 10 mai 1976

Alors que les deux pr√©c√©dentes conf√©rences avaient √©t√© domin√©es par l’examen de probl√®mes sp√©cifiquement africains ou euro-africains, celle de Paris se situe dans un cadre plus large: celui de l’Afrique ind√©pendante √† la recherche de son d√©veloppement. Aussi, la conf√©rence a-t-elle port√© sur quatre points: l’inflation, le syst√®me mon√©taire international, le dialogue Nord-Sud et l’aide au d√©veloppement.

Aux c√īt√©s du pr√©sident fran√ßais, Val√©ry Giscard d’Estaing, il y avait le major-g√©n√©ral Habyarimana,¬† devenu g√©n√©ral. Le colonel Moussa Traore (Mali) et le g√©n√©ral¬† Gnassingb√© Eyad√©ma (Togo) sont aussi pr√©sents. Le Dahomey, devenu B√©nin, est repr√©sent√© par le ministre de l’Industrie et de l’Artisanat. Les pays lusophones (Cap-Vert, Guin√©e-Bissau, Sao Tom√© & Principe) ont √©galement des repr√©sentants. L’Union des Comores, ind√©pendante en juillet 1975, participe √† la r√©union avec son ministre de l’Int√©rieur.

Les questions mon√©taires et √©conomiques de l’Afrique ind√©pendante sont √† l’ordre du jour ainsi que l’aide au d√©veloppement. On d√©cide de la cr√©ation de deux fonds: un fonds de promotion de l’Afrique, financ√© par les pays industrialis√©s et un fonds de solidarit√© africain, financ√© par les pays africains et la France. La France participe aux c√īt√©s de l’Allemagne f√©d√©rale, la Su√®de et le Canada au Fonds africain de d√©veloppement de l’Organisation de l’unit√© africaine (Oua).

4e sommet, Dakar 20 avril 1977

Les travaux de ce Sommet de Dakar sont domin√©s par ce que le Pr√©sident Val√©ry Giscard d’Estaing appelle “la mont√©e des p√©rils en Afrique”. En effet, le climat d’incertitude, cr√©√© par le brusque d√©veloppement de l’influence sovi√©tique et la rivalit√© entre super-grands dans plusieurs r√©gions du continent africain, p√®se sur les travaux de la Conf√©rence. La France, qui avait fourni un appui logistique au Za√Įre lors de la premi√®re invasion de la province du Shaba, se montre ferme et rassurante: tout Etat africain a droit √† la s√©curit√© √† l’int√©rieur de ses fronti√®res, quelles que soient ses opinions politiques, d√©clare le pr√©sident fran√ßais √† l’ouverture de ce quatri√®me sommet franco-africain. Cela dit, les probl√®mes de s√©curit√©, malgr√© leur importance, n’ont pas cach√© aux participants l’ampleur des probl√®mes √©conomiques, tels que l’inflation mondiale, la d√©t√©rioration des termes de l’√©change, l’avenir du dialogue Nord-Sud. L’influence sovi√©tique gagne du terrain sur le continent provoquant de nouvelles tensions: les pays lusophones plongent dans des conflits int√©rieurs qui vont vite d√©passer les fronti√®res.

La Corne de l’Afrique voit des changements d’alliance. La guerre qu’a entrain√© la d√©colonisation du Sahara espagnol, fait rage. Les probl√®mes de s√©curit√© sont √† l’ordre du jour mais l’inflation mondiale, les termes des √©changes commerciaux et le dialogue Sud-sud restent les sujets dominants. D√©veloppement, paix, unit√© et coop√©ration sont les ma√ģtres-mots. A Dakar, les 19 pays africains repr√©sent√©s r√©affirment avec fermet√© que le seul combat qui m√©rite d’√™tre livr√© en Afrique est le combat pour le d√©veloppement dans la paix, l’unit√© et la coop√©ration.

A ce quatri√®me sommet, le Tchad et les Seychelles, pays ind√©pendants en juillet 1976, sont repr√©sent√©s par leurs chefs d’√Čtat, respectivement, le g√©n√©ral F√©lix Malloum et James Mancham. Pour la premi√®re fois, une d√©l√©gation participe comme observateur: le Territoire des Afars et des Issas.

5e sommet, Paris 22 mai 1978

Les 20 participants r√©unis autour du pr√©sident fran√ßais ont pr√©sents √† l’esprit les √©v√©nements qui se d√©roulent au m√™me moment dans la province za√Įroise du Shaba. Ainsi donc, plus qu’√† Dakar, les probl√®mes de s√©curit√© p√®sent sur les d√©bats, tandis que l’inqui√©tude se fait plus grande, √† la mesure de l’aggravation des conflits d√©chirant l’Afrique au Sahara occidental, dans la Corne, au Tchad, sans oublier la d√©colonisation en Rhod√©sie et en Afrique australe. “Nous devons refuser que la politique des blocs ne ravage l’Afrique” d√©clare le Pr√©sident Val√©ry Giscard d’Estaing. De son c√īt√©, parlant au nom des Etats africains, le pr√©sident du Togo, le g√©n√©ral Gnassingb√© Eyad√©ma, d√©nonce “la violence aveugle, l’immixtion brutale des puissances √©trang√®res dans les affaires de pays souverains et revendique le droit √† la s√©curit√© qui, seul, peut garantir la poursuite du d√©veloppement”. Le chef de l’Etat gabonais, pr√©sident en exercice de l’Oua, se fait le champion de la cr√©ation d’un pacte d’assistance militaire entre tous les Etats qui voudront s’y associer.

Il faut signaler que le mar√©chal Jean-Bedel Bokassa est devenu l’empereur Bokassa Ier.. Djibouti est ind√©pendant depuis le 27 juin 1977 et est pr√©sent avec son pr√©sident, Hassan Gouled¬† Aptidon. Le g√©n√©ral Mobutu Sese Seko a fait pour la premi√®re fois le d√©placement ainsi que le Pr√©sident Moktar Ould Daddah de Mauritanie. Tous deux ont de bonnes raisons car, en ce qui concerne Mobutu, depuis une dizaine de jours, les rebelles katangais, bas√©s en Angola, ont p√©n√©tr√© la province du Shaba au Za√Įre. Concernant Moktar Ould Dada, le front Polisario au Sahara occidental (ex espagnol) est aux prises avec le Maroc et la Mauritanie. La Libye est entr√©e au Tchad. On parle du droit √† la s√©curit√© “garantie du d√©veloppement” et d’un pacte d’assistance militaire entre √Čtats. La France fait une dotation exceptionnelle pour la lutte contre la s√©cheresse, accro√ģt les moyens financiers du Fonds d’aide et de coop√©ration, am√©liore les conditions de pr√™ts de la Caisse centrale de coop√©ration √©conomique, future Agence fran√ßaise de d√©veloppement. C’est √† Paris que prend naissance l’id√©e, chapeaut√©e par le S√©n√©gal, de la r√©union des chefs d’√Čtat et de gouvernement francophones. Elle prend forme en 1986, en devenant le Sommet de la Francophonie dans le cadre de l’Agence de coop√©ration culturelle et technique.

6e sommet, Kigali 21 mai 1979

Si la conf√©rence de Kigali se d√©roule dans un climat plus serein que les deux pr√©c√©dentes, marqu√©es par les deux “invasions” du Shaba, elle conna√ģt n√©anmoins des incidents : d’abord, le d√©part pr√©cipit√© de la d√©l√©gation tchadienne dirig√©e par le g√©n√©ral Djogo, vice-pr√©sident du gouvernement provisoire de N’Djamena dont la repr√©sentativit√© est mise en doute par un certain nombre de d√©l√©gations ; ensuite l’affaire Bokassa : les d√©clarations fracassantes √† Paris de l’ambassadeur centrafricain d√©missionnaire, le g√©n√©ral Bangui, lequel confirme les r√©v√©lations d’Amnesty International relatives aux massacres d’√©coliers centrafricains. Au sommet de Kigali, il est alors d√©cid√© de cr√©er une mission d’enqu√™te compos√©e de d√©l√©gu√©s de 5 pays: C√īte d’Ivoire, Liberia, Rwanda, S√©n√©gal et Togo. En dehors de ces incidents, les probl√®mes de s√©curit√© sont largement d√©battus.

La Conf√©rence distingue trois √©tages dans la s√©curit√©: les actions de solidarit√© franco-africaines ; la cr√©ation d’une force panafricaine essentiellement dirig√©e contre “les Etats racistes de l’Afrique australe”; la signature d’accords r√©gionaux de non-agression. Mais ce sont bien les probl√®mes √©conomiques et le d√©veloppement ainsi que les relations euro-africaines qui retiennent le plus l’attention. A noter que l’examen, √† Kigali, des probl√®mes de d√©veloppement en Afrique intervient au moment o√Ļ, √† Manille, la cinqui√®me Conf√©rence des Nations unies sur le commerce et le d√©veloppement (Cnuced) s’efforce p√©niblement de faire avancer le dialogue Nord-Sud et qu’arrivent √† leur terme les n√©gociations pour le renouvellement de la Convention de Lom√©. A cet √©gard, la Conf√©rence lance un appel √† la France pour traduire fid√®lement les pr√©occupations des Etats Acp aupr√®s de leurs partenaires de la CEE et des autres pays industrialis√©s. Enfin, avec l’approbation des participants au Sommet, Giscard d’Estaing, pr√©sident en exercice de la CEE, s’entretient, √† Karthoum, avec le chef de l’Etat soudanais, pr√©sident en exercice de l’Oua, le g√©n√©ral Gaafar El Nimeyri, auquel il demande de soumettre officiellement “l’id√©e avanc√©e par la France d’une Conf√©rence euro-arabo-africaine”. Ainsi progressait l’id√©e du “trilogue”, ch√®re au Pr√©sident Giscard d’Estaing qui reconna√ģt lui-m√™me que sa “r√©alisation sera une t√Ęche complexe et d√©licate “.

Notons que le colonel Jean-Baptiste Bagaza, auteur du coup d’√Čtat de novembre 1976 au Burundi est pr√©sent ainsi que Ahmed Abdallah Abderamane, pr√©sident renvers√© en 1975 par les mercenaires de Bob Denard, puis remis en selle par les m√™mes mercenaires, en mai 1978 et √©lu quelques mois plus tard. Le Liberia est repr√©sent√© par son ministre des Affaires √©trang√®res. La Mauritanie, qui a d√©pos√© son pr√©sident apr√®s la guerre contre le Polisario (Sahara occidental) a d√©p√™ch√© son Premier ministre, le lieutenant-colonel Bouceif. Le Maroc, en pleine impasse au Sahara occidental, est repr√©sent√© par un ancien ministre.

7e sommet, Nice 8 mai 1980

Pr√©par√©e par la r√©union √† Paris les 3 et 4 avril 1980 des ministres des Affaires √©trang√®res, le Sommet de Nice s’ouvre dans un climat assombri par la crise tchadienne. La d√©claration officielle du vice-pr√©sident du Gouvernement d’union nationale de transition (Gunt), le lieutenant-colonel Kamougu√© et les contre-d√©clarations officieuses des repr√©sentants de Hiss√®ne Habr√© fournissent des explications contradictoires sur la situation au Tchad. Mais le probl√®me le plus crucial pos√© aux participants demeure les moyens d’amortir techniquement et financi√®rement les effets du choc p√©trolier sur la balance des comptes (pour 12 pays africains francophones d√©pourvus de richesses p√©troli√®res, la facture, qui √©tait de 25 milliards de francs Cfa en 1973, atteindra 243 milliards fin 1980). Autre probl√®me vital: l’insuffisance alimentaire constat√©e dans de nombreux pays du continent africain, notamment ceux du Sahel, victimes de la s√©cheresse (3 pays sah√©liens seulement ont d√©pass√©, en 1979, le seuil nutritionnel minimal de 2 200 calories par jour et par personne). A tous ces probl√®mes, la France a propos√© des solutions, d’abord dans le cadre proprement franco-africain, mais aussi au sein de l’Action concert√©e pour le d√©veloppement de l’Afrique (Acda) qui r√©alise la synth√®se des propositions des 6 pays fondateurs (France, Allemagne f√©d√©rale, Etats-Unis, Belgique, Grande-Bretagne et Canada) avec les priorit√©s retenues par les gouvernements et les institutions internationales africaines.

