Diplomatie et Coopération Internationale : Cinq années de Transition qui redessinent la place du Mali

Les fruits des réformes courageuses engagées pour la gouvernance politique et économique

30 Juillet 2026 - 11:02
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Diplomatie et Coopération Internationale : Cinq années de Transition qui redessinent la place du Mali

A l'occasion du cinquième anniversaire de la Transition, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Son Excellence Abdoulaye Diop, a dressé un bilan des principales avancées enregistrées en matière de diplomatie. Gouvernance renouvelée, diversification des partenariats, affirmation de la souveraineté nationale et ouverture stratégique sur le monde constituent les principaux marqueurs d'une action diplomatique présentée comme un levier majeur de la refondation du Mali.

Une diplomatie innovante, lisible et offensive, au service de la sécurité, du développement et du panafricanisme

Cinq années de Transition. Cinq années qui méritent d'être célébrées, tant elles ont été jalonnées d'étapes déterminantes dans le processus de refondation du Mali. Les résultats enregistrés dans les domaines de la diplomatie et de la coopération internationale illustrent cette dynamique. C'est dans cette perspective que s'inscrit la conférence publique animée le 15 juillet dernier à Koulouba par Son Excellence Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. À cette occasion, il a présenté un bilan d'étape particulièrement éloquent, sans prétendre à l'exhaustivité, celui-ci ne portant que sur une sélection des principales actions menées au cours des cinq années de la Transition.

Dès l'entame de son intervention, Son Excellence Abdoulaye Diop rappelle que l'investiture du Président de la Transition constitue "une étape décisive de la vie de la nation malienne". À ce titre, affirme-t-il, "la Transition a réuni le peuple malien autour d'un engagement patriotique rarement atteint". Il ajoute que "les défis imposés ont davantage consolidé la fibre patriotique, comme en témoigne la mobilisation sans précédent du 14 janvier 2022". Cette date demeure, en effet, emblématique de l'élan national qui s'est exprimé, tant à l'intérieur du pays qu'au sein de la diaspora malienne et des diasporas africaines, en soutien au processus de Transition.

L'exposé présenté par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ne prétend pas retracer l'ensemble des réalisations diplomatiques de ces cinq années. Il met en lumière les acquis les plus significatifs, articulés autour de quatre axes majeurs : une diplomatie lisible et offensive ; une diplomatie au service de la sécurité et du développement ; une diplomatie innovante ; enfin, une diplomatie ouverte sur le monde et profondément panafricaine.

   Une diplomatie lisible et offensive

Abordant ce premier axe, Son Excellence Abdoulaye Diop explique que le Président de la Transition a impulsé une orientation claire et cohérente à l'action diplomatique, fondée sur trois principes directeurs, dont "l'adhésion de tous les partenaires est non négociable". Cette nouvelle approche traduit un changement profond de paradigme, reposant sur "le partenariat plutôt que l'assistance ou la dépendance", souligne le ministre.

Dans cette dynamique, il énumère une série de "réformes courageuses engagées pour la gouvernance politique et économique". Parmi celles-ci figurent notamment la révision de la Constitution, la création de l'Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), l'adoption d'un nouveau Code minier à l'issue d'un audit approfondi du secteur, ainsi que la promotion du contenu local afin de renforcer les capacités nationales et de stimuler un développement fondé sur les ressources propres du pays. L'ensemble de ces réformes s'inscrit dans le cadre du projet stratégique "Vision 2063".

Ces réformes ont rapidement produit des effets jugés supérieurs aux attentes. Comme le souligne Son Excellence Abdoulaye Diop, "le Mali est écouté et respecté sur la scène internationale ; les appuis internationaux sont désormais alignés sur les priorités nationales ; l'adhésion du Mali aux organisations internationales et régionales a été réévaluée".

Parmi les résultats les plus marquants, le ministre met également en avant "la cessation progressive des doubles standards et de l'instrumentalisation de questions sensibles à des fins politiques de déstabilisation", ainsi que le recul progressif des ingérences étrangères.

Désormais, souligne-t-il, les partenariats internationaux conclus par le Mali reposent sur le respect mutuel et s'inscrivent dans une logique de coopération mutuellement bénéfique.

