AES-fréquences militaires : Des experts de la Confédération en conclave à Bamako
La capitale malienne abrite jusqu'au 4 novembre la 2e réunion de coordination des fréquences militaires aux frontières des pays de l'Alliance des États du Sahel.
Organisée par l'AMRTP, elle réunit les chefs de délégation du Burkina Faso et du Niger, les responsables des forces de défense et de sécurité et les experts des communications radioélectriques des trois États.
Présidée par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense, le Général de division Oumar Diarra, en présence du président de l'AMRTP Saïdou Pona Sankaré, l'ouverture a souligné la portée stratégique de l'exercice. "C'est avec un réel plaisir que je prends la parole à l'occasion de l'ouverture de cette 2e réunion de coordination des fréquences militaires aux frontières des pays de l'Alliance des États du Sahel", a déclaré le Général Diarra, avant d'ajouter : "Votre présence témoigne de l'importance que leurs excellences le capitaine Ibrahim Traoré, le général d'armée Assimi Goïta et le général d'armée Abdourahamane Tchiani accordent à la consolidation de la coopération en matière de défense et de sécurité."
En effet, l'enjeu est opérationnel, car la maîtrise du spectre conditionne l'interopérabilité aux frontières. "La sécurité de nos pays exige une bonne coopération entre nos forces. Pour réussir la mission, nos forces ont besoin de moyens de communication fiables et sécurisés. C'est pourquoi la gestion des fréquences est si importante. Une mauvaise utilisation peut provoquer des brouillages et perturber des communications", a-t-il insisté. Dès lors, Bamako s'inscrit dans la continuité de Niamey, où la première réunion d'octobre 2025 avait défini les recommandations. "Cette fois-ci à Bamako, il s'agit d'examiner les résultats obtenus et de poursuivre les efforts engagés."
Dans cette perspective, le chantier central est la constitution d'une base de données commune des fréquences militaires utilisées dans les zones frontalières, afin de limiter les interférences liées à l'usage de fréquences identiques ou voisines sans coordination. "Il est attendu des propositions qui vont permettre de consolider cette dynamique. La mise en place d'une base de données communes devra contribuer à une meilleure connaissance des utilisations", a indiqué le Général Diarra, tout en rappelant que "les informations relatives aux communications militaires sont très sensibles. Leur protection doit être une priorité."
Cette réunion spécialisée prolonge par ailleurs les jalons posés par l'AES : les concertations de Niamey d'octobre 2025, l'accord de coordination signé à Ouagadougou le 21 novembre 2025 en marge de la Semaine du numérique, puis la convention du 25 septembre 2026 entre les régulateurs des trois pays créant le Conseil des régulateurs du Sahel. A la différence de ces cadres généraux couvrant cybersécurité et itinérance, Bamako cible exclusivement la défense. "Je suis convaincu que les échanges de ces 3 jours permettront d'obtenir des résultats utiles et durables. Vive la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Vive l'Alliance des États du Sahel", a conclu le Général Diarra. Les conclusions énoncées le 4 novembre 2026 ne manquent de reprendre toutes ces remarques.
Mémé Sanogo
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