Ce sont, cependant, les expos√©s consacr√©s au trilogue qui constituent la pi√®ce ma√ģtresse du Sommet de Nice. De ces expos√©s, il ressort que le trilogue ne vise pas seulement √† √©largir la coop√©ration √©conomique entre pays africains d√©pourvus de mati√®res premi√®res, pays arabes exportateurs de p√©trole et pays europ√©ens disposant de technologies avanc√©es, mais √©galement √† apporter une dimension culturelle √† une concertation permanente entre les civilisations arabe, africaine et europ√©enne, unies, d√®s l’Antiquit√©, par des affinit√©s naturelles.

La Guin√©e √©quatoriale est pr√©sente avec son pr√©sident Teodoro Obiang Ngu√©ma Mbasogo qui a renvers√© son oncle Francisco Macias, l’ann√©e pr√©c√©dente. La Somalie et la Sierra Leone sont repr√©sent√©es par leurs pr√©sidents respectifs, le g√©n√©ral Siad Barr√© et Siaka Stevens. Cacophonie tchadienne entre le repr√©sentant du gouvernement unitaire √† Nice et Hiss√®ne Habr√© rest√© √† N’Djamena. La Haute-Volta a envoy√© cette fois son ministre des Finances.

8e sommet, Paris 3 novembre 1981 (premier sommet de François Mitterrand)

Jamais la Conf√©rence franco-africaine n’a r√©uni autant de participants √† la fois francophones, anglophones, lusophones, hispanophones et arabophones. Force est de croire que le changement de r√©gime politique intervenu en France, six mois plus t√īt, par l’√©lection de M. Fran√ßois Mitterrand √† la pr√©sidence de la R√©publique, a d√©cid√© nombre d’Etats √† √™tre pr√©sents √† ce Sommet. Le changement en ce qui concerne la politique africaine de la France ne s’op√®re pas seulement dans la forme, mais dans le fond : “La France est dispos√©e, affirme le Pr√©sident Mitterrand, lorsque cela correspond aux d√©cisions de l’Oua, √† pr√™ter son concours et √† assurer les moyens qui garantiront votre souverainet√©. C’est √† ces conditions que le principe de non-ing√©rence si souvent invoqu√© et si souvent bafou√©, retrouvera sa vraie signification”.

Un langage qui a d’autant plus port√© que le chef de l’Etat fran√ßais se montre convaincu que “la solution au drame du sous-d√©veloppement ne passe pas par la mise en place de cultures ou d’industries exportatrices ax√©es sur des technologies inad√©quates et exclusivement tourn√©es vers les march√©s des pays d√©velopp√©s. A un capitalisme marchand qu’orchestrent les firmes multinationales devrait √™tre pr√©f√©r√© un d√©veloppement agricole et industriel mettant en valeur les ressources humaines et naturelles, en cherchant √† satisfaire, par priorit√©, les besoins essentiels de la population”. Rien d’√©tonnant, donc, que le Pr√©sident ivoirien, Houphou√ęt-Boigny, parlant en sa qualit√© de doyen d’√Ęge, rel√®ve que le nouveau chef de l’Etat fran√ßais est “tr√®s proche de la sensibilit√© africaine”. Et souligne, par ailleurs, que son “int√©r√™t pour le Tiers-monde ne s’est jamais d√©menti”. Les probl√®mes tchadien, namibien et celui que pose le Sahara occidental ont √©t√© l’objet des travaux de ce Sommet, tout comme ceux que soul√®ve le d√©veloppement face √† une crise √©conomique mondiale. Crise qui frappe, de plein fouet, les pays en d√©veloppement dont la France se d√©clare solidaire car Fran√ßois Mitterand promet de porter l’aide fran√ßaise au d√©veloppement √† 0,70% du produit national brut.

Rappelons que, le g√©n√©ral Kolingba a remplac√© Bokassa Ier pour la Centrafrique et Abdou Diouf, L√©opold S√©dar Senghor pour le S√©n√©gal. Goukouni Weddeye est pr√©sent pour le Tchad; le colonel Say√© Zerbo, qui a renvers√© le g√©n√©ral Sangoul√© Lamizana, repr√©sente la Haute-Volta, Denis Sassou-Nguesso, le Congo et Mathieu Ker√©kou, pr√©sident du B√©nin fait son premier d√©placement. Le Soudan et l’Egypte ont envoy√© leurs ministres.

Le Zimbabwe, qui vient d’abandonner le carcan de la Rhod√©sie du Sud, est pr√©sent avec son ministre du Travail et l’Angola avec un vice-ministre. C’est le lieutenant-colonel Ould Ha√Įdalla qui repr√©sente la Mauritanie. Les pays arabophones sont au nombre de 9, les anglophones 6. Pas moins de 10 militaires parmi les chefs d’Etat. Le changement √† la t√™te de l’Etat fran√ßais a attir√© du monde. Pr√©occup√©e par la situation √† N’Djamena, la France d√©cide d’apporter son aide √† la mise en place d’une force interafricaine. On √©met le souhait de voir la Namibie acc√©der √† l’ind√©pendance d√®s 1982.

9e sommet, Kinshasa 8 octobre 1982

La pr√©c√©dente conf√©rence des chefs d’Etat de France et d’Afrique (telle est d√©sormais l’appellation consacr√©e) r√©unie en 1981 avait battu, avec 32 participants, le record d’affluence depuis l’inauguration de ce nouveau cadre de dialogue. Ils sont 37 √† Kinshasa. Au nombre des nouveaux venus: le g√©ant ouest-africain qu’est le Nigeria et l’influente Tanzanie. Cette 9√® conf√©rence, √† Kinshasa, pr√©sente une importance particuli√®re; elle se tient √† une √©poque o√Ļ parler de l’√©clatement de l’Oua n’√©tait pas n√©cessairement jouer l’oiseau de mauvais augure.

Qu’on s’en souvienne: le sommet de l’organisation panafricaine, pr√©vu √† Tripoli (Libye) en ao√Ľt 1982, s’√©tait r√©v√©l√© un rendez-vous manqu√©. Pis encore: le probl√®me du Sahara occidental avait r√©veill√© le vieux d√©mon du clivage “progressistes contre mod√©r√©s” √† propos de l’admission ou non de la R√©publique arabe sahraouie d√©mocratique (Rasd) comme membre √† part enti√®re de l’Oua. Bien que l’organisation en ait connu bien d’autres, cette crise √©tait la plus grave, les deux clans rejetant toute concession. C’est donc dans cette atmosph√®re de blocage, pour ne pas dire de veille d’√©clatement de l’Oua, que se sont retrouv√©s, √† Kinshasa, 36 repr√©sentants des Etats africains sur les 50 que compte l’organisation panafricaine. Le quorum, qui n’√©tait pas r√©uni √† Tripoli, l’√©tait d’une certaine fa√ßon √† Kinshasa. De l√† √† sugg√©rer que cette conf√©rence franco-africaine allait se substituer, par France interpos√©e, au Sommet de l’Oua, il n’y avait qu’un pas, d’ailleurs all√®grement franchi par ceux qui, √† force de subodorer partout le n√©o-colonialisme, en √©taient arriv√©s √† ne pas consid√©rer la diversit√© des r√©gimes repr√©sent√©s.

En r√©ponse, le Pr√©sident Mitterrand a tenu √† affirmer, √† Kinshasa, que le Sommet franco-africain “n’est ni une institution, ni une organisation. Elle n’entend se substituer √† personne, notamment √† l’Oua. Nous n’en avons ni le mandat ni l’intention… C’est aux Africains qu’il appartient de se d√©terminer eux-m√™mes, au niveau privil√©gi√© de l’Oua”.

Face √† la crise mondiale qui frappe davantage les pays africains, le chef de l’Etat fran√ßais a, une fois encore, plaid√© pour l’instauration d’un v√©ritable dialogue Nord-Sud auquel restent sourds, notamment, les Etats-Unis “qui diminuent leur aide au d√©veloppement et dont les mouvements erratiques de la monnaie (le dollar) placent la plupart des pays dans une situation intol√©rable, surtout pour les pays en voie de d√©veloppement”. S’il a stigmatis√© la d√©sorganisation du syst√®me mon√©taire international, la d√©t√©rioration des termes de l’√©change, et plaid√© pour la garantie des cours des mati√®res premi√®res, l’autosuffisance alimentaire et la consolidation des accords de Lom√©, le Pr√©sident Mitterrand a tenu √©galement √† rassurer ses coll√®gues que “la France est avec vous et restera √† vos c√īt√©s, vous les Etats africains”. Mais cette solidarit√© r√©affirm√©e ne doit pas occulter la r√©alit√© des possibilit√©s : “La France, prise dans la tourmente de la crise, ajoute le chef de l’Etat fran√ßais, ne peut, √† elle seule, se substituer aux grands pays qui ont pris du retard, n’ont pas compris et ont limit√© leurs vues du monde aux rapports de force militaire”. Ce langage de la franchise a √©t√© appr√©ci√©.

La Conf√©rence a √©galement consacr√© la l√©gitimit√© d’Hiss√®ne Habr√© √† la t√™te de l’Etat tchadien apr√®s qu’il eut, quelques mois plus t√īt, renvers√© le r√©gime de Goukouni Weddeye. En effet, la participation d’Habr√© n’a nullement √©t√© contest√©e par les autres chefs d’Etat africains avec lesquels il eut des entretiens priv√©s, en marge de la Conf√©rence, ainsi qu’avec le Pr√©sident Mitterrand. Celui-ci d√©clare, √† l’issue de son t√™te-√†-t√™te d’une heure avec le pr√©sident tchadien, qu'”une situation de droit existe d√©sormais au Tchad et que l’Etat tchadien, que la France reconna√ģt, a maintenant un pouvoir central”.

Lors de ce sommet, la Gambie est repr√©sent√©e pour la premi√®re fois par Daouda Jawara, son pr√©sident. L’Angola, le Nigeria et la Tanzanie participent √† un niveau minist√©riel.

10e sommet, Vittel 3 octobre 1983

La Conf√©rence des chefs d’Etat de France et d’Afrique “n’est ni une institution, ni une organisation. Elle n’entend se substituer √† personne, notamment √† l’OUA…”. La pr√©cision faite au sommet pr√©c√©dent, plus pr√©cis√©ment √† Kinshasa en 1982, le pr√©sident Mitterrand a tenu √† la r√©it√©rer √† Vittel en 1983. La mise au point √©tait d’autant plus n√©cessaire que le probl√®me tchadien – √† c√īt√© de celui du Sahara occidental – demeure la pomme de discorde au sein de l’Oua. Or la Conf√©rence de Vittel a surtout √©t√© domin√©e par le Tchad, aussi bien dans les discussions priv√©es que dans les s√©ances informelles, alors que l’organisation panafricaine, bloqu√©e par ses divisions internes, s’√©tait jusque-l√† montr√©e incapable d’arbitrer le conflit entre Tchadiens par la Libye interpos√©e. Rien d’√©tonnant que le Sommet franco-africain, r√©unissant, d’une ann√©e sur l’autre, de plus en plus de dirigeants africains, soit suspect√©, par certains, de se substituer, en sous-main, √† l’Oua.

