Entre Nous : Ni tolérables ni acceptables

Le 3 mai 2025, répondant à l'appel des leaders d'une centaine de formations politiques pour un meeting au Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba, des milliers de personnes ont été empêchées d'accès à la salle par un groupe de jeunes «se disant soutiens de la Transition».

09 Mai 2025 - 01:27
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Entre Nous : Ni tolérables ni acceptables

La veille dans la soirée, un membre du Conseil national de transition,  accompagné de jeunes, est apparu dans une vidéo en train de proférer des menaces et de promettre d'empêcher la manifestation par la force. Il l'a dit, il l'a fait.

Et ce n’est pas tout : le lendemain, 4 mai 2025, une conférence de presse de jeunes leaders politiques et de la société civile a été interrompue à la Maison de la presse de Bamako sur ordre de la police nationale. Au seuil de cet emblématique lieu de l’expression plurielle, étaient regroupés des jeunes venus empêcher cette autre manifestation de se poursuivre.  «L’irruption de ces individus a créé un désordre à la Maison de la presse. Des journalistes ont été agressés physiquement et verbalement», a dénoncé le Président du Comité de pilotage de la Maison de la Presse dans un communiqué. Au nom de la presse malienne, il proteste contre l’envahissement de ses locaux par des nervis et les actes d'agression à l'encontre  des journalistes faisant leur travail de collecte de l'information.

Ces méthodes utilisées par une catégorie de jeunes, au vu et au su des autorités sécuritaires et judiciaires, restés impunis à  ce jour, sont de nature à accentuer davantage la fracture au sein de la société malienne. Où l’intolérance a atteint un niveau sans précédent. Ces méthodes renvoient l’image d’un Mali plus que jamais divisé au moment où le pays a besoin d’union pour ne pas sombrer. Elles ne sont ni tolérables ni acceptables.

Grâce à leur sens des responsabilités, les leaders des partis politiques et les jeunes leaders dont les manifestations ont été empêchées ou interrompues ont  évité le pire en convainquant leurs militants de ne pas réagir «aux manœuvres provocatrices ».

À la longue, ces méthodes utilisées par une catégorie de jeunes, au vu et au su des autorités sécuritaires et judiciaires, sèmeront les germes d’affrontements susceptibles de déboucher sur une situation incontrôlable.  «Celui qui sème le vent récolte la tempête », dit-on.

La présence d’un membre du Conseil national de transition au Palais de la culture et de deux chargés de mission à la Primature devant la Maison de la presse parmi les jeunes incitant à la violence contre d’autres jeunes, dont le seul tort est d’affirmer pacifiquement leur attachement à la démocratie, interpelle l’appareil étatique. Le CNT et le Premier ministre ont l’obligation de prouver qu'ils n'ont rien à voir avec ces actes de violences. Tout silence sera interprété autrement. Et l’histoire en tiendra compte au moment opportun !   

Il est encore temps d’arrêter ces agissements qui contribuent à dresser les Maliens contre les Maliens et à installer dans l’espace public la violence comme moyen d’expression. Le ministre de la Justice et ses Procureurs ne peuvent pas et ne doivent pas ignorer ces appels incessants à la violence et à la haine. Le communiqué diffusé, le mardi 06 mai par le Procureur général près la Cour d’appel de Bamako sera apprécié au regard des actions menées sur le terrain par les autorités poursuivantes.

Il est de la responsabilité de ceux qui gouvernent le pays d'œuvrer à l’apaisement. Ils doivent comprendre que les appels à la violence instaurent un climat lourd de  périls et tout peut arriver. 

Par Chiaka Doumbia

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Commentaires (6)

User
inacceptable
inacceptable 1 an
Inacceptable cette nouvelle version de ce site, parfois difficile d'accès avec ce reCAPTCHA (marre de jouer avec les petites images US) et la datation vague et meu précise des messages! Sans compter que ça ne reconnaît plus certains caractères.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
L' écervelé sangare souviens-toi que le President Assimi Goita et ses hommes nous ont redonne Kidal que nous avions perdu avec les 2/3 de notre territoire national sous la gestion de tes politiciens corrompus esclaves de la tres maudite France!
Sangare
Sangare 1 an
Quand on sème le vent, on récolte la tempête !!! Les maliens ont applaudi les coups d'Etat en 2012 et en 2020. 2012 a produit la prise des deux tiers du territoire, l'intervention honteuse de l'armée malienne, l'élection d'IBK à la présidence, l'un des hommes politiques maliens les plus mafieux expliquant son rapprochement avec les familles BONGO et EYADEMA. 2020 est la conséquence de la présidence mafieuse d'IBK expliquant un mouvement populaire inédit contre le régime du KANKELETIGUI. Les animateurs de ce mouvement n'ont pas su rester uni contre les puchistes. Trop de dirigeants ont pensé à leurs intérêts personnels à la tête desquels celui qu'on a abusement désigné AUTORITÉ MORALE. Il s'agit de MAHMOUD DICKO. Le mouvement affaibli, les puchistes ont imposé leurs vues. Ce qui explique la situation actuelle faite d'enlèvement, de restrictions de liberté comme avec les puchistes du 19 novembre 1968. Malheureusement, les puchistes ne partiront que si les maliens acceptent de verser le sang comme en 1991. On se serait opposé aux puchistes en 2012 pour imposer ATT afin qu'il organise les élections, la situation du Mali serait plus stable aujourd'hui car on aurait évité la prise des deux tiers du territoire, l'intervention française, la présidence chaotique d'IBK,naturellement ce coup d'Etat des COLONELS émergés de façon népotisme par IBK. Ces COLONELS savent qu'ils vont faire la prison,s'ils perdent le pouvoir. Ça explique leurs radicalisations. Ils sont prêts à toutes les atrocités pour s'y maintenir. Faut-il attendre que le peuple malien soit libéré par les séparatistes qui peuvent prendre la direction de Bamako,avec la bénédiction des occidentaux, s'ils arrivent à libérer les territoires revendiqués? Ça semble être la seule solution pour se débarrasser de ces criminels COLONELS PUSCHISTES GÉNÉRAUX BUREAUCRATES.
Africain
Africain 1 an
Des journalistes ont été agressés, suscitant une vive protestation du Président du Comité de pilotage de la Maison de la Presse. Ces actes, tolérés par les autorités sécuritaires et judiciaires, illustrent une montée préoccupante de l’intolérance et de la violence politique au Mali. La présence de responsables institutionnels parmi les fauteurs de trouble soulève de graves interrogations sur l’implication de l’État. L’auteur appelle les autorités à agir pour apaiser les tensions et éviter une dérive violente, rappelant que tout silence face à ces actes sera lourd de conséquences.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Chiakani, merci pour le torchon d'article, ni le CNT ni le Premier Ministre n'ont aucune obligation de dire quoi que ce soit. Tes voleurs du denier public et champions de la democratisation de la corruption doivent se défendre. Ni tiew ma kele seba ti don, nous allons régler leurs comptes a jamais tous ces sales nègres de maison pour la France!
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