Edito : Bras de fer entre Diomaye et Sonko, pour quelle issue ?

Rien ne va plus entre les deux têtes de proue de l’exécutif sénégalais. Le Président de la République du Sénégal Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ne semblent plus souffler dans la même trompette.

17 Nov 2025 - 08:22
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Edito : Bras de fer entre Diomaye et Sonko, pour quelle issue ?

Depuis un certain temps  Ils ne cachent plus leur divergence de vue sur la gestion des affaires qu’elles concernent le parti PASTEF ou encore l’Etat.  Désormais à hue et à dia, leur guerre larvée, au début latente, est devenue ouverte voire frontale, au point que le Premier Ministre défie publiquement le Président de la République. Et pourtant la belle aventure de ces deux hommes politiques, avait fait des émules au sein de la classe politique sénégalaise et a suscité de l’espoir au sein de la jeunesse. Ils sont même devenus par la force des choses des complices et confidents partageant jusque beaucoup de choses en privé y compris leur vie familiale. Leur parcours politique bien que bref et plein d’embuches, avait donné de l’espoir à une jeunesse africaine déboussolée et en manque de repères. Leur noble combat pour un changement de cap dans la gouvernance des affaires  du pays de la Teranga était une lueur d’espoir pour la jeunesse sénégalaise. Un an seulement après la brillante élection de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême du Sénégal le grand espoir que le tandem Diomaye Faye et Ousmane Sonko avait suscité est en train d’aller à vau l’eau.  

En effet, il ne fait l’ombre  d’aucun doute que c’est  par un concours des circonstances et grâce à la bénédiction d’Ousmane Sonko  que Bassirou Diomaye Faye est devenu le candidat de la Coalition Diomaye Président. Et c’est encore grâce à Sonko qu’il a été élu Président  de la République. Pour rappel Sonko a été empêché par la justice sénégalaise d’être candidat à l’élection présidentielle. Ainsi pour ne pas réduire les chances du parti d’accéder au pouvoir il  n’a pas hésité un seul instant de porter son choix sur Diomaye Faye pour être le porte étendard du parti à l’élection présidentielle. Soutenu par une forte coalition, Diomaye Faye a été élu dès le premier tour Président de la République du Sénégal. Selon tous les observateurs et analystes de la scène politique sénégalaise, après cette mission brillamment accomplie, Sonko devrait faire profil bas après l’investiture de Bassirou Diomaye Faye. En tout cas tout sauf le poste de premier ministre. Il devrait, après l’écrasante majorité obtenue aux législatives, aller au perchoir de l’Assemblée Nationale afin d’être la sentinelle vigilante pour veiller sur la mise en œuvre du programme qui leur a permis d’avoir le suffrage des sénégalais. Au lieu de cela Ousmane Sonko a préféré rester maître du jeu,  faiseur de roi et le manitou de la République. Il a préféré le poste de premier ministre, et bien que n’ayant pas été élu, il veut jouer le rôle du Président de la République sans en avoir la légitimité.

De l’avis de tous les observateurs de la scène politique sénégalaise, la première grosse bourde d’Ousmane Sonko, le mentor politique de Bassirou Diomaye Faye est venue de là. C’est- à- dire sa prétention à jouer un rôle que la Constitution sénégalaise ne lui a pas conféré. Il a commencé par s’opposer à certaines décisions de nomination prises par le Président Diomaye Faye, ensuite il s’est plaint du fait que le Président Diomaye ne le protège pas assez, ni ne le soutient pas à hauteur de souhait face aux attaques multiples dont il fait l’objet de la part de ses opposants. Ousmane Sonko feint d’oublier que le premier ministre est le fusible du Président de la République et non le contraire, il doit accepter de prendre tous les coups pour protéger le Président. En cas de crises à répétition le Premier ministre sera le premier sacrifié. Comment Sonko peut-il ne pas comprendre ce mécanisme de gestion de la République. Pourquoi reproche-t-il au Président de ne pas le défendre contre les attaques de l’opposition alors qu’il a accepté d’occuper le poste de premier ministre? Mécontent du comportement de celui qu’il a fait élire le PM Sonko s’est mis dans une posture offensive contre Diomaye. Ses  diatribes vexatoires contre le Président de la République lors d’un meeting avec les militants du parti ont permis d’étaler au grand jour leur divergence et ont été le début de la guerre de leadership et du contrôle du parti et de l’Etat entre les deux têtes de l’exécutif. Comme si cela ne suffisait pas Sonko a encore défié publiquement Diomaye, en s’opposant vigoureusement à la décision de nomination  de l’ancienne première ministre Aminata Touré au poste de Présidente  de la Coalition Diomaye Président. Jusqu’où pourrait aller cette guerre de leadership et quels peuvent être les moyens dont dispose chacun de deux protagonistes ?