A Vittel, tous les participants, y compris Hiss√®ne Habr√©, se sont prononc√©s en faveur du dialogue entre Tchadiens et de l’int√©grit√© du Tchad. Des divergences sont toutefois apparues parmi les Africains quant au cadre √† donner √† ces discussions con√ßues par les uns (essentiellement les francophones) comme un dialogue entre le gouvernement l√©gitime repr√©sent√© par Hiss√®ne Habr√© et des rebelles. D’autres, tel le Congo, entendent mettre sur le m√™me plan le Gunt et le r√©gime de N’Djamena. Dans les milieux fran√ßais, on estime que l’intervention au Tchad avec le dispositif ¬ęManta¬Ľ place les Africains devant leurs responsabilit√©s pour qu’ils trouvent une solution politique, apr√®s le gel des op√©rations militaires libyennes sur le terrain. Cette attitude a suscit√©, toutefois, certaines critiques priv√©es de la part de ceux qui estiment que Paris a un r√īle primordial √† jouer dans la recherche de cette solution, ne serait-ce que par le poids qu’elle peut avoir aupr√®s du colonel Kadhafi.

On retient principalement de ce sommet la participation remarquée de Thomas Sankara (Burkina Faso) et celle de João Bernardo Vieira (Guinée-Bissau). Le Kenya est pour la première fois représenté à la rencontre Afrique-France.

11e sommet, Bujumbura  11 décembre 1984

Si la pr√©c√©dente conf√©rence a surtout √©t√© domin√©e par le probl√®me tchadien, tel ne fut pas le cas √† Bujumbura. Le dispositif “Manta” mis en place au Tchad par la France avait stopp√© les vell√©it√©s de conqu√™te libyennes, m√™me si les troupes du colonel Kadhafi demeuraient ma√ģtres de la bande d’Aouzou. Dans le m√™me temps, le pr√©sident congolais, Denis Sassou Nguesso, avec la b√©n√©diction de ses pairs africains et les encouragements de la France, avait entrepris des tentatives de r√©conciliation des diverses factions tchadiennes. Par ces temps de crise mondiale aggrav√©e, en Afrique, par la s√©cheresse, les probl√®mes √©conomiques ont donc constitu√© l’essentiel des discussions: l’endettement, la stabilisation des recettes, l’autosuffisance alimentaire. Pour la premi√®re fois est abord√©e la course √† l’armement en Afrique qui gr√®ve les budgets, au d√©triment du d√©veloppement.

En introduisant ce sujet dans les d√©bats, les d√©l√©gations, comme celle du Burundi, entendaient ainsi souligner un choix, en une p√©riode o√Ļ la guerre la plus meurtri√®re que subit l’Afrique a pour nom la s√©cheresse et son corollaire, la famine. L’heure n’est donc plus au catalogue des dol√©ances ni aux vŇďux pieux. Il s’agit de mobiliser l’Afrique. Le Pr√©sident Mitterrand a √©galement rappel√© la volont√© de la France de continuer √† aider au d√©veloppement de l’Afrique qui, d√©j√†, “re√ßoit plus des deux tiers de l’ensemble des concours publics fran√ßais au d√©veloppement. C’est notre devoir, mais c’est aussi mon choix ” dit Mitterrand.

12e sommet, Paris  11 décembre 1985

Pr√©sid√© par Fran√ßois Mitterrand cette rencontre sommet a vu la premi√®re repr√©sentation (ambassadeur) du Botswana au sommet Afrique-France. Le colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, qui a renvers√© son pr√©d√©cesseur Mohamed Khouna Ould Haidalla (Mauritanie), un an plus t√īt, a rejoint Paris. Le roi Hassan II est √©galement pr√©sent: la question du r√©f√©rendum au Sahara occidental est √† l’ordre du jour. Au Tchad, La France a le sentiment de s’√™tre “fait avoir” en retirant ses troupes, ce que n’a pas fait la Libye. Les pays africains sont √©tonn√©s de ne pas voir de r√©plique militaire fran√ßaise. Mais “l’unit√© du Tchad concerne les Tchadiens” r√©affirme Fran√ßois Mitterrand. Au chapitre de l’√©conomie : les √Čtats africains croulent sous le poids de leurs dettes et sont incapables d’aller de l’avant.

Le Pr√©sident Fran√ßois Mitterrand souligne son engagement en faveur de l’Afrique aupr√®s des instances internationales (sommet des pays industrialis√©s, Gatt, etc). Le r√©gime d’apartheid en Afrique du Sud s’invite aussi dans cette rencontre et d√©croche une condamnation sans faille. La dispute entre la France et les Comores sur le statut de l’√ģle de Mayotte (qui a vot√© deux fois pour son maintien comme d√©partement d’outre-mer fran√ßais) n’est pas r√©gl√©e et le pr√©sident fran√ßais laisse entendre qu’il y a eu une “erreur” dans le pass√©. L’Onu est convoqu√©e pour une session extraordinaire sur la dette africaine. La d√©cision de cr√©er une Maison de l’Afrique est ent√©rin√©e.

13e sommet, Lomé  13 décembre 1986

Le Liberia et le Soudan sont repr√©sent√©s pour la premi√®re fois √† un haut niveau : Samuel Doe et Ali Hassan Taj Eddin conseiller sp√©cial du nouveau pr√©sident Sadiq al-Mahdi pour les questions africaines. Le sommet compte un invit√© sp√©cial: Jacques Fran√ßois, membre du Conseil national de gouvernement mis en place par le g√©n√©ral Namphy, √† Ha√Įti.

Si la conf√©rence des chefs d’Etat de France et d’Afrique n’√©tait, chaque ann√©e, qu’une sorte de grand-messe au rite et au c√©r√©monial immuables, ses participants auraient perdu la foi depuis plus d’une d√©cennie. Mais le constat est tout autre: ce qui, au d√©part, se voulait des “retrouvailles familiales annuelles entre la France et l’Afrique francophone”, s’est irr√©sistiblement √©largi au reste de l’Afrique, qu’elle soit anglophone, lusophone ou hispanophone. A telle enseigne que ses d√©tracteurs n’ont pas h√©sit√© √† comparer ce Sommet – qui, pourtant, s’est toujours voulu informel – √† une Oua-bis autour de la France. La conf√©rence r√©unie √† Lom√© a conserv√© tout l’int√©r√™t du dialogue. Le probl√®me tchadien qui, depuis des ann√©es, occupe le devant de la sc√®ne des sommets franco-africains n’a pas fait d√©faut. Mais il a, cette fois-ci, chang√© de nature : de guerre civile, il est en passe de n’√™tre plus qu’un conflit international opposant deux Etats. En effet, des milliers de combattants goukounistes, ralli√©s au r√©gime de N’Djam√©na, retournent maintenant leurs armes contre leurs alli√©s libyens d’hier, au nord du 16√® parall√®le.

L’√©pineux dossier du Tchad

Des contacts sont engag√©s entre Hiss√®ne Habr√© et Goukouni Ouedde√Į par √©missaires interpos√©s, via Alger et Libreville, entre autres. Tandis que le chef du Gunt – destitu√© par des factions tchadiennes encore au service de Tripoli – bless√© au cours d’un √©change de coups de feu avec des hommes de Kadhafi, est prisonnier dans la capitale libyenne. La r√©conciliation amorc√©e entre Tchadiens est chaleureusement salu√©e √† Lom√©. L’h√īte du Sommet, le Pr√©sident Eyad√©ma, souligne “qu’apr√®s plus de vingt ans de guerre fratricide, le Tchad retrouve, enfin, l’√®re d’une renaissance charg√©e de promesses, √† la suite des ralliements de diverses tendances au gouvernement de N’Djam√©na…” Quant au Pr√©sident Mitterrand, il d√©clare notamment: “Le jour viendra o√Ļ ce pays fera – j’en suis convaincu, et j’exprime la volont√© de la France – la d√©monstration de la vanit√© des entreprises qui le menacent, le jour o√Ļ le patriotisme de chacun de ses fils l’emportera sur les querelles d’hier. Alors on verra clairement o√Ļ se trouve l’origine d’un conflit qui se trouve, aujourd’hui, devenu international”. Allusion √† peine voil√©e √† la Libye. D’autant moins que le Pr√©sident Hiss√®ne Habr√© a annonc√© que son pays vient de d√©poser, le 14 novembre, une plainte contre la Libye devant le Conseil de s√©curit√© des Nations unies.

Est-ce √† dire que, face √† la nouvelle r√©alit√© pr√©valant sur le terrain, la France entend d√©sormais modifier sa politique d’appui militaire √† N’Djam√©na ? Certes, Paris a accept√© d’y envoyer une aide suppl√©mentaire: armement l√©ger, moyens de transmission, m√©dicaments… Ce qui permettra aux troupes d’Hiss√®ne Habr√© d’effectuer quelques raids rapides au-del√† du 16√® parall√®le, pour prendre contact avec les goukounistes ralli√©s, les approvisionner en munitions et secourir les populations civiles durement affect√©es par les bombardements libyens. Mais, pour le reste, la France maintient sa position: le dispositif Epervier, qui a remplac√© “Manta” continue de verrouiller le terrain, interdisant √† l’arm√©e libyenne toute tentative de franchissement du 16√® parall√®le. Et le chef de l’Etat fran√ßais de pr√©ciser: “La France ne se laissera pas entra√ģner au nord du 16√® parall√®le, m√™me si des actions d’imprudence √©taient accomplies”, se montrant, par ailleurs, r√©serv√© quant √† l’√©ventualit√© d’une action frontale des forces tchadiennes contre les Libyens. Car, estime le Pr√©sident Mitterrand, la situation m√Ľrissait d’elle-m√™me. Mais qu’on ne s’y trompe pas : “La France est pr√™te √† soutenir, plus encore, les efforts du Pr√©sident Habr√© qui commence √† voir son action r√©compens√©e…”

Autre thème fort: les difficultés des économies africaines

Le ton est donn√© par le chef de l’Etat togolais, le g√©n√©ral Eyad√©ma, qui, dans une analyse rigoureuse de la situation √©conomique des Etats africains, ne s’est nullement content√© de jeter le tort sur les autres: “Pour notre part, dans l’euphorie de l’ind√©pendance, des erreurs ont √©t√© commises, et les politiques de d√©veloppement √©taient inadapt√©es. Ces erreurs d’orientation ont √©t√© corrig√©es ou accentu√©es. Toujours est-il que leurs cons√©quences directes ou indirectes sont √† l’origine de la situation que conna√ģt aujourd’hui l’Afrique, et dont les effets sont semblables √† ceux d’une guerre mondiale…” Conclusion logique: les pays du Nord pourraient mettre en Ňďuvre une sorte de plan Marshall en faveur du Sud, √† l’instar de celui que les Etats-Unis mirent au point pour l’Europe, apr√®s la Seconde Guerre mondiale. Cette suggestion a √©t√© approuv√©e par le Pr√©sident Mitterrand qui, √† l’occasion, a soulign√© l’effort d√©ploy√© par la France pour aider au d√©veloppement de l’Afrique: “J’avais annonc√©, en 1981, √† la Conf√©rence de Paris, que l’aide de la France aux pays les moins avanc√©s serait port√©e √† 0,15 % du produit national brut en 1985. Cet objectif a √©t√© atteint d√®s 1984, soit un an avant la date pr√©vue… Alors que notre aide bilat√©rale a progress√©, au total, entre 1980 et 1984, de 47 %, l’aide consacr√©e √† l’Afrique subsaharienne a augment√© de 64 %…” Regrettant que les exc√©dents financiers de certains pays du Nord semblent devoir aller prioritairement combler les d√©ficits budg√©taires d’autres pays du Nord, au lieu de servir √† satisfaire les besoins du Sud, le chef de l’Etat fran√ßais souligne que l’avenir du monde tout entier d√©pend du sort du Tiers-monde. Si ces pays sombrent, nous sombrerons tous aussi! Il a d√©fini les cinq grandes directions que les pays industrialis√©s devraient choisir pour aider au d√©veloppement des pays du Sud: S’assurer une croissance √©lev√©e et durable; augmenter leurs aides publiques au d√©veloppement; ouvrir les march√©s des pays du Nord aux produits du Tiers-monde; r√©soudre le probl√®me de l’endettement, et progresser, enfin, vers le d√©sarmement.