Une diplomatie au service de la sécurité et du développement

Au titre des principales actions engagées, le ministre cite l'appropriation nationale des secteurs stratégiques de la vie publique, la diversification des partenariats en matière de sécurité et de développement, les démarches diplomatiques ayant permis de lever certaines entraves à l'acquisition d'équipements de défense, ainsi que la mise en œuvre d'une approche globale de gestion de la crise sécuritaire et l'internalisation du processus de paix. À ces initiatives s'ajoutent plusieurs mesures économiques, notamment les négociations internationales visant à favoriser la transformation locale des matières premières, la création de valeur ajoutée au bénéfice de l'économie nationale, ainsi que le transfert de compétences et de savoir-faire. Le ministre évoque également les nombreuses rencontres de haut niveau tenues aussi bien à Bamako qu'à l'étranger avec plusieurs dirigeants et responsables internationaux. Selon lui, les résultats obtenus traduisent une diplomatie désormais recentrée sur des objectifs concrets : la sécurisation des populations, la défense de l'intégrité territoriale et la promotion du développement national. Les règles du vivre-ensemble sont désormais définies de manière endogène par les Maliens eux-mêmes, tandis que les modalités des interventions et des investissements étrangers ont été redéfinies afin de garantir des bénéfices réciproques.

Une diplomatie innovante

Sur ce volet, Son Excellence Abdoulaye Diop rappelle plusieurs initiatives majeures, parmi lesquelles l'organisation de la première Rentrée diplomatique à Ségou le 21 janvier 2023, l'élaboration en cours de la Stratégie nationale de diplomatie culturelle, la valorisation du patrimoine culturel malien ainsi que la vigilance permanente face aux campagnes de désinformation et à l'apologie du terrorisme.

Les résultats enregistrés sont également significatifs. Le ministre cite notamment la proclamation, par l'UNESCO en 2023, de la Journée internationale de la langue soninké, l'élection du Mali au Comité du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, l'organisation de circuits culturels à l'intention du corps diplomatique, l'implication des missions diplomatiques dans les festivals et manifestations culturelles, la promotion de la culture malienne lors des grands forums internationaux, notamment l'Exposition universelle d'Osaka et l'Expo de Dubaï, l'organisation d'une conférence consacrée à la guerre informationnelle ainsi que la publication du "Recueil de l'action diplomatique de 2021 à 2023".

Une diplomatie ouverte  sur le monde et profondément panafricaine

Evoquant ce quatrième axe, Son Excellence Abdoulaye Diop rappelle les efforts entrepris pour formaliser et renforcer les relations diplomatiques du Mali, ainsi que la participation du Président de la Transition aux Sommets Russie-Afrique et FOCAC. Il souligne également le renforcement des relations avec la Türkiye, les visites officielles effectuées en Hongrie, en Norvège, au Moyen-Orient, au Venezuela et au Brésil, auxquelles s'ajoutent les nombreuses visites de haut niveau reçues au Mali.

Le ministre rappelle également la tenue des premières commissions mixtes Mali-Rwanda et Mali-Iran, avant de mettre en exergue les liens privilégiés tissés avec plusieurs États africains partageant avec le Mali une même vision fondée sur la souveraineté et l'émancipation des peuples.

Cette dynamique a naturellement conduit à la création de l'Alliance des États du Sahel (AES), le 16 septembre 2023, puis à celle de la Confédération des États du Sahel, le 6 juillet 2024. Le Président de la Transition, le Général d'Armée Assimi Goïta, en a assuré la présidence inaugurale, contribuant, par son engagement aux côtés de ses homologues, à poser les fondements d'une Confédération robuste, résolument panafricaine et ouverte sur le monde.Les résultats obtenus dans ce domaine sont particulièrement significatifs. Les partenariats avec la Russie et la Chine ont été élevés au rang de partenariats stratégiques, tandis que les relations du Mali avec les pays d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Amérique latine ont été consolidées et élargies. Enfin, parmi les acquis majeurs mis en avant figurent également la révision du cadre de coopération avec les Nations unies ainsi que la reconfiguration de la réalité géopolitique en Afrique de l'Ouest, présentées comme des évolutions majeures de l'environnement diplomatique du Mali au cours de ces cinq années de Transition.

                        

 El Hadj A.B.HAIDARA