Ingérence à outrance : Taisez-vous Tebboune !

Le spectacle offert par la présidence algérienne confine désormais au vaudeville tragique.

4 Mai 2026 - 14:35
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Ingérence à outrance : Taisez-vous Tebboune !

Dans une énième sortie médiatique dont il a le secret, Abdelmadjid Tebboune vient de gratifier le Mali d’une «main tendue» assortie d’une «distance» qui ressemble fort à un aveu d’impuissance diplomatique. Prétendre suivre la situation avec attention tout en se tenant à l'écart n’est pas de la stratégie, c’est de l’équilibrisme de salon. On croit rêver devant cette sollicitude de façade alors que les chancelleries observent avec sarcasme les multiples impairs d'une diplomatie algérienne qui semble avoir perdu sa boussole au milieu des dunes.

L’insistance sur les liens fraternels sonne particulièrement faux lorsque l'on considère les incohérences criantes d'une administration qui s'accroche aux oripeaux d'un accord d'Alger caduc. Comment oser parler de fraternité quand, dans l'ombre des massifs de Tinzaouatène, la main d'Alger semble bien plus occupée à soutenir l'ennemi qu'à panser les plaies du Sahel ? L’épisode du drone abattu et la débâcle de l’embuscade sanglante ont fini de lever le voile sur les ambiguïtés d'une armée voisine dont la passivité - ou la complicité tacite - ne trompe plus personne. Ce n'est pas un hasard si le Mali a dû porter l'affaire devant la Cour Internationale de Justice de La Haye : quand le dialogue fraternel est trahi par des actes de déstabilisation, seule la justice internationale peut encore nommer la félonie.

L'hypocrisie atteint son paroxysme avec les récents événements des 25, 26, 27 avril 2026. Comment ignorer l'origine de ces 12.000 hommes qui ont déferlé sur Kidal, Ménaka, Gao, Mopti et Sévaré ? Les faits sont têtus : c’est bien depuis les sanctuaires d’Algérie et de Mauritanie que cette invasion a été lancée, révélant au grand jour la porosité suspecte de frontières qui ne semblent s’ouvrir que pour laisser passer la désolation. Prétendre «rejeter le terrorisme» tout en servant de base arrière à une telle déferlante est une insulte à l'intelligence des Maliens.

Le mépris se niche enfin dans les propos insultants que Tebboune et son appareil s'autorisent envers les cadres maliens. S'attaquer à la légitimité d'hommes d'État comme le ministre Abdoulaye Diop ou le Premier ministre Abdoulaye Maïga, sous prétexte qu'ils ont été formés en Algérie, est une faute morale impardonnable. C’est oublier que l’intelligence n’est pas la propriété de celui qui dispense l’enseignement, mais le mérite de celui qui l’exerce avec souveraineté. En raillant ses anciens étudiants, Alger avoue son incapacité à accepter que ses «élèves» soient devenus les maîtres de leur propre destin.

Monsieur Tebboune, la politique n'est pas un exercice de rhétorique pour médias domestiques. À force de vouloir jouer les grands frères protecteurs tout en ménageant des groupes terroristes et séparatistes, votre discours s'est vidé de sa substance. Entre les bourdes protocolaires, les sorties de piste militaires et une diplomatie aux abois, le rideau doit tomber sur ce théâtre d'ombres. Le Mali n'est plus une province de vos ambitions régionales. Pour le bien de la stabilité et par respect pour la dignité des peuples, il est grand temps de vous l'entendre dire : "Pardonnez- moi". Sinon Taisez-vous !

 

L'Aube/Rédaction