 Le Président de la République dispose de beaucoup d’armes comme entre autres la Constitution qui fait de lui le chef hiérarchique de Sonko et qui lui confère d’énormes prérogatives y compris la nomination et la révocation du premier ministre, ensuite il dispose de l’appareil d’Etat et dans un contexte africain celui qui est à la tête de l’Etat a un moyen de pression, et enfin la justice qui pourrait devenir un instrument de pression entre les mains du Président de la République en tant Président du Conseil Suprême de la Magistrature.   Quant au Premier ministre la seule arme dont il dispose est l’appareil du parti et sa majorité à l’Assemblée Nationale. Il n’a d’ailleurs jamais cessé de brandir la menace d’une motion de censure contre n’importe quel gouvernement qui sera mis en place sans lui. Ensuite Sonko menace d’organiser une désobéissance civile contre le Président Diomaye Faye si ce dernier venait à le démettre de ses fonctions de PM. Ces armes sont certes nocives, mais elles ne valent pas celles dont dispose le Président de la République. Ce dernier, pour contrecarrer ce piège, pourrait dissoudre l’Assemblée Nationale et organiser des élections anticipées. A défaut il pourrait constituer une majorité qui sera composée des députés qui lui seront restés fidèles au PASTEF et ceux de l’opposition.

En somme, le PM roule véritablement contre ses intérêts et ceux du pays. Cette querelle byzantine ne fera qu’occulter les vraies questions de la Nation sénégalaise et accorder plus d’importance aux égos. Que le PM comprenne qu’une rupture avec Diomaye Faye sonnerait indubitablement le glas de sa carrière politique et son rêve de devenir Président de la République se transformerait un cauchemar. Il a tout à perdre dans un bras de fer avec Diomaye Faye, bien qu’il soit le mentor politique de ce dernier. Ousmane Sonko a intérêt à se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.  

Youssouf Sissoko

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Commentaires (9)