Déjà, le terrorisme international  au menu

Le terrorisme international √©tait un sujet inconnu dans ce cercle. Ce fut une nouveaut√© √† Lom√©. Et pour cause: quelques semaines auparavant, le Togo avait d√Ľ faire face √† une tentative de coup d’Etat perp√©tr√©e par “des groupes arm√©s venus de l’√©tranger”. La France, faisant jouer l’accord de d√©fense la liant au Togo depuis 1963, avait d√©p√™ch√© √† Lom√©, √† la demande du Pr√©sident Eyad√©ma, des √©l√©ments parachutistes et des moyens a√©riens. Le chef de l’Etat togolais n’a donc pas manqu√© de soulever le probl√®me, stigmatisant “certaines forces, ennemies de la paix, (qui) ont jur√© d’exporter la violence terroriste √† travers le monde, et de frapper, de fa√ßon aveugle, des pays innocents (…) Nous nous devons, au sein de notre communaut√©, d’initier des accords de coop√©ration qui nous permettent de poursuivre les auteurs et les commanditaires des attentats perp√©tr√©s dans un pays en paix…”

Pour le pr√©sident Mitterrand, la cause est entendue: sans jouer les gendarmes en Afrique, la France, en accord avec la Charte des Nations unies et avec celle de l’Oua, partage cette pr√©occupation. Et elle entend contribuer au maintien des ind√©pendances, de l’unit√©, de la souverainet√© des Etats africains amis.

Autre sujet d√©battu: l’Afrique australe

“C’est, sur le continent africain, le plus grand foyer d’ins√©curit√©… o√Ļ nos fr√®res sud-africains et namibiens sont, au monde, les seuls peuples opprim√©s dans leurs propres pays… Seule la poursuite des sanctions √©conomiques d√©cid√©es par la Communaut√© internationale contre ce pays peut amener la minorit√© dirigeante √† mettre fin √† l’apartheid…” a soulign√© le Pr√©sident Eyad√©ma. Apr√®s avoir rappel√© les mesures prises par la France contre l’Afrique du Sud, le Pr√©sident Mitterrand a indiqu√© que “la France est pr√™te √† accro√ģtre son aide aux populations sud-africaines pour que vienne, enfin, et le plus t√īt possible, le temps de la dignit√©…En ce qui concerne le Sahara occidental, la France entend respecter le droit international, tel qu’il a √©t√© reconnu par les Nations unies, les droits des populations √† l’autod√©termination, c’est-√†-dire une simple r√®gle de justice… “ Pour la premi√®re fois, la d√©l√©gation fran√ßaise, conduite par le chef de l’Etat, comprenait √©galement le Premier ministre, Jacques Chirac. C’est l’une des illustrations de la cohabitation instaur√©e en France, depuis le changement de majorit√© parlementaire, le 16 mars 1986.

14e sommet, Antibes  10 décembre 1987

Fran√ßois Mitterrand et le Premier ministre, Jacques Chirac, assistent tous les deux √† la r√©union. Pour la premi√®re fois, F√©lix Houphou√ęt-Boigny est absent (raisons de sant√©). Abdou Diouf est en campagne √©lectorale au S√©n√©gal. Le gouvernement fran√ßais a fait parvenir une note aux participants avant la rencontre, avec deux th√®mes de discussion: dette publique et les prix des mati√®res premi√®res. Les deux sont li√©s. Le Za√Įre soutient l’id√©e d’une conf√©rence internationale sur la dette qui offrira l’occasion d’un forum de n√©gociations entre partenaires : proposition retenue par le sommet. La France envisage un r√©√©chelonnement des dettes africaines et d√©cide de contribuer √† hauteur de 500 millions de dollars aux facilit√©s des programmes d’ajustement structurel du Fmi. L’avenir de la zone franc et le march√© unique europ√©en √† l’horizon 1992 sont √©galement √©voqu√©s. Le Tchad est toujours en situation de fragilit√©. Le Za√Įre prend langue avec l’Angola qui a d√©p√™ch√© son ministre de l’Int√©rieur, √† propos du soutien apport√© √† Jonas Savimbi et les troupes de l’Unita contre Luanda.

15e sommet, Casablanca  14 décembre 1988

La 15√® conf√©rence des chefs d’Etat a √©t√©, certes, consacr√©e aux dossiers √©conomiques et financiers, face √† l’une des crises les plus graves que traverse le continent africain paralys√© dans son d√©veloppement par le poids insupportable de son endettement. Mais, pour la premi√®re fois depuis longtemps, le Sommet a eu l’occasion de relever une √©volution vers l’apaisement de conflits r√©gionaux et d’affrontements politiques en cours depuis de longues ann√©es: le Tchad o√Ļ la reconstruction du pays est alors de nouveau engag√©e, et o√Ļ le conflit avec le Libye est stabilis√©, en attendant le r√®glement du diff√©rend sur la bande d’Aouzou; l’Angola (le retrait cubain) et la Namibie (l’ind√©pendance), pour lesquels le protocole d’accord sign√© √† Brazzaville, la veille du Sommet, offre la perspective d’une √©volution positive; le Sahara occidental, o√Ļ la proc√©dure r√©f√©rendaire est enfin accept√© par le Maroc et la Rasd. Ce Sommet de Casablanca est √©galement l’occasion d’un retour remarqu√© du Maroc sur la sc√®ne africaine.

Fran√ßois Mitterrand est pr√©sent √† ce sommet o√Ļ, apr√®s 4 sommets d’absence, le Burkina Faso revient avec Blaise Compaor√© qui a renvers√© Thomas Sankara (assassin√© en 1987). Pierre Buyoya, le Putchiste de consensus, comme le surnomme le quotidien fran√ßais Lib√©ration, a d√©pos√© Jean-Baptiste Bagaza, un an plus t√īt, au Burundi. Lansana Cont√© repr√©sente la Guin√©e. La situation au Tchad s’est¬† apais√©e, la Namibie est proche de voir son ind√©pendance (mars 1990), les Cubains ont quitt√© l’Angola. Enfin, le Maroc a accept√© la proc√©dure du r√©f√©rendum au Sahara occidental. Restent les questions √©conomiques avec la dette et le prix des mati√®res premi√®res. Les √Čtats africains se plaignent des interventions du Fmi et de la Banque mondiale.

Promesse d’annuler la dette des pays pauvres

La France r√©it√®re sa promesse d’annuler le tiers de la dette des pays pauvres et rend compte de sa mission aupr√®s des institutions internationales sur la question de la dette.¬† Le march√© unique europ√©en ? Si on annonce que la parit√© avec le FCFA sera maintenue, il est question de restructurer le syst√®me bancaire africain. Un Observatoire du Sahara, charg√© de suivre les √©volutions climatiques et une cellule d’urgence sur les migrations des criquets p√®lerins sont cr√©√©s.

16e sommet, La Baule 19 juin 1989

Premi√®re apparition du chef d’√Čtat ougandais, Yoweri Museveni qui a pris le pouvoir en janvier 1986 et du Mozambicain Joaquim Chissano, qui a acc√©d√© au pouvoir en novembre de la m√™me ann√©e, √† un sommet France-Afrique.

“Il y aura une aide normale de la France √† l’√©gard des pays africains, mais il est √©vident que cette aide sera plus ti√®de envers ceux qui se comporteraient de fa√ßon autoritaire, et plus enthousiaste envers ceux qui franchiront, avec courage, ce pas vers la d√©mocratisation…” C’est bien la premi√®re fois que la France, par la voix de son pr√©sident, annonce clairement qu’elle accordera, d√©sormais, une “prime √† la d√©mocratisation des r√©gimes africains”. Mais l’annonce n’√©tait pas si surprenante, √† l’heure o√Ļ un vent d’Est balayait les r√©gimes autoritaires d’Europe orientale et centrale, et o√Ļ, sous la pression de la rue, un grand nombre de pays africains ont d√Ľ, eux-m√™mes, amorcer une “ouverture d√©mocratique”.

Le Pr√©sident Mitterrand avait, auparavant, pris la pr√©caution de pr√©ciser: “Nous ne voulons pas intervenir dans les affaires int√©rieures. Pour nous, cette forme subtile de colonialisme qui consisterait √† faire la le√ßon en permanence aux Etats africains et √† ceux qui les dirigent, c’est une forme de colonialisme aussi perverse que toute autre. Ce serait consid√©rer qu’il y a des peuples sup√©rieurs, qui disposent de la v√©rit√©, et d’autres qui n’en seraient pas capables, alors que je connais les efforts de tant de dirigeants qui aiment leur peuple, et qui entendent le servir, m√™me si ce n’est pas de la m√™me fa√ßon que sur les rives de la Seine ou de la Tamise…” Et d’ajouter: “Lorsque je dis d√©mocratie, lorsque je dis que c’est la seule fa√ßon de parvenir √† un √©tat d’√©quilibre au moment o√Ļ appara√ģt la n√©cessit√© d’une plus grande libert√©, j’ai, naturellement, un sch√©ma tout pr√™t : syst√®me repr√©sentatif, √©lections libres, multipartisme, libert√© de la presse, ind√©pendance de la magistrature, refus de la censure… A vous peuples libres, √† vous Etats souverains que je respecte, de choisir votre voie, d’en d√©terminer les √©tapes et l’allure…”

Le Sommet ne s’est √©videmment pas limit√© aux questions politiques. La coop√©ration franco-africaine y a √©galement pris, comme d’habitude, une part importante.

17e sommet, Libreville  le 11 avril 1992

Le Pacte national sign√© √† Bamako, le 11 avril 1992, comme solution au probl√®me touareg, est accueilli avec soulagement dans la mesure o√Ļ il garantit aux parties d’Ňďuvrer dans le cadre des institutions d√©mocratiques pour la paix, la s√©curit√© et la stabilit√© dans la r√©gion.

Pour la premi√®re fois depuis 1973, la Conf√©rence des chefs d’Etat de France et d’Afrique se r√©unit en l’absence du pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise. C’est, en effet, le Premier ministre, Pierre B√©r√©govoy, que le Pr√©sident Mitterrand, convalescent apr√®s une d√©licate intervention chirurgicale, charge de le repr√©senter √† ce Sommet. Jamais, depuis Nice en 1980, il n’y a eu si peu de chefs d’Etat africains. Malgr√© l’importance des t√™te-√†-t√™te entre le pr√©sident fran√ßais et ses homologues africains, dans ce type de r√©union, l’absence du num√©ro Un fran√ßais n’explique pas tout. Le “discours de la Baule”, deux ans plus t√īt, et sa “prime √† la d√©mocratisation” commencent √† faire leurs effets tant au Togo, au Za√Įre, au Niger, √† Madagascar qu’en Centrafrique. Autant de pays dont les chefs d’Etat ont pr√©f√©r√© s’√©clipser. Sans parler de ceux des Comores et de Djibouti, confront√©s √† une instabilit√© int√©rieure.

La dévaluation du franc Cfa en question !

