Mois du tourisme : Le gouverneur Kéba Sangaré à la découverte des trésors historiques de Dioïla
C’est sous une pluie battante que le chef de l’exécutif régional de Dioïla, le général de division, Kéba Sangaré, à la tête d’une forte délégation, s’est rendu, jeudi 10 septembre, sur plusieurs sites emblématiques de la cité. Une immersion destinée à mieux faire connaître les richesses historiques et culturelles de Dioïla.
Le général de division Kéba Sangaré, gouverneur de la région de Dioïla, a donné une dimension concrète au lancement du Mois du tourisme en prenant lui-même la tête d’une excursion consacrée à la découverte du patrimoine local.
La visite, placée sous le thème: «Le tourisme interne: facteur de promotion de l’économie et de promotion du patriotisme», a réuni des membres du cabinet du gouverneur, des directeurs régionaux, des préfets, le maire de la commune de Kaladougou, Yacouba Dowélé Marico, le chef de village, Baniatou Marico, ainsi que des représentants des jeunes et des femmes.
Le monument de la Paix, situé au cœur de la ville de Dioïla, a marqué le début du parcours. La délégation s’est rendue au Finfin Tou (bois sacré), situé au sud de la ville, au Massiraba, présenté comme un baobab sacré, puis aux Guɛrɛguɛ-diguɛ (des anciennes caches de survie), côté nord- est de Dioïla, avant de rejoindre le premier pont de Dioïla à l’entrée de la ville.
Le gouverneur au cœur de la découverte
La forte pluie, qui s’est abattue sur la ville, n’a pas empêché le chef de l’exécutif régional et sa délégation de poursuivre la visite des différents sites. Il s’est particulièrement intéressé aux Guɛrɛguɛ-diguɛ, descendant dans l’une de ces caches afin d’en observer directement la configuration. Une séquence qui illustre l’intérêt porté par les autorités régionales à des vestiges dont l’existence demeure peu connue du grand public.
Selon les informations recueillies sur place, plus d’une cinquantaine de Guɛrɛguɛ-diguɛ sont présents sur ce site à Dioïla, témoignant de l’importance de ces structures dans la mémoire locale.
La mémoire locale mise à contribution
Cette immersion a également été nourrie par les récits de plusieurs dépositaires de la mémoire communautaire.
Balla Fané, guide touristique, a évoqué les traditions rattachées au Finfin Tou et au Massiraba, notamment celles relatives à Soutiè Marico, fondateur de Dioïla.
Selon son récit, le fondateur a entretenu un rapport particulier avec ces lieux, où il aurait notamment pratiqué la chasse au phacochère, appelé Djɛ. Le guide a établi, alors le lien entre ce terme, l’appellation Djɛla et l’évolution linguistique qui a abouti au nom Dioïla.
Le chef de village Baniatou Marico a, de son côté, apporté des éclairages sur les récits et les traditions attachés aux différents sites. Yacouba Dowélé Marico, maire de Kaladougou, a également insisté sur leur importance dans la mémoire et l’identité de la communauté.
Ces témoignages ont donné une profondeur particulière à la visite, en reliant les vestiges observés aux récits transmis au fil des générations.
«Faire visiter le Mali par les Maliens»
Pour Broulaye Traoré, directeur régional du tourisme, cette initiative s’inscrit dans la politique nationale de valorisation du tourisme. Il a rappelé la vision portée par les plus hautes autorités, notamment celle du président de la transition, chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, résumée par l’ambition de «faire visiter le Mali par les Maliens».
À travers cette orientation, la découverte des sites nationaux et locaux est appelée à contribuer à la connaissance du pays, à la promotion de ses économies locales et au renforcement du patriotisme.
Un patrimoine à faire connaître
La dernière étape a concerné le premier pont de Dioïla, ouvrage réalisé grâce à la main-d’œuvre locale et considéré comme un témoignage du savoir-faire des générations précédentes.
À la fin de cette visite des sites touristiques, le général de division Kéba Sangaré, gouverneur de la région de Dioïla, a invité les Maliens à découvrir leur pays. Il s’est dit très fier d'appartenir à ce pays très riche et d’être à la tête d'une région qui regorge une potentialité incommensurable sur tous les plans.
Cette sortie aura permis de mettre en lumière plusieurs facettes de l’identité historique de Dioïla. Elle souligne également la nécessité de documenter, préserver et valoriser davantage ces sites, afin que les récits qui leur sont associés puissent continuer à être transmis.
Avec cette initiative, le tourisme interne apparaît ainsi comme un moyen de redécouvrir son propre territoire, tout en transformant la mémoire locale en levier de connaissance, de fierté et de patriotisme.
Cette visite du gouverneur Kéba Sangaré, sur les sites touristiques de Dioïla, s’inscrit dans le cadre du «Mois du tourisme», lancé par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l'Industrie hôtelière et du Tourisme.
Abdou Komo MARICO