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Maguette
Maguette 11 mois
Vous Avez bien résumé la situation
guimzo
guimzo 12 mois
LES HUMEURS DE GUIMZO LEÇONS D'UNE CRISE POLITIQUE. L'actualité récente bruit de clameurs alarmistes d'une crise entre les deux faces d'une même pièce politique de notre pays. Derrière les états d'âme et les réactions parfois épidermiques des uns et des autres, j'y ajoute mes HUMEURS DU JOUR... Pour un observateur un temps soit peu attentif à la survenue et à l'évolution des événements ayant conduit à la victoire de PASTEF sur la scène politique nationale, ce qui vient de se passer était prévisible. PRÉVISIBLE . Parce que pour la première fois dans l'histoire politique du Sénégal, un Président a été proposé par un leader politique d'envergure nationale qui a accepté de l'introniser candidat à sa place pour garder la place présidentielle au Parti. Cette désignation recèle en elle-même un germe d'inconfort qui a donné lieu à cette crise. A mon humble avis de profane, cela aurait pu être évité si le PR, 12 mois après avoir restructuré les organes de la Justice, lancé à fond la machine judiciaire sur tous les dossiers pendants et révisé la Loi fondamentale pour clore définitivement la question de la candidature de SONKO à des élections présidentielles entre autres actes forts, et pour donner corps à sa déclaration choc engageant Sonko "non pas à lorgner le fauteuil présidentiel mais à bien le regarder car il le lui souhaite profondément pour avoir évolué dix ans dans son ombre" avait donc démissionné pour provoquer des ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ANTICIPÉES afin de réparer cet hiatus d'un PR adoubé par son PM et qui lui serait redevable presque en tout. Un tel acte - toujours possible encore- aurait permis de couper l'herbe de l'amalgame et de la manipulation sous les pieds des comploteurs de l'ombre, toujours prompts à infecter toutes les interstices pour infester l'atmosphère politique entre les deux frères et ainsi tuer définitivement toute tentation de les dresser l'un contre l'autre. PRÉVISIBLE parce que les battus d'hier ont compris tout l'avantage qu'ils pouvaient tirer de cette situation inédite pour semer la zizanie en faisant feu de tout bois pour disloquer le tandem. Et ils ont usé de toutes les formes d'armes conventionnelles et non conventionnelles ( infiltrations, fake news, manipulations, mensonges préfabriqués etc...) pour y parvenir. PRÉVISIBLE parce que des erreurs de casting incroyables ont émaillé les prises de décisions et les nominations présidentielles donnant lieu à des brouhahas désapprobateurs de nombre de pastéfiens qui ne se sont pas gênés pour le faire savoir par tous les moyens à leur portée. PRÉVISIBLE enfin parce que le pouvoir n'a pas pris la pleine mesure des attentes du peuple pour la justice, pour les morts et les martyrs et la reddition des comptes pour tous les prévaricateurs épinglés et même ceux suspectés. Un vrai cocktail Molotov qui a fini par produire la déflagration qui a fortement ébranlé les fondations du DUO. Mais comme le dit l'adage."A quelque chose, malheur est bon". Il faut donc espérer et même croire que cette crise servira de révélateur pour une rectification en profondeur des couacs , incompréhensions et autres faux-pas qui ont entaché la bonne marche des choses. Il appartiendra à tous les acteurs concernés, du PR au PM en passant par tous les autres responsables politiques de faire preuve de retenue, d'humilité, d'altruisme et de Grandeur pour dépasser cet épisode, somme toute salutaire, pour rectifier le cap et répartir sur de nouvelles bases plus sûres parce que plus consolidées et débarrassées de toutes les scories des comploteurs de l'ombre dûment identifiés. L'ESPOIR est GRAND et il est permis. Qu'Allah facilite et garde le tandem et le Sénégal. AMINE... JAJEFFETTI DAKAR LE15/11/2025 GUIMZO
guimzo
guimzo 12 mois
LES HUMEURS DE GUIMZO LEÇONS D'UNE CRISE POLITIQUE. L'actualité récente bruit de clameurs alarmistes d'une crise entre les deux faces d'une même pièce politique de notre pays. Derrière les états d'âme et les réactions parfois épidermiques des uns et des autres, j'y ajoute mes HUMEURS DU JOUR... Pour un observateur un temps soit peu attentif à la survenue et à l'évolution des événements ayant conduit à la victoire de PASTEF sur la scène politique nationale, ce qui vient de se passer était prévisible. PRÉVISIBLE . Parce que pour la première fois dans l'histoire politique du Sénégal, un Président a été proposé par un leader politique d'envergure nationale qui a accepté de l'introniser candidat à sa place pour garder la place présidentielle au Parti. Cette désignation recèle en elle-même un germe d'inconfort qui a donné lieu à cette crise. A mon humble avis de profane, cela aurait pu être évité si le PR, 12 mois après avoir