La France, pour la premi√®re fois, se range √† l’avis des Etats africains qui estiment draconiennes les conditions impos√©es par les institutions internationales en √©change de leur aide. “Il est des ajustements qui sont n√©cessaires dans vos pays, des √©conomies √† faire, souligne le Premier ministre fran√ßais, mais il faut y aider, et non vous y contraindre… Nous avons tous des devoirs √† l’√©gard des institutions mon√©taires internationales, mais nous avons aussi des droits. Ce qui me choque le plus, c’est que le flux des capitaux soit devenu n√©gatif, autrement dit, que les pays africains re√ßoivent moins qu’ils ne remboursent… Parce qu’un certain nombre de pays ont refus√© la d√©valuation du franc Cfa que la Banque mondiale sugg√©rait, ils se trouvent priv√©s de concours… Je dis non ! Il faut davantage de compr√©hension… Ce refus de la d√©valuation, le gouvernement fran√ßais r√©affirme qu’il le partage avec ses partenaires de la zone d’autant que ceux-ci tiennent au maintien de la parit√© du franc Cfa li√©e au franc fran√ßais”.

Omar Bongo : “Le continent africain balance dans l’espoir ¬†et l’angoisse‚Ķ”

H√īte de ce Sommet, le pr√©sident gabonais, Omar Bongo, a su, en quelques touches pr√©cises, brosser le tableau de la situation: “Le continent africain balance entre l’espoir et l’angoisse. En Afrique australe, nous avons vu s’engager, enfin, la liquidation du syst√®me odieux de l’apartheid. Mais nous constatons les dramatiques difficult√©s qui pars√®ment le chemin restant √† parcourir, tandis que le sang de nos fr√®res coule encore… Nos pays butent, aujourd’hui plus que jamais, sur de graves difficult√©s financi√®res, √©conomiques et sociales. La faiblesse des ressources naturelles dans certains cas, l’insuffisance des prix de vente des productions mini√®res ou agricoles dans d’autres, limitent gravement les revenus de l’Afrique. En outre, les fonds obtenus par la vente des productions africaines sont largement absorb√©s par le paiement de la dette ext√©rieure…Nous manquons ainsi toujours plus gravement des moyens d’assurer la relance de notre croissance √©conomique, de r√©pondre aux demandes sociales accrues de nos populations, et de conforter, par le progr√®s √©conomique et social, le d√©veloppement d√©mocratique auquel nous sommes attach√©s, ce d√©veloppement d√©mocratique que nous continuons de faire avancer malgr√© toutes les difficult√©s mat√©rielles de notre continent. C’est pourquoi nous appelons √† la solidarit√©”.

Le sang coule en Afrique

Le sang qui coule encore, c’est au Liberia: le Sommet encourage les Etats membres de la Cedeao dans leurs efforts pour restaurer la paix et la stabilit√© dans ce pays. En Somalie: la proposition faite devant la 47√® session de l’Assembl√©e g√©n√©rale de l’Onu par le pr√©sident s√©n√©galais, Abdou Diouf, de convoquer une conf√©rence internationale en vue de r√©soudre le conflit somalien, est chaleureusement approuv√©e. Au Mozambique: l’accord de Rome d’octobre 1991 ouvre la voie vers la paix. Au Rwanda: le gouvernement de Kigali et le Front patriotique rwandais sont encourag√©s √† poursuivre leurs n√©gociations pour parvenir √† un accord global permettant le retour de la paix, dans le respect de l’int√©grit√© territoriale. En Angola: le Sommet exhorte toutes les parties √† respecter les engagements souscrits dans le cadre des accords d’Estoril.

18è sommet, en1994 à Biarritz

C’est un Fran√ßois Mitterrand physiquement tr√®s √©prouv√© par la maladie qui est venu √† Biarritz d√©fendre jusqu’au bout de son second septennat sa politique africaine, et faire ses adieux aux chefs d’Etat africains et √† ce continent qu’il connaissait fort bien et depuis longtemps. Fran√ßois Mitterrand participait ainsi √† son dixi√®me Sommet, ces r√©unions n’ayant lieu que tous les deux ans √† partir de 1988, et, toujours pour cause de maladie, n’ayant pas particip√© au Sommet de Libreville en octobre 1992. Ce Sommet de Biarritz intervient en tout cas dans un contexte de politique int√©rieure difficile pour un pr√©sident fran√ßais √©puis√©, marqu√© par la deuxi√®me cohabitation, au cours de laquelle le Premier ministre Edouard Balladur, pr√©sent √† Biarritz, et ses ministres des Affaires √©trang√®res Alain Jupp√© et de la D√©fense Fran√ßois L√©otard, cherchent √† faire valoir leurs influences sur la politique africaine de la France, traditionnellement consid√©r√©e comme le domaine r√©serv√© du chef de l’Etat.

Mitterrand sur  la dévaluation du Fcfa

Un Sommet marqu√© aussi par les affaires et en particulier celles dont il fut beaucoup question dans les couloirs et qui allaient provoquer peu apr√®s la d√©mission brutale du ministre fran√ßais de la Coop√©ration, Michel Roussin. Deux grands √©v√©nements concernant l’Afrique s’√©taient d√©roul√©s depuis le d√©but de l’ann√©e 1994, qui ont largement domin√© les d√©bats formels et informels du Sommet de Biarritz. D’abord la d√©valuation du Fcfa en janvier, qui fut un choc consid√©rable pour les 14 pays concern√©s du continent. M√™me si entre janvier et novembre, les bailleurs de fonds et en particulier la France avaient r√©ussi √† conclure des accords avec la plupart de ces pays permettant l’octroi d’un important soutien financier destin√© √† supporter les premiers effets de cette d√©valuation, les chefs d’Etat de ces 14 pays manifestent encore √† Biarritz de grandes inqui√©tudes.

Ce qui conduit Fran√ßois Mitterrand √† beaucoup insister d’une part sur le maintien de l’effort d’aide internationale √† l’Afrique, d’autre part sur la poursuite des efforts d’assainissement de leurs √©conomies par les pays africains, ne manquant pas au passage de critiquer durement le Fmi, et surtout la Banque mondiale. Il insiste sur le r√īle qu’il a tenu √† jouer dans cette d√©valuation mise en place par le Premier ministre Edouard Balladur et son ministre de la Coop√©ration Michel Roussin.

Le génocide rwandais

Deuxi√®me √©v√©nement en avril 1994, les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais √† la suite de l’attentat qui devait causer la mort du pr√©sident Juv√©nal Habyarimana (qui avait personnellement particip√© entre 1978 et 1992 √† 12 Sommets franco-africains), et provoquer l’op√©ration Turquoise. Cette intervention militaire √† but humanitaire fut voulue avec insistance par Fran√ßois Mitterrand, malgr√© l’indiff√©rence de la communaut√© internationale et les r√©ticences de certains ministres du gouvernement fran√ßais. Les conditions limitatives dans les missions et la dur√©e de cette intervention furent d√©finies par le Premier ministre Edouard Balladur. Au cours du Sommet, cette op√©ration ainsi que la politique rwandaise de Fran√ßois Mitterrand furent l’objet de vives controverses. D’autant plus que le Rwanda n’avait pas √©t√© invit√© √† participer √† ce Sommet. Le ministre des Affaires √©trang√®res Alain Jupp√© expliquait que le gouvernement de Kigali n’avait pas √©t√© convi√© parce que la “stabilisation de la d√©mocratie n’avait pas encore √©t√© r√©alis√©e”. Il reprochait aussi aux responsables rwandais d’avoir tenu des “propos particuli√®rement agressifs” contre la France. “Ce n’est pas comme cela qu’on s’int√®gre dans une r√©union d’amis”, avait-il ajout√©. Sur l’aide, sur les al√©as de la d√©mocratisation, sur le r√īle de la France au Rwanda, les participants au contre-Sommet organis√© √† Biarritz par une coalition pour ramener √† la raison d√©mocratique la politique africaine de la France, regroupant plusieurs Ong et associations, n’ont pas manqu√© de multiplier les accusations contre les responsables de la politique africaine de la France, poussant en particulier les conseillers de Fran√ßois Mitterrand √† jouer un r√īle actif d’avocats de cette politique.

Apr√®s la trag√©die du g√©nocide au Rwanda, la majorit√© des chefs d’Etat africains √©tait sur le principe favorable √† la cr√©ation d’une telle force. Mais tous n’√©taient pas du m√™me avis sur son articulation avec l’Oua et l’Onu, sur sa structure, etc. A Biarritz, une mission de r√©flexion est confi√©e au chef de l’Etat togolais Gnassingb√© Eyad√©ma, dont les r√©sultats n’ont jamais √©t√© rendus publics.

Le testament africain de François Mitterrand

A la Baule et √† Libreville, le pr√©sident za√Įrois Mobutu Sese Seko, boud√© par ses pairs, n’avait pas particip√©. A Biarritz, en raison surtout de la situation dans la r√©gion des Grands lacs, on assiste au grand retour politique du chef de l’Etat za√Įrois. Autres pr√©sents remarqu√©s pour leurs premi√®res participations √† ces sommets: les chefs d’Etat du Zimbabwe et du Cameroun, ainsi que les repr√©sentants d’Afrique du Sud, d’Erythr√©e et d’Ethiopie. En conclusion de son discours, Fran√ßois Mitterrand formulait ainsi son testament africain: “Pour ma part, je me suis toujours oppos√© aux tentations d√©clar√©es ou insidieuses de brader la politique africaine de la France, ou de d√©cider pour tel ou tel pays, √† la place de ceux qui en avaient la charge, comme si nous √©tions des proph√®tes inspir√©s, charg√©s de dicter aux peuples africains ce qui √©tait la voie la meilleure pour eux. Ce sont des tentations permanentes, une forme de colonialisme renvers√© que je n’accepte pas plus que les autres (…) J’en appelle √† ceux qui auront apr√®s moi la charge des affaires du pays. La France ne serait plus tout √† fait elle-m√™me aux yeux du monde, si elle renon√ßait √† √™tre pr√©sente en Afrique, aux c√īt√©s des Africains, pour √™tre √† c√īt√© d’eux tout simplement, pour contribuer √† construire un cadre de paix, de d√©mocratie et de d√©veloppement, pour r√©ussir ensemble une grande aventure humaine, au pire des difficult√©s, mais en gardant ses vieilles traditions, ses fortes cultures, et cette nature des hommes qui esp√®rent et qui croient toujours en la chance de l’humanit√©”.

19e sommet, Ouagadougou  en 1996

C’est le premier sommet de Jacques Chirac en tant que pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise. Les h√ītes burkinab√®, sous l’autorit√© du pr√©sident Blaise Compaor√© et de son ministre des Affaires √©trang√®res, Ablass√© Ouedraogo, ont voulu donner √† ce 19√® sommet un contenu plus structur√© et un peu moins informel que les pr√©c√©dents. C’est autour du th√®me retenu, la bonne gouvernance et le d√©veloppement, que d√®s ao√Ľt 1996, un atelier de r√©flexion a √©t√© organis√© √† Ouagadougou pour pr√©parer les d√©bats du sommet. D√®s la premi√®re s√©ance √† huis clos, trois chefs d’Etat se sont charg√©s d’introduire ces d√©bats. Le pr√©sident fran√ßais, Jacques Chirac, a √©voqu√© le r√īle des donneurs d’aide et les efforts d√©ploy√©s en mati√®re d’aide au d√©veloppement depuis le sommet du G7 √† Lyon en juin 1996. Le pr√©sident du Botswana, Quett Ketumile Masire, a pr√©sent√© le probl√®me des rapports entre bonne gouvernance et d√©mocratisation et le pr√©sident burkinab√©, Blaise Compaor√©, s’est pench√© sur les liens entre bonne gouvernance et d√©centralisation.

