Paralysie de l’éducation nationale : La rupture du silence complice du peuple

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Le long fil de jours, de semaines et de mois de grève des enseignants, continue de nourrir la colère de la population. Des regroupements, des marches et sit-in se multiplient pour mettre fin à cette situation de grève que certains manifestants appellent l’assassinat de l’éducation nationale. Ils sont accompagnés de slogans comme LAISSEZ-NOUS ÉTUDIER, RENDEZ A NOS ENFANTS LEUR ÉCOLE, CA SUFFIT LA GRÈVE !                                                 Cette situation inédite semble être la fin du silence coupable du peuple sur les décennies de mauvaises gestions qui entachent l’éducation nationale.  

Depuis octobre 2018, une semaine seulement après la rentrée, les écoles publiques s’enlisent dans une situation de grève qui s’est généralisée en s’étendant progressivement vers les écoles privées. C’est un spectacle nouveau quand on sait que ce sont les établissements scolaires publics qui ont été les seuls à subir des grèves d’une telle durée sous le silence complice des établissements scolaires privés, des parents d’élèves et de la société civile.

Ce manque de soutien traduit la non considération de l’école publique qui est chaque année prise en tenaille entre grèves des élèves et des enseignants. Il représente également la division de l’école nationale où le public est devenu essentiellement le lieu d’un espoir illusoire des enfants issus de la classe pauvre et le privé le lieu de construction d’un avenir plus ou moins douteux des enfants de la classe moyenne.

Cela a masqué depuis longtemps les vrais problèmes auxquels faisait face l’école malienne de manière générale et les vraies intentions des dirigeants politiques de mettre en genou le système éducatif national. Comme il est connu de tous, la classe dirigeante méprise l’éducation nationale qu’elle a rendue inefficace. Elle dilapide chaque année des milliards destinés à l’éducation nationale. Selon les révélations faites par l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Housseyni Amion Guindo, à la veille de sa démission, 69 milliards de francs CFA sont détournés chaque année du ministère de l’Éducation nationale.

Ainsi, le pillage des fonds de l’éducation nationale sert à financer les études des enfants des responsables politiques à l’étranger dans des écoles prestigieuses. La stratégie marche à merveille, car l’objectif est de maintenir leurs privilèges en abrutissant le peuple par un enseignement de mauvaise qualité et ceux de leurs enfants qui sont pour la plupart bien préparés pour prendre la relève dans les secteurs de prise de décision.

Cependant, cette situation de grève généralisée accompagnée par les fortes mobilisations peut être la fin du silence de la population face à la destruction organisée de l’avenir de ses enfants.

Pabel

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