Réseau routier : des routes qui s’effondrent, un ministère des Transports et des Infrastructures à l’arrêt

Entre nids-de-poule, affaissements, chantiers à l’abandon et promesses non tenues, les routes maliennes se détériorent au rythme de l’inaction du ministère des Transports et des Infrastructures.

22 Nov 2025 - 01:14
Mis à jour: 11 mois
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Réseau routier : des routes qui s’effondrent, un ministère des Transports et des Infrastructures à l’arrêt

Du tronçon Bamako-Kayes aux axes régionaux, le réseau routier se dégrade dangereusement, plongeant des millions d’usagers dans la frustration et l’insécurité.

Déformations (affaissements), fissures, arrachements (nids-de-poule, écaillage) et usure de la surface : tel est le triste constat de l’état des routes au Mali. Celles-ci se dégradent de jour en jour sous le regard impuissant de la ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko. Au point que l’on se demande s’il existe réellement, au sein du gouvernement, un ministère chargé des Transports et des Infrastructures.

À partir de Bamako, à l’exception de Koulikoro et Ségou, il est difficile de rejoindre les autres capitales régionales du pays par la route, tant leur état est déplorable. Le tronçon Kayes–Bamako est révélateur de l’état préoccupant du réseau routier dans notre pays. Il illustre le manque de vision des gouvernements successifs en matière d’infrastructures routières.

Depuis près d’une décennie, cette route, par laquelle transite une grande partie du fret malien, se trouve dans un état de dégradation avancé, sans que le ministère des Transports et des Infrastructures ne parvienne à en assurer la réhabilitation. La remise en état du tronçon Kayes–Sandaré, long de seulement 120 km, dont les travaux ont été lancés en août 2023, n’est toujours pas achevée à ce jour.

Ce retard ne s’explique pas uniquement par l’incendie du matériel de construction de l’entreprise chargée de la réhabilitation du tronçon, perpétré en mai 2025 par des groupes armés non étatiques. Le chantier, aujourd’hui à l’abandon, accusait déjà un important retard avant cet incident malheureux et regrettable. Le train voyageur, qui avait repris du service en juin 2023, est lui aussi à l’arrêt depuis son déraillement survenu en novembre de la même année.

Pourtant, son lancement, accompagné d’une forte campagne publicitaire et médiatique, avait suscité beaucoup d’espoir chez les Maliens en général et les Kayésiens en particulier. Avec des discours rassurants, le ministère des Transports et des Infrastructures avait promis une reprise rapide du trafic après l’accident. Deux ans plus tard, rien n’a changé.

La non-reprise du train jusqu’ici est symptomatique des promesses non-tenues par le ministère des Transports et des Infrastructures depuis le début de la transition en 2020. D’ailleurs, à part des opérations tapageuses, ce département stratégique, sous le magistère de Dame Madina Sissoko, n’a jusqu’ici tenu que très peu de promesse, s’enlisant de jour en jour. Pourtant, Amadou Hampathé Bah disait : « en Afrique, manquer à sa parole, c’est manquer à Dieu ». L’arrêt du train voyageur, combiné à la dégradation de la route reliant Bamako à Kayes, nourrit un profond sentiment de frustration chez de nombreux ressortissants de la première région.

Le tronçon Banankoro–Dioro, long de seulement 45 km et dont les travaux avaient été lancés en juin 2023 à Ségou par le président de la Transition, connaît le même triste sort. Le chantier est à l’arrêt depuis l’incendie du matériel de construction, en novembre 2023, par des groupes armés non étatiques. Depuis, plus aucune avancée. À Bamako, la réhabilitation du tronçon urbain de la route nationale n°27, reliant la capitale à Koulikoro et lancée en juillet 2024, semble traîner en longueur : les travaux n’avancent pas depuis des mois.

L’échec d’une gouvernance routière

Quant aux routes urbaines de Bamako, elles sont « plus que vieilles », pour reprendre les termes d’un ancien directeur national des Routes. La quasi-totalité devient de plus en plus impraticable en raison de leur dégradation avancée. Cette situation, qui réduit la mobilité de la population, accroît sa vulnérabilité en la plongeant davantage dans l’insécurité. Tout cela sous le regard impassible de Dembélé Madina Sissoko, qui semble manquer de réactivité. Le pire, c’est qu’elle n’arrive même pas à achever les chantiers lancés par ses prédécesseurs.

Pourtant, à sa nomination en juin 2021 dans le gouvernement de Choguel Kokalla Maïga, les Maliens avaient placé beaucoup d’espoir en elle. L’arrivée de cette ingénieure à la tête du département laissait espérer une nouvelle dynamique dans le secteur routier. Aujourd’hui, l’espoir est déçu sous le soleil de l’immobilisme et du manque de vision. Et évoquer le contexte sécuritaire pour expliquer l’immobilisme dans le secteur ne saurait prospérer. Il est avant tout le signe de l’échec d’une gouvernance routière.

Abdrahamane SISSOKO

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Commentaires (7)

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Fangi
Fangi 11 mois
Le Malistan du nain goita a failed state au bord d'une soudanisation certaine..
Matt
Matt 11 mois
@Kinguiranke le vieux singe a la gueule puante: La Mauritanie et l'Algerie t'emmerdent et t' ignorent. Occupe toi de ton Malistan a feux et a sang au lieu de tenir le monde entier responsable de vos catastrophiques echecs en chaine, espece de minable et loser.
Kinguiranke
Kinguiranke 11 mois
France: rejet historique, à la quasi-unanimité, du projet de budget pour 2026 par l'Assemblée nationale Fait inédit dans la Vᵉ République, la quasi-totalité de l'Assemblée nationale française a rejeté dans la nuit du 21 au 22 novembre le budget de l'État. Un vote sans surprise, mais qui augure mal de son adoption avant la fin de l'année.
Labroque
Labroque 11 mois
Pas encore de budget voté en France mais de l essence dans toutes les stations services, des routes et autoroutes en très bon état, de l électricité à toute heure, des impôts payés à l heure. Que le Mali Kura et l AES s en inspirent
kan
kan 11 mois
Effectivement les abrutis dissertent .......
kan
kan 11 mois
Aucune inquiétude, les chinois et russes sont aux ordres , ils vont réparer ............ pendant que les abrutis de ce site dissertent
Matt
Matt 11 mois
Il n'y a pas si longtemps, le Malistan du nain goita bondait sont torse est insultait ses voisins se croyant invincible.. Maintemant la junte aux abois ne controle plus que Bamako city limit.....Pour ce qui est de l'infrastructure, elle n'existe pas du tout. Du Malistans a seulement Bamakistan maintenant...
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