Écoles privées du Mali : Comment relever le défi de l’enseignement-apprentissage ?

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Le nombre croissant des écoles fondamentales privées pour une scolarisation massive relève d’une très grande responsabilité de l’Etat si ces établissements pouvaient respecter les critères d’installation et insister sur l’offre de la qualité au lieu de la quantité.

L’école fondamentale privée est aujourd’hui plus qu’un simple lieu qui permet à l’enfant d’obtenir le statut d’élève, elle correspond peu à peu au mode de socialisation scolaire qui laisse imposer par l’école. A cette tendance, elle devrait dépasser ses moindres frontières de socialisation de l’individu  pour s’interroger sur les politiques de l’assurance-qualité dans les établissements. Il y a quelques années, l’école allant en crescendo connut un déclic pratiquement dû à la politique assignée à l’octroi de l’agrément d’ouverture par l’article 8 de la loi n°94-032 AN RM, statut de l’enseignement privé au Mali. Dans cette possibilité qui ne sera sans doute pas prise insupportable grâce aux politiques de gratuité et d’accès. L’école privée, au souci de contribuer prioritairement à l’apprentissage scolaire des enfants, dotée de cette confiance incontrôlée de l’Etat, risquera de perdre la crédibilité de lieu d’apprentissage si l’Etat pérennise son incapacité de bien nouer ses tâches régaliennes en matière de suivi et d’évaluation.

Hormis quelques écoles fondamentales privées comme : Livia Lamour, Kalanso, les Cimes, les Princes etc., les écoles fondamentales privées deviennent pour leurs propriétaires une disposition qui leur permet d’utiliser les enseignants pour prospérer leur empire financier. A ces fins, l’hypothèse de formation scolaire ira de travers. Constituant donc comme lieu de chute majeur des enfants  de la société. Nous devions valoir subir les écoles privées de supervisions pédagogiques, de formation continue, et de contrôle physique et financier si l’Etat veut remporter le prochain pari mondial de la qualité.

Quelques questions vont articuler ma communication : l’environnement dans lequel ces écoles fondamentales se situent ; le projet pédagogique de l’établissement fondamental privé ; le fonctionnement de l’équipe pédagogique ; les manières dont sont organisées les relations avec les familles.

-l’emplacement des écoles fondamentales privées laissent tout un débat sur le processus d’enseignement de qualité. L’environnement des écoles, au regard de la loi n° 94-032 portant statut de l’enseignement privé en République du Mali, au titre des dispositions générales dans son article 5, dit ceci : « sont réputés établissements d’enseignement fondamental privé, les établissements qui, dans les conditions prévues à l’article 2, assurent à l’enfant et à l’adolescent le développement des apprentissages fondamentaux nécessaires au développement intellectuel et à l’intégration de l’expérience et à l’insertion sociale. Ils assurent en outre l’accès à l’enseignement secondaire ».

L’alternative qui demeure exposée, si nous ne voulons pas s’en remettre au pur hasard et si l’on veut échapper au risque d’une construction dissuasive qui n’associe guère la maturation biologique et l’expérience au thème d’action car il s’agit là, de la construction de l’être humain et de sa connaissance. En effet, l’environnement scolaire de ces écoles fondamentales privées discrédit l’option qui sacrifie les meilleurs modèles de management. Raillon Louis, parlant de la pédagogie de la liberté (1990), met le point que si l’on ne se préoccupe pas de tout cela, on risque de créer que des esclaves d’une société et des êtres sociaux d’échapper aux lois dès qu’ils en auront l’occasion.

-Si le projet pédagogique est l’expression des besoins et des aspirations de la communauté dans un environnement qui lui est propre. Il incombe d’autant de la fonction du directeur de l’école de piloter, de diriger de servir et de conduire. L’omniprésence dans les tâches, des stratégies, des démarches et des outils d’interventions pour l’atteinte des objectifs font estimer soit la méconnaissance des principes fondateurs de la qualité, soit l’ignorance. Une véritable ripaille, un système, devons-nous dire, qui n’impose pas au vendeur le prix de l’acheteur. S’en flottant loin de l’article 13 qui stipule que les programmes, horaires et cycles de formation des établissements d’enseignement privés doivent être conformes à ceux des établissements d’enseignement public correspondant ou être reconnus par les autorités compétentes. Ils restent à croire que les écoles fondamentales privées purgent dans le vestiaire des politiques éducatives. Si les bénéficiaires s’affrontent tôt ou tard à des problèmes personnels ou sociaux que la vie leur réserve, l’institution scolaire n’est-elle pas l’initiatrice ?

-Qu’applaudir du fonctionnement de l’équipe pédagogique, le mode de recrutement des enseignants répond en prothèse au caractère financier du prestataire. Le comportement arriviste de l’administration scolaire est la condition de l’essor du déboulonnage de la qualité de l’enseignement. Un tel management de l’école pédagogique, me semble-t-il, contribuerait difficilement à l’émergence des pontes d’une bonne équipe pédagogique, qui, elles, accréditent l’aspect de la formation continue, socle d’un enseignement de qualité. Cependant, l’article 9, al.5 dénote : « qu’il recrute conformément aux dispositions du code du travail, un personnel enseignant et administratif permanent et vacataire. ». Ce raisonnement justifie le juridisme pointilleux, qui condamne le défilement des salaires de misère.

-Malheureusement, tout porte à croire que, dans plusieurs de ces écoles fondamentales privées, leur système semble viser au contraire, non l’école, mais la vie. Le regard est dès lors mis sur le manque de synergie entre la communauté et les apprenants autrement dit les (parents et leurs enfants).

Les écoles fondamentales privées sont malades, et  cela peut passer inaperçu aux communautés si elles n’intègrent pas aux mobilisations des ressources internes et externes nécessaires à la réalisation des activités programmées, gages d’un système éducatif de qualité.

La question fondamentale reste, à mes pensées, celle de savoir comment valoriser positivement les écoles fondamentales privées et prendre en compte les mesures strictes dans un système éducatif de qualité ?

Mamadou Lamine Diakité 

(Professeur d’Enseignement Secondaire)

 

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