Markala : Incursion sur une ligne de front

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La crise sécuritaire consume de plus en plus le Mali. Aujourd’hui, elle fait de Markala une nouvelle frontière.

Juste à la sortie du barrage de Markala, une disposition sécuritaire impressionnante. Au-delà de ce vieux barrage, la présence de nos Forces Armées et de sécurité, des check-points et des barrages sécuritaires nous rappelle ce qui fait la trame malienne : l’insécurité et les attaques à répétition contre les positions des Famas

Juste après avoir descendu le barrage, on tombe sur le premier barrage sécuritaire. On aperçoit des pick-up militaires non-loin d’une caserne sommairement édifiée. Des hommes en treillis, armes au poing rassurent les populations.

A 4 km du premier barrage, on tombe sur un deuxième. Des hommes armés assurent le contrôle d’identité et autres. Le va-et-vient se fait des deux côtés mais l’inspection est plus dense quand on veut entrer à Markala. Après ce barrage, à moins de 2 km, on arrive à Point-A, là où les routes se séparent entre Macina et Niono.

Communément appelé le Carrefour Point-A, ce grand rond-point couvre plusieurs activités, commerçantes et autres. La route qui quitte le pont prend deux directions, vers Macina à droite et Niono à gauche. Un mini-marché s’est constitué à la confluence des deux chemins. Des femmes par-ci pour vendre beignets, fruits et légumes, des hommes par-là pour d’autres activités génératrices de revenu.

Pour eux, “sur le plan sécuritaire, tout va bien. Ils n’ont jamais subi d’attaques ou de menaces djihadistes. Tout va bien. Nous avons une présence militaire satisfaisante”, a dit un jeune. Il a aussi ajouté que d’autres barrages sécuritaires sont devant vers les sorties aussi bien sur la route de Macina que de Niono. “Quand même il faut reconnaitre que très loin dans les brousses de la région vers la frontière Mali-Mauritanie, on nous signale des présences d’hommes armés”, a confié un autre jeune de la place.

Le Carrefour Point-A est aussi le site de rencontre de tous les transporteurs qui quittent Niono et Macina pour Ségou, Sikasso, Mopti et autres. Amadou Soyiba, chauffeur, a confié à son tour qu’il ne rencontre aucune difficulté sur son trajet. A ses dires, il transporte des passagers et des marchandises de Niono à Sikasso en passant par Markala, Ségou et Koutiala. Une des passagères du nom de Fatoumata Konta a aussi affirmé que sur cet itinéraire tout va bien. Elle fait du commerce entre Niono et Ségou, a-t-elle dit.

Après cette visite, sur le chemin du retour vers Markala, à 6 km donc 15 minutes de route, on arrive au premier check-point. Notre équipe se présente de la Presse, nous montrons nos cartes, le militaire contrôleur nous laisse passer. Quant à savoir si tout va bien et combien ils sont pour assurer le barrage militaire, ce dernier répond, “ça va, tout va bien et nous sommes suffisants”. Pas de chiffre et aucun autre renseignement. Arme en main, sourire aux lèvres, vaillamment, il passe notre véhicule et continue ses fouilles.

Cette présence militaire laisse tout simplement voir que désormais les nouvelles lignes de front en matière sécuritaire se dessinent à partir de Markala. Le barrage se ferme à partir de 19 h. Personne ne rentre et personne ne sort. La ville dort tranquillement bien gardée par nos Forces Armées maliennes (Famas).

Koureichy Cissé

Envoyé spécial à Markala (Ségou) 

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