La SOMAPEP face aux défis de l’eau : Les grands chantiers de Hamadi Diakité

Au Mali, l’eau potable est bien plus qu’une question d’infrastructures. Elle touche à la santé des familles, à la dignité des citoyens, à l’avenir des villes et à la justice entre les territoires.

02 Nov 2026 - 09:51
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La SOMAPEP face aux défis de l’eau : Les grands chantiers de Hamadi Diakité

Dans un pays confronté à une croissance démographique soutenue, à une urbanisation rapide et aux conséquences du changement climatique, garantir l’accès à cette ressource vitale constitue un impératif national. C’est dans ce contexte exigeant que Hamadi Diakité prend les commandes de la Société malienne de patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP-SA).

La tâche qui attend le nouveau directeur général est à la mesure des attentes des populations. Il ne s’agit pas seulement de construire des ouvrages ou d’accroître les capacités de production. Il faut inscrire l’action de la société dans une ambition plus large : faire en sorte que les investissements publics se traduisent, dans la vie quotidienne, par une amélioration réelle et durable de l’accès à l’eau.

Investir aujourd’hui pour répondre aux besoins de demain

Le premier chantier est celui des capacités de production et du développement des infrastructures. À Bamako, où l’expansion urbaine exerce une pression croissante sur les équipements, comme dans les villes de l’intérieur, les besoins évoluent rapidement. Les installations doivent suivre le rythme de cette croissance, voire l’anticiper.

Cela suppose de poursuivre les investissements, de moderniser les équipements et de concevoir des ouvrages capables de répondre aux besoins futurs. Car, en matière d’eau potable, le retard accumulé aujourd’hui se paie souvent demain par des pénuries, des tensions sociales et des dépenses supplémentaires.

Mais construire ne suffit pas. Encore faut-il construire utile, durable et au bon moment.

La rigueur dans la gestion, condition de la performance

Le deuxième défi est celui de la gouvernance des projets. Les infrastructures hydrauliques mobilisent des financements considérables et engagent des ressources publiques dont l’utilisation doit produire des résultats mesurables. La qualité des études, le respect des délais, la maîtrise des coûts et le suivi des travaux sont donc déterminants.

Pour Hamadi Diakité, l’enjeu sera de consolider une culture de la performance fondée sur la planification, la responsabilité et l’évaluation. La transparence dans la conduite des projets et la vigilance sur la qualité des réalisations devront accompagner chaque investissement.

Dans un secteur aussi stratégique, un ouvrage achevé dans les délais et conforme aux exigences techniques n’est pas une simple réussite administrative. C’est un engagement tenu envers les populations.

Le changement climatique, une contrainte devenue centrale

Le Mali ne peut penser l’avenir de son approvisionnement en eau sans prendre pleinement en compte les bouleversements climatiques. La disponibilité de la ressource, la dégradation de certains milieux naturels et les risques de pollution imposent une vision à long terme.

La SOMAPEP doit contribuer à cette adaptation en intégrant davantage la protection des ressources, la sécurisation des installations et la résilience des infrastructures dans ses choix d’investissement. Anticiper les risques plutôt que subir leurs conséquences devient une nécessité.

L’eau de demain se prépare dès aujourd’hui, par des décisions techniques éclairées, mais aussi par une gestion responsable du patrimoine hydraulique national.

Ne pas laisser les territoires en marge

Un autre impératif mérite une attention particulière : l’équité territoriale. L’amélioration de l’approvisionnement en eau ne saurait être appréciée à la seule mesure des réalisations de Bamako. Les villes secondaires et les localités encore insuffisamment desservies doivent également trouver leur place dans les priorités d’investissement.

L’accès à l’eau potable ne devrait pas dépendre du lieu de résidence. Il relève d’une exigence de solidarité nationale et d’un principe fondamental de développement équilibré.

Cette ambition appelle une programmation attentive aux besoins réels, aux disparités géographiques et aux perspectives d’évolution des populations. Elle exige également une coordination étroite entre les acteurs publics concernés.

De la SOMAPEP à la SOMAGEP : une chaîne à faire fonctionner

La réussite de cette mission dépendra aussi de la qualité de la coopération entre la SOMAPEP, chargée du patrimoine et du développement des infrastructures, et la SOMAGEP, responsable de l’exploitation et de la distribution de l’eau dans son périmètre.

Ces deux sociétés interviennent à des niveaux complémentaires d'un même service. Les investissements réalisés par l’une doivent pouvoir se traduire, grâce à l’action de l’autre, par une desserte plus fiable et plus satisfaisante des usagers. Une coordination efficace est donc indispensable pour éviter les ruptures entre la réalisation des ouvrages et leur mise en service opérationnelle.

Le citoyen, lui, ne distingue pas toujours les responsabilités institutionnelles. Il attend avant tout que l’eau arrive, régulièrement et dans des conditions acceptables.

Le véritable baromètre : la vie des populations

Au terme de son mandat, le bilan de Hamadi Diakité ne se résumera ni au nombre de projets engagés ni au volume des investissements mobilisés. Il se jugera à l’aune des résultats obtenus : des infrastructures fonctionnelles, des capacités renforcées, des délais mieux maîtrisés et une contribution tangible à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable.

La mission est technique, financière et administrative. Elle est aussi profondément humaine. Derrière chaque station de traitement, chaque conduite et chaque réservoir, il y a des familles, des enfants, des écoles, des centres de santé et des activités économiques qui dépendent de la disponibilité de l’eau.

C’est là que se situe le véritable enjeu du mandat de Hamadi Diakité : faire du patrimoine hydraulique un levier de progrès collectif et de confiance dans l’action publique.

La SOMAPEP ne peut, à elle seule, résoudre toutes les difficultés du secteur. Mais elle peut jouer un rôle décisif en donnant aux investissements une direction claire, aux projets une exigence de qualité et à la gestion une culture du résultat.

Car, au Mali, la réussite d’une politique de l’eau ne se mesure pas seulement aux ouvrages que l’on inaugure, mais à l’eau dont les populations disposent effectivement. C’est à cette épreuve concrète que le nouveau directeur général sera attendu.

Seidina Oumar Dicko

Journaliste – Historien – Écrivain

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