Une longue déclaration finale

A l’issue des discussions, une longue d√©claration finale a √©t√© publi√©e qui reprend un certain nombre de principes g√©n√©raux sur le d√©veloppement durable et la n√©cessit√© des r√©formes √©conomiques, sur la dimension sociale du d√©veloppement, sur l’Etat de droit et les obligations qu’il implique. Pour ce qui concerne les r√©formes √©conomiques, les grands axes ont √©t√© rappel√©s: r√©organisation des fonctions publiques, consolidation des institutions d√©mocratiques et baisse des d√©penses militaires, transparence, int√©gration r√©gionale, environnement s√©curisant pour les investissements, appui au secteur priv√©.

Les questions de sécurité  ont également occupé une  large part des discussions

D√®s les r√©unions minist√©rielles et celles du groupe restreint des pays francophones, la question des conflits en Afrique, celle de la s√©curit√© institutionnelle, les probl√®mes li√©s au renforcement des capacit√©s africaines de maintien de la paix et les efforts entrepris dans le cadre sous-r√©gional ont longuement √©t√© √©voqu√©s. La d√©claration finale confirme que les chefs d’Etat, de gouvernement et de d√©l√©gation ont affirm√© leur “d√©termination √† Ňďuvrer ensemble √† la stabilisation et √† la s√©curit√© en Afrique, en appuyant les processus en cours visant √† doter l’Afrique des instruments n√©cessaires √† la pr√©vention des crises et au maintien de la paix. Ils ont r√©affirm√© leur appui aux m√©canismes de pr√©vention, de gestion et de r√®glement des conflits et notamment ceux de l’Organisation de l’unit√© africaine, ainsi qu’√† l’utilisation des structures sous r√©gionales ayant vocation √† assurer une meilleure pr√©vention des crises et une meilleure coordination des efforts nationaux, sous l’√©gide des Nations unies”.

Une attention toute particuli√®re a √©t√© accord√©e au dossier de la diss√©mination des mines terrestres antipersonnel qui concerne directement une vingtaine de pays du continent et pour lequel un trait√© international √©tait √† l’√©poque du sommet en cours de n√©gociation. Ce trait√© a finalement √©t√© conclu √† Ottawa en septembre 1997 et sign√© depuis par une quarantaine de pays africains. C’est quand m√™me la crise des Grands lacs qui en mati√®re de s√©curit√© et sous la pression de l’actualit√© aura occup√© le devant de la sc√®ne. Le pr√©sident za√Įrois Mobutu, apr√®s son retour lors du sommet de Biarritz aura √©t√© l’un des grands absents de ce sommet franco-africain. Chass√© du pouvoir par Laurent D√©sir√© Kabila en mai 1997 et d√©c√©d√© quelques mois apr√®s, il √©tait alors menac√© par l’opposition arm√©e venant de l’est du Za√Įre.

Le renouvellement du mandat de Boutros Boutros-Ghali en question

Le sommet a √©t√© s√©rieusement agit√© en coulisses par les pol√©miques sur le renouvellement du mandat de Boutros Boutros-Ghali, secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies qui se heurtait √† un veto cat√©gorique du gouvernement am√©ricain. Le pr√©sident camerounais Paul Biya, attendu dans la capitale burkinab√©, mais qui n’est finalement pas venu, a lanc√© un appel √† ouvrir le jeu √† d’autres candidatures africaines pour que le continent ne perde pas le si√®ge de secr√©taire g√©n√©ral. Le Nig√©rien Hamid Al Gabid, le Mauritanien Ahmed Ould Abdallah, le S√©n√©galais Moustapha Niasse, l’Ivoirien Amara Essy… et le Ghan√©en Kofi Annan figuraient alors parmi les candidats dont le nom √©tait √©voqu√©.

Les mutineries répétées en Centrafrique

L’autre gros dossier d’actualit√© trait√© √† l’occasion de ce 19√® sommet a √©t√© celui de la Centrafrique. D√©stabilis√© par trois s√©rieuses mutineries militaires au cours de l’ann√©e 1996, le r√©gime, controvers√©, du pr√©sident Ange F√©lix Patass√© n’avait assur√© sa survie que gr√Ęce √† l’intervention des forces fran√ßaises stationn√©es alors en Centrafrique. Mais Paris ne souhaitait clairement pas assumer seul la charge de cette crise et se retrouver enfonc√© dans le bourbier centrafricain, alors qu’on affichait du c√īt√© fran√ßais le souci urgent et prioritaire de ne plus intervenir militairement sur le continent, en particulier dans les crises int√©rieures.

ATT désigné comme Médiateur en chef en Centrafrique

A l’issue des trois mutineries d’avril, mai et novembre, les militaires rebelles restaient puissants dans les quartiers du sud-ouest de Bangui, occupant aussi, de l’autre c√īt√© de la capitale le camp militaire de Kassa√Į. L’urgence √©tait grande de trouver une porte de sortie. Face √† cette urgence, la cr√©dibilit√© du sommet franco-africain √©tait en cause. Avec l’appui total de la France et des autres Etats participants, quatre chefs d’Etat ont accept√© pendant le sommet de s’engager dans une m√©diation politique pour sortir de cette crise: le Gabonais Omar Bongo, le Tchadien Idriss D√©by, le Malien Alpha Oumar Konar√© et le Burkinab√® Blaise Compaor√©. A l’issue m√™me du sommet les quatre se sont aussit√īt rendus √† Bangui. De cette initiative allant dans le sens d’une prise en charge par les Africains de leur ins√©curit√©, et qui fera date dans l’histoire des sommets, na√ģtra un processus de r√®glement souvent cit√© comme exemplaire. Le Malien Amadou Toumani Tour√© sera charg√© de pr√©sider un Comit√© international de suivi qui aidera √† la conclusion en mars 1998 d’un pacte de r√©conciliation. Mais, surtout, une force interafricaine, la Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (Misab), compos√©e de militaires de six pays (Gabon, Tchad, S√©n√©gal, Mali, Togo, Burkina Faso) sera d√©ploy√©e pour stabiliser la situation et favoriser la n√©gociation. Cette force, dont tout le monde estime qu’elle s’est correctement acquitt√©e de sa mission, sera relay√©e en 1998 par une force des Nations unies, la Minurca.

20e sommet à Paris en 1998

D√©j√† en 1998, le sommet Afrique-France s’int√©ressait principalement √† la question s√©curitaire. En effet l’ordre du jour comportait essentiellement sur les questions de s√©curitaires et plusieurs sujets ont fait l’objet de pr√©sentations pr√©vues d’avance, sur le maintien de la paix et le r√īle de l’Onu et des organisations r√©gionales, sur la lutte contre les trafics d’armes de petit calibre, et sur l’√©limination des mines antipersonnel. Egalement √©voqu√©s les probl√®mes de reconstruction post-conflit et le lien entre s√©curit√© et d√©veloppement. Les chefs d’Etat se sont f√©licit√©s des efforts et des ambitions de la Cedeao pour la pr√©vention, la gestion et le r√®glement des conflits et ont √©voqu√© le projet de Force ouest-africaine pour le r√®glement de la crise en Guin√©e Bissau. Ils ont dress√© un bilan satisfaisant de la mission de la Minurca en Centrafrique, dont la cr√©ation avait √©t√© envisag√©e lors du pr√©c√©dent Sommet √† Ouagadougou. Les discussions ont port√© sur la crise comorienne et les efforts de l’Oua pour organiser une Conf√©rence inter-√ģles, ainsi que sur les initiatives du pr√©sident nig√©rian Abubakar pour engager son pays sur la voie de la d√©mocratie. Le conflit entre l’Ethiopie et l’Erythr√©e a √©t√© √©voqu√© pour insister sur la recherche d’une solution pacifique, et tout le monde esp√©rait une rencontre directe entre l’Ethiopien Zenawi et l’Erythr√©en Afeworki, qui finalement n’a pas eu lieu.

Le secr√©taire g√©n√©ral Kofi Annan a cependant, en marge du Sommet, rencontr√© s√©par√©ment les deux protagonistes. Enfin, le dossier de l’√©pid√©mie du sida a donn√© l’occasion aux chefs d’Etat d’exprimer leur soutien au projet pr√©sent√© par Jacques Chirac de cr√©ation d’un Fonds de solidarit√© th√©rapeutique international (Fsti).

Laurent Désiré Kabila sous les projecteurs

Avec Laurent D√©sir√© Kabila sous les projecteurs, mais surtout la pr√©sence de tous les chefs d’Etat impliqu√©s et directement concern√©s par ce conflit, le dossier des Grands lacs a sans conteste √©t√© le sujet dominant de ce 20√® Sommet, bouleversant l’ordre du jour, donnant lieu √† des r√©unions extraordinaires √† huis clos, √† l’occasion desquelles se sont d√©roul√©es des discussions franches, directes et passionn√©es: des d√©bats qui ont fait forte impression sur plusieurs chefs d’Etat anglophones. A la suite d’un grand nombre de Sommets et de r√©unions interafricaines improductives sur le sujet, une forte d√©termination s’est d√©gag√©e pour finaliser un texte d’accord de paix pr√©voyant un cessez-le-feu, un retrait garanti des troupes √©trang√®res invit√©es et non invit√©es et un sch√©ma de d√©mocratisation interne en RDC. A l’issue de ce processus, une Conf√©rence pour la Paix dans la r√©gion des Grands lacs sous l’√©gide des Nations unies et de l’Oua pourra se tenir pour organiser la consolidation de la paix. Malgr√© le forcing et les entretiens √† l’Elys√©e entre Jacques Chirac et Thabo Mbeki, Robert Mugabe, Yoweri Museveni et Laurent D√©sir√© Kabila √† l’issue du Sommet, l’accord n’a pu √™tre finalis√©, mais la Conf√©rence s’est achev√©e sur la promesse d’un arr√™t des combats et la signature rapide de l’accord √† l’occasion d’un prochain rendez-vous en Afrique, en particulier celui pr√©vu en d√©cembre √† Lusaka en Zambie.

21e sommet, en 2001 à Yaoundé

Le th√®me des d√©fis √©conomiques a √©t√© pr√©sent√© par le pr√©sident gabonais Omar Bongo et par le roi du Maroc Mohamed VI. Omar Bongo a notamment propos√© la cr√©ation en Afrique de banques r√©gionales pour la reconstruction. Au cours du d√©bat, le pr√©sident s√©n√©galais, Abdoulaye Wade, a mis en avant l’urgence d’une mobilisation euro-africaine en faveur du d√©veloppement des infrastructures. Les probl√®mes de la paix et de la s√©curit√© ont √©t√© pr√©sent√©s par le ministre togolais de la D√©fense au nom du pr√©sident Eyadema, oblig√© de quitter Yaound√© plus t√īt que pr√©vu.

Intervention du Président  Alpha Oumar Konaré

Le pr√©sident malien, Alpha Konar√©, pr√©sident en exercice de la Cedeao, est intervenu pour pr√©senter les avanc√©es de cette organisation dans le domaine de la s√©curit√© et les projets de la nouvelle Union africaine en la mati√®re. La question de l’environnement a √©t√© introduite par le K√©nyan Arap Moi, et celle de la D√©mocratie, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance par le vice-pr√©sident sud-africain Jacob Zuma. Le pr√©sident alg√©rien, Abdelaziz Bouteflika, a effectu√© une intervention remarqu√©e sur l’action de l’Afrique face √† la mondialisation, claire et sans complaisance, concluant par une s√©rie de propositions concr√®tes sur la dette, la sant√© et les m√©dicaments ou la dimension Nord-Sud des n√©gociations de l’Organisation mondiale du commerce (Omc). En r√©ponse, le pr√©sident fran√ßais, Jacques Chirac, a insist√© sur les actions d√©j√† r√©alis√©es par la France; il a √©galement annonc√© une s√©rie de mesures pour acc√©l√©rer le processus des all√©gements de dette pour les pays pauvres tr√®s endett√©s (Ppte). Ces mesures portent sur une extension du dispositif aux cr√©ances commerciales √©ligibles au Club de Paris qui concernent 29 pays, dont la plupart sont africains.