restructuré les organes de la Justice, lancé à fond la machine judiciaire sur tous les dossiers pendants et révisé la Loi fondamentale pour clore définitivement la question de la candidature de SONKO à des élections présidentielles entre autres actes forts, et pour donner corps à sa déclaration choc engageant Sonko "non pas à lorgner le fauteuil présidentiel mais à bien le regarder car il le lui souhaite profondément pour avoir évolué dix ans dans son ombre" avait donc démissionné pour provoquer des ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ANTICIPÉES afin de réparer cet hiatus d'un PR adoubé par son PM et qui lui serait redevable presque en tout. Un tel acte - toujours possible encore- aurait permis de couper l'herbe de l'amalgame et de la manipulation sous les pieds des comploteurs de l'ombre, toujours prompts à infecter toutes les interstices pour infester l'atmosphère politique entre les deux frères et ainsi tuer définitivement toute tentation de les dresser l'un contre l'autre. PRÉVISIBLE parce que les battus d'hier ont compris tout l'avantage qu'ils pouvaient tirer de cette situation inédite pour semer la zizanie en faisant feu de tout bois pour disloquer le tandem. Et ils ont usé de toutes les formes d'armes conventionnelles et non conventionnelles ( infiltrations, fake news, manipulations, mensonges préfabriqués etc...) pour y parvenir. PRÉVISIBLE parce que des erreurs de casting incroyables ont émaillé les prises de décisions et les nominations présidentielles donnant lieu à des brouhahas désapprobateurs de nombre de pastéfiens qui ne se sont pas gênés pour le faire savoir par tous les moyens à leur portée. PRÉVISIBLE enfin parce que le pouvoir n'a pas pris la pleine mesure des attentes du peuple pour la justice, pour les morts et les martyrs et la reddition des comptes pour tous les prévaricateurs épinglés et même ceux suspectés. Un vrai cocktail Molotov qui a fini par produire la déflagration qui a fortement ébranlé les fondations du DUO. Mais comme le dit l'adage."A quelque chose, malheur est bon". Il faut donc espérer et même croire que cette crise servira de révélateur pour une rectification en profondeur des couacs , incompréhensions et autres faux-pas qui ont entaché la bonne marche des choses. Il appartiendra à tous les acteurs concernés, du PR au PM en passant par tous les autres responsables politiques de faire preuve de retenue, d'humilité, d'altruisme et de Grandeur pour dépasser cet épisode, somme toute salutaire, pour rectifier le cap et répartir sur de nouvelles bases plus sûres parce que plus consolidées et débarrassées de toutes les scories des comploteurs de l'ombre dûment identifiés. L'ESPOIR est GRAND et il est permis. Qu'Allah facilite et garde le tandem et le Sénégal. AMINE... JAJEFFETTI DAKAR LE15/11/2025 GUIMZO
Kinguiranke
Kinguiranke 12 mois
Bassirou Faye est un president par accident et il est manipule par la FrancAfrique alors qu' il a promis la RUPTURE comme programme de gouvernance. Il continue a servir ses maîtres Français comme petit nègre de salon. Bassirou est un echec et les Sénégalais le savent!
Kinguiranke
Kinguiranke 11 mois
les chients aboient mais la caravanne passe
sangare
sangare 12 mois
Le Sénégal est un pays particulier différent des autres pays africains. Qui pouvait imaginer l'élection de MACHY SALL face à son mentor ABDOULAYE WADE? Donc l'analyse genre "le président de la République dispose de beaucoup d'armes..." ne marche pas au Sénégal. La LÉGITIME POPULAIRE marche parfaitement au Sénégal. Wade face à ABDOU DIOUF, SALL face à WADE, SONKO face à SALL. La LÉGITIME INSTITUTIONNELLE ne fonctionne pas au Sénégal. Dans ce pays l'organisation des élections est transparente. Donc DIOMAYE n'a pas intérêt à jeter SONKO dans l'opposition. Si SONKO n'est pas candidat, il peut faire gagner un autre candidat méconnu. La réalité est que DIOMAYE a été récupéré par les MAFIEUX qui rejettent le caractère honnête de SONKO. Ce dernier est certes maladroit politiquement,mais reste fidèle aux idéaux pour lesquels la jeunesse sénégalaise s'est mobilisée. DIOMAYE s'est fait entourer par les mafieux et commence à parler de réconciliation qui signifie pas de poursuite judiciaire contre les anciens dignitaires. Le PROJET POLITIQUE guide l'électorat. Celui qui a fait que DIOMAYE a été élu dès le premier tour a été abandonné. SONKO RESTE FIDÈLE À CE PROJET!!! Sa mise en œuvre est retardée par la présidence. Le peuple sénégalais est décidé à mettre fin aux anciennes pratiques. SONKO incarne cette volonté d'en finir avec les pratiques mafieuses. Il restera toujours populaire tant qu'il continue à l'incarner. DIOMAYE a intérêt à laisser son chef de gouvernement exercer pleinement sa fonction. Sans SONKO, DIOMAYE n'existe pas, même étant président de la République.
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