L’assassinat du pr√©sident congolais Laurent D√©sir√© Kabila

Annonc√© √† Yaound√© juste avant l’ouverture officielle du Sommet, l’assassinat du pr√©sident congolais Laurent D√©sir√© Kabila a provoqu√© plusieurs d√©fections de derni√®re minute et fait r√©gner sur les d√©bats et les nombreux entretiens bilat√©raux une lourde tension. Mais √† l’exception d’un vif d√©bat entre le ministre des Affaires √©trang√®res de RDC et le Premier ministre rwandais, et l’intervention de Jacques Chirac en faveur des sanctions contre les occupants √©trangers, d√©bat intervenu √† la fin des travaux du Sommet, aucune avanc√©e significative sur le dossier des Grands lacs n’a eu lieu. M√™me si le Pr√©sident Eyad√©ma, pr√©sident en exercice de l’Oua, a tenu √† aborder le sujet lors d’une r√©union organis√©e par lui en marge du Sommet avec les repr√©sentants des 17 pays du M√©canisme de l’Oua sur la pr√©vention et la r√©alisation des conflits. Enfin, en plus de la premi√®re rencontre directe entre Jacques Chirac et Laurent Gbagbo depuis l’√©lection de ce dernier, toujours en marge du Sommet, une rencontre des pays du Conseil de l’Entente s’est tenue √† la suite de la tentative de d√©stabilisation en C√īte d’Ivoire d√©but janvier, pour am√©liorer les relations en mati√®re de s√©curit√© entre Abidjan et ses deux voisins, burkinab√© et maliens.

22e sommet, en 2003 à Paris

Officiellement consacr√© aux “nouveaux partenariats entre l’Afrique et la France”, le sommet auquel assiste le secr√©taire g√©n√©ral de l’Onu porte essentiellement sur la crise en C√īte d’Ivoire. La pr√©sence du pr√©sident zimbabw√©en Robert Mugabe, accus√© de graves atteintes aux droits de l’Homme, suscite protestations et manifestations.

Lors de la conf√©rence de presse qu’il a anim√© √† la fin de ce sommet, le pr√©sident fran√ßais, Jacques Chirac, laissait entendre que les principaux messages s’articulent autour de six points: le partenariat; la d√©mocratie ; le traitement des crises ; l’approche globale (la France ne veut pas s’enfermer dans un t√™te-√†-t√™te avec l’Afrique, qui a eu son utilit√©, mais qui est un peu d’un autre temps. Elle veut travailler avec les organisations r√©gionales, en appui de leurs efforts, consciente que l’int√©gration r√©gionale est une r√©alit√© qui seule pourra permettre de progresser √† la fois vers la paix et vers le d√©veloppement); le d√©veloppement (le grand d√©fi pour l’Afrique) et enfin le dernier point le dialogue. A ce niveau le pr√©sident fran√ßais pr√©cise: “Le dialogue, l’√©change, le respect de l’autre, c’est √† partir de ces bases qu’on peut construire un monde pacifique et donc un monde qui se d√©veloppe et qui refuse les affrontements st√©riles”.

23e sommet, en 2005 à  Bamako sous ATT

Pour la premi√®re fois, la totalit√© des 53 pays africains sont repr√©sent√©s dont 23 par leur chef d’Etat. Organis√© par le pr√©sident de la R√©publique du Mali, Amadou Toumani Tour√©, commun√©ment appel√© ATT, le 23√® sommet est centr√© sur la n√©cessit√© d’aider des millions de jeunes Africains √† sortir de la pauvret√© et sur la lutte contre l’immigration clandestine. En effet, c’est sous le th√®me “La jeunesse africaine: sa vitalit√©, sa cr√©ativit√©, ses aspirations” que le Mali, pays-h√īte, a r√©uni les chefs d’Etat d’Afrique et de France lors de leur 23√® conf√©rence des chefs d’Etat et de gouvernement, √† Bamako, les 3 et 4 d√©cembre 2005. Une conf√©rence particuli√®rement utile en cette fin d’ann√©e 2005: le sommet du G8 et l’approfondissement du dialogue G8/Nepad, le sommet de New-York sur la r√©forme de l’Onu et la r√©alisation des Objectifs du Mill√©naire pour le D√©veloppement, le Sommet Mondial sur la Soci√©t√© de l’Information √† Tunis en novembre, les r√©unions de l’Omc √† Hong Kong en d√©cembre confirment la place de l’Afrique au tout premier rang des priorit√©s de la communaut√© internationale, avec des initiatives nouvelles, telles que les all√®gements de dette pour les pays les plus pauvres, ou les sources innovantes de financement du d√©veloppement.

Contexte favorable pour les résolutions de conflit

En mati√®re de r√©solution de conflit, le contexte de ce Sommet de Bamako est plut√īt favorable, ce qu’illustrera, cette ann√©e, la participation de la Somalie. Pour la premi√®re fois, tous les Etats africains seront repr√©sent√©s. Nombre de conflits anciens se sont apais√©s. Au Burundi, le processus de transition a connu une √©tape d√©cisive avec l’√©lection pr√©sidentielle. En R√©publique D√©mocratique du Congo, au Sud-Soudan, au Lib√©ria, au Sierra Leone, des processus de paix et de r√©conciliation se poursuivent. L’apparition de nouveaux conflits, au Darfour, mais aussi en C√īte d’Ivoire, o√Ļ les tensions r√©currentes, montrent que cette √©claircie est fragile et exige un engagement r√©solu et de long terme des Africains, avec l’appui de la communaut√© internationale.

Enjeu de l’Afrique, la jeunesse est aussi son atout pour demain, si l’on sait √™tre √† son √©coute et apporter des r√©ponses √† ses interrogations et √† ses aspirations. Education, formation professionnelle, emploi, citoyennet√© et gouvernance, nouvelles technologies, expressions artistiques, sant√©, circulation des personnes et des id√©es: l’exigence d’acc√®s √† ce qui fait le monde moderne d’aujourd’hui est l√©gitime. La satisfaire ne peut que conduire le continent africain √† davantage de s√©curit√©, davantage de prosp√©rit√©, dans l’int√©r√™t de tous. Le Forum de la Jeunesse des 8 et 9 novembre a permis, un mois avant le sommet, de faire entendre la voix de ceux qui repr√©sentent sept Africains sur dix.

 24e sommet, en 2007  à Cannes

Dernier sommet du Pr√©sident Chirac, domin√© par la guerre au Darfour (Soudan). Le pr√©sident fran√ßais enjoint les puissances occidentales de penser aux int√©r√™ts du continent, notamment au sein de l’Organisation mondiale du commerce. En effet, le th√®me g√©n√©ral du Sommet de Cannes √©tait “L’Afrique et l’√©quilibre du monde “. Ce th√®me devait permettre d’√©voquer aussi bien la n√©cessit√© d’ins√©rer davantage l’Afrique dans les enjeux plan√©taires que de mettre en valeur sa dynamique actuelle, ses r√©ussites et ses projets d’avenir. Malgr√© les crises, ce continent est dans une trajectoire prometteuse de croissance qu’il faut amplifier. La France entend donner sa pleine mesure √† son partenariat avec l’Afrique. Le th√®me central a √©t√© d√©clin√© en trois sous-th√®mes, qui ont fait l’objet des d√©bats selon une articulation en trois “corbeilles”. Corbeille n¬į1: Les mati√®res premi√®res en Afrique

Les d√©bats ont port√© sur les ressources naturelles, agricoles et mini√®res (fili√®re coton, minerais, p√©trole..,) avec une double approche: comment l’Afrique s’implique et agit, comment r√©pond-elle √† l’exploitation de ses mati√®res premi√®res. Le fil conducteur √©tait: produire, vendre et transformer en Afrique.

Corbeille n¬į2: Place et poids de l’Afrique dans le monde

Le poids de l’Afrique dans le monde fut discut√© essentiellement sous deux angles: la place du continent dans les organisations internationales et son positionnement dans le dialogue sud-sud.

Corbeille n¬į3: l’Afrique et la soci√©t√© de l’information. Comment per√ßoit-on l’Afrique √† l’ext√©rieur? Quelle image les Africains souhaitent-ils donner d’eux-m√™mes, que faire pour en terminer avec les traditionnels clich√©s? Quelles modalit√©s pour l’expression des oppositions nationales?

Les recommandations de la conf√©rence minist√©rielle de suivi (Bamako – 16 janvier 2007) et celles du “Forum Afrique Avenir” (La Villette – 12 f√©vrier 2007) ont √©t√© soumises √† l’examen des chefs d’Etat lors de la pl√©ni√®re √† huis clos.

25e sommet, en 2010 à Nice

Le sommet Afrique-France du lundi 31 mai √† Nice est le 25e du genre, mais le premier pour le Pr√©sident Sarkozy. L’un des d√©fis pour le chef de l’Etat consiste √† faire oublier son discours de Dakar de 2007, au cours duquel il avait affirm√© que “l’homme africain n’est pas assez entr√© dans l’Histoire”, et qui avait largement choqu√© sur le continent.

Pour marquer le changement avec les sommets pr√©c√©dents, exclusivement politiques et sans cons√©quences concr√®tes, l’accent a √©t√© mis √† Nice sur le r√īle des entreprises et des investissements dans le d√©veloppement. Une rencontre que le pr√©sident fran√ßais a voulu pour la premi√®re fois ouverte au secteur priv√© et √† la soci√©t√© civile, tout en veillant √† la forte participation des chefs d’Etats et de gouvernements. Une mani√®re d’imprimer sa marque apr√®s les ann√©es Chirac.

Laurence Parisot pr√©sidente du Medef d’alors,¬† annon√ßait qu’√† l’initiative du Medef et de l’ensemble des organisations patronales africaines, il y a eu la cr√©ation d’une association des patronats d’Afrique et de France. Pour Patrick Lucas, Pr√©sident du comit√© Afrique de Medef International, “avec cette association, nous serons en mesure de suivre l’avanc√©e des diff√©rents projets et initiatives qui naissent avec ce sommet”.

Mais la Justice internationale s’est invit√©e √† ce 25e sommet France-Afrique √† Nice, dans le sud de la France. A cause d’elle, deux si√®ges de chefs d’√Čtat resteront vides: celui du pr√©sident ougandais, Yoweri Museveni, et du Soudanais Omar el-B√©chir. Pour le premier, rien de grave. Il est tout simplement retenu √† Kampala puisqu’il est l’h√īte de la premi√®re Conf√©rence de r√©vision du Statut de Rome, qui fixe les r√®gles de fonctionnement de la Cour p√©nale internationale (31 mai au 11 juin). Quant √† Omar el-B√©chir, un mandat d’arr√™t international, lanc√© depuis le 4 mars 2009 par la CPI, l’emp√™che de se d√©placer de peur d’√™tre remis √† la justice internationale. Il est accus√© d’avoir supervis√© et couvert les crimes contre les populations du Darfour. C’est d’ailleurs le cas Omar el-B√©chir, qui est en grande partie √† l’origine du d√©placement de ce sommet en France alors qu’il aurait d√Ľ se tenir en 2009 √† Charm el-Cheikh en Egypte.

L’Egypte, qui entretient de fortes de relations avec le Soudan, avait annonc√© qu’elle ne tiendrait pas compte du mandat qui court sur Omar el-B√©chir, donc ne comptait pas l’extrader. Cette position est partag√©e par l’Union africaine. Le pr√©sident soudanais ne s’est d’ailleurs pas priv√© de voyages officiels dans un grand nombre de pays africains et arabes afin de consolider sa position. Mais la France ne voulait pas participer √† un sommet o√Ļ le pr√©sident soudanais serait pr√©sent en m√™me temps que Nicolas Sarkozy.

C’est cependant une d√©l√©gation de haut niveau qui repr√©sentera le Soudan avec le vice-pr√©sident Ali Osman Mohamed Taha accompagn√© du conseiller sp√©cial Ghazi Salah Eddin Attabani, en charge du dossier du Darfour et le g√©n√©ral Mohamed Atta, le chef de la s√©curit√© nationale.

26e sommet, en 2013 √† l’Elys√©es

Le sommet de l’Elys√©e, convoqu√© par Fran√ßois Hollande, entend d√©poussi√©rer les rituels diplomatiques de l’ensemble franco-africain et faire √©voluer la politique africaine de la France. Cette nouvelle conf√©rence, avec une quarantaine de d√©l√©gations nationales attendues, marque sa diff√©rence par rapport √† la tradition, en ne se d√©signant pas comme le 26e sommet franco-africain, mais en se d√©finissant en fonction des d√©bats que ses organisateurs veulent impulser: “Sommet pour la paix et s√©curit√© en Afrique “.

Une conf√©rence, donc, sur la pr√©vention et la gestion des conflits sur le continent africain, comme il y en a d√©j√† eu plusieurs dans le pass√© (sommets de 1978, 1983, 1994, 1998). A la seule diff√©rence pr√®s que l’√®re de la France “gendarme de l’Afrique” est maintenant cens√©e √™tre r√©volue. Le pr√©sident fran√ßais le sait bien, car il n’a cess√© d’affirmer que c’est d√©sormais aux Africains “d’assurer la s√©curit√© de leur continent “. Le paradoxe √©tant que, depuis le d√©but de son mandat, la France en est, apr√®s le Mali, √† sa deuxi√®me intervention militaire sur le continent avec l’arriv√©e de soldats fran√ßais en Centrafrique. A-t-elle √©tait oblig√©e par amour et amiti√© pour l’Afrique u par int√©r√™t, notamment en investissant davantage l’Afrique de demain qui se dessine avec une forte pr√©sence de la Chine et de l’Inde ? Cela fait toujours d√©bat.

Enfin Bamako, janvier 2017

Ce sommet, le 27√® du genre se d√©roule les 13 et 14 janvier 2017. Pour la circonstance, le Comit√© d’organisation est √† pied d’Ňďuvre et tout est fin pr√™t non seulement pour accueillir l’√©v√©nement, mais aussi et surtout pour en assurer la r√©ussite et le ¬ęMali gagne trois paris¬Ľ (voir notre article “les enjeux d’un sommet” dans ce m√™me num√©ro).¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†

                Réalisé par la Rédaction

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3 COMMENTAIRES

  1. Personne ne peut dire ce que ces sommets ont apport√© a l’Afrique. Mais la France elle peut s’enorgueillir de tenir tout un continent .

  2. Nous disons rappelons et insistons PAUVRES MALI ET AFRIQUE AU SUD DU SAHARA MUT√ČS des lettr√©s mutants politiques Hommes en armes soci√©t√©s civiles religieux
    ALLAH DIEU MAANGALA YAHWEH A DOT√ą le Mali et l‚ÄôAfrique au Sud du Sahara de toutes les richesses et de climats plus cl√©ments et favorables comparativement aux autres continents dont l‚Äôhumain a besoin pour se d√©velopper et de vivres heureux sur cette terre des humains
    Par ailleurs le Mali l’Afrique au Sud du Sahara et leurs pays croyaient bien faire en envoyant ces lettrés mutants dans les grandes écoles et universités des Autres aux fins qu’ils soient des travailleurs honnêtes fiers qu’ils aient 1amour profond pour leurs pays pour l’Afrique au Sud du Sahara partout ils se trouvent qu’ils instaurent 1démocratie vraie de justice d’équité d’égalité de tous les citoyens et citoyennes partout en Afrique au Sud du Sahara qu’ils se comportent d’égal à égal avec les Autres sans complexe pour la défense des intérêts des peuples africains au Sud du Sahara
    Mais Que Non il y eut Leur Mutation N√©gative N√©faste pour leur Afrique au Sud du Sahara ainsi ils devinrent ¬ęLES ESCLAVES LES SOUMIS ¬Ľ de leurs soit disant amis ennemis les Autres de la France-Afrique d‚ÄôArabie d‚ÄôEurope d‚ÄôAsie et des Am√©riques
    *ce sont les soit disant amis ennemis les Autres qui décident si les élections ont été crédibles ou non qui décident qui doit être le président ou non qui décident qui d’entre eux est un dictateur ou non
    *ils attendent tout de leurs soit disant amis ennemis les Autres telle la construction de WC dans leurs villages telle la d√©fense de leurs pays et tout le monde sait avec 1brin d‚Äôhonn√™tet√© que la d√©fense du pays par 1tiers aboutit toujours √Ā LA CHAOTISATION INDESCRIPTIBLE tels au MALI en IRAK en AFGHANISTAN et √† la DIVISION du pays tels le MALI avec sa KIDALISATION la YOUGOSLAVIE avec sa BALKANISATION le SOUDAN AVEC SA SOUDANISATION de renouvellement en renouvellement de mandats
    *les Autres leur disent VOUS √äTES DES PAYS SOUS D√ČVELOPP√ČS NOUS ALLONS VOUS AIDER √Ā VOUS D√ČVELOPPER DONNEZ NOUS TOUTES VOS RICHESSES NATURELLES ils sont HEUREUX ET R√ČP√ąTENT ENSEMBLE √Ā TU T√äTE ¬ę nous sommes sous d√©velopp√©s ¬Ľ Quelques temps apr√®s on change de vocabulaire et on leur dit VOUS √äTES EN VOIE DE D√ČVELOPPEMENT et ils sont TR√ąS CONTENTS ET CHANTENT ENSEMBLE √Ā TU T√äTE ¬ę nous sommes en voie de d√©veloppement ¬Ľ Maintenant on leur dit qu‚Äôils sont EN VOIE D‚Äô√ČMERGENCE et continuer √† nous donner toutes vos richesses naturelles mais aussi les terres de vos villages et campagnes ILS SONT AUX ANGES ET CRIENT TOUJOURS ENSEMBLE √Ā TU T√äTE ¬ę nous sommes en voie d‚Äô√©mergence ¬Ľ et en contre partie on leur donnent de quoi s‚Äôacheter des voitures de luxe des palais pr√©sidentiels comme maisons familiales des r√©sidences priv√©es chez les Autres des comptes bancaires bien fournis etc PENDANT QUE LES CADAVRES DES LEURS PAUVRES CITOYENS RONG√ČS PAR LA MIS√ąRE √ČMERGENT DE PARTOUT SUR TERRE SUR EAUX SUR MERS ET tout le monde sait avec 1brin d‚Äôhonn√™tet√© que √ČMERGER ne signifie pas D√ČVELOPPER Ainsi seul le vocabulaire a chang√© Un pays ne peut au grand jamais √äTRE D√ČVELOPP√Č PAR UN TIERS Les soit disant amis ennemis les ¬ęAUTRES ¬Ľ se sont D√ČVELOPP√ČS PAR EUX-M√äMES SANS L‚ÄôAIDE D‚ÄôUN TIERS

  3. Nous disons et rappelons avec l‚Äôav√®nement des lettr√©s mutants maliens et africains francophones la France-Afrique est √† son paroxysme Les lettr√©s mutants maliens POLITIQUES HOMMES EN ARMES SOCI√ČT√ČS CIVILES RELIGIEUX et africains francophones ne peuvent pas et ne pourront jamais se passer de la ¬ę France-Afrique ¬Ľ et la France ne peut pas non plus se passer de la ¬ę France-Afrique ¬Ľ Ainsi

    *durant les campagnes pr√©sidentielles en France les diff√©rents candidats et candidates promettent toujours de mettre fin √† la ¬ę France-Afrique ¬Ľ 1fois √©lu le nouveau pr√©sident fran√ßais est toujours plus ¬ę France-Afrique ¬Ľ que le pr√©c√©dent et chaque pr√©sident fran√ßais y apporte sa touche selon sa personnalit√©

    *durant les élections présidentielles dans les pays francophones la France décide qui doit être président si on doit recompter ou non les votants si l’on doit ou nom publier les résultats bureau de vote par bureau de vote si oui ou non le vote s’est déroulé dans la transparence

    *durant les campagnes pr√©sidentielles dans les pays francophones les diff√©rents candidats et candidates lettr√©s mutants promettent √©galement de mettre fin √† la ¬ę France-Afrique ¬Ľ 1fois √©lu le nouveau pr√©sident lettr√© mutant malien et Africain-Francophone est toujours plus ¬ę France-Afrique ¬Ľ que le pr√©c√©dent et chaque pr√©sident lettr√© mutant francophone y apporte sa touche selon sa personnalit√©

    *la premi√®re visite du nouveau pr√©sident lettr√© mutant francophone se fait toujours sur la France pour montrer ¬ę SA SOUMISSION SON ALL√ČGEANCE √Ā LA FRANCE-AFRIQUE¬Ľ

    *le nouveau pr√©sident √©lu de France re√ßoit toujours imm√©diatement la visite de tous les pr√©sidents lettr√©s mutants francophones qui viennent lui signifier ¬ę LEUR SOUMISSION LEUR ALL√ČGEANCE ¬Ľ

    *le FRANC DES COLONIES FRANÇAISE D’AFRIQUE OU Franc CFA dont les devises enrichissent le trésor public de la France est toujours leur monnaie

    *les conseils de ministres ordinaires de la France se tiennent tous les mercredis Ainsi les conseils de ministres ordinaires des lettr√©s mutants politiques maliens et africains francophones se tiennent √©galement les mercredis avec 1d√©calage horaire au cours desquels ILS DOIVENT APPLIQUER LES DICTAS DE LA FRANCE-AFRIQUE AU GRAND DAME DES INT√ČR√äTS DE LEURS PEUPLES

    *le gouvernement de la France est en vacance au mois d‚ÄôAo√Ľt Ainsi les diff√©rents gouvernements des lettr√©s mutants africains francophones sont en vacance durant la m√™me p√©riode et cela au grand dam des urgences de leurs peuples car ils sont aussi en vacance Et d√®s que le gouvernement de la France rentre des vacances tous les gouvernements des lettr√©s mutants francophones rentrent des vacances

    Nous disons et rappelons les lettr√©s mutants maliens et africains francophones DE PAR LEUR LAXISME CUPIDIT√Č SOUMISSION ET LEUR COMPLEXE DE COLONIS√ČS IMP√ČNITENTS ET NOTOIRES ATTENDENT TOUT DE LA FRANCE-AFRIQUE ET SONT INCAPABLES ET SERONT TOUJOURS INCAPABLES DE RENTRER EFFICACEMENT DANS CETTE COMP√ČTITION MONDIALE √ČCONOMICO POLITICO MILITARO RELIGIEUSE O√ö TOUS LES COUPS SONT PERMIS SANS AUCUN √ČTAT D‚Äô√āME POUR FAIRE MAL D√ČTRUIRE ASSERVIR SOUMETTRE D√ČPOSS√ČDER L‚ÄôAUTRE ET O√ö IL N‚ÄôY A PAS DE PLACE POUR LES B√äTES LES COMPLEX√ČS LES COUARDS LES CUPIDES LES FAIBLES LES FAIN√ČANTS LES FARFELUS LES IDIOTS LES INSOUCIANTS LES LAXISTES LES M√ČDIOCRES LES MENDIANTS LES NA√ŹFS LES PARESSEUX LES PEREUX LES PLEURNICHARDS LES R√äVEURS LES SENTIMENTAUX LES SYBARITES LES TAR√